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Exploitation du gaz de schiste : quels dangers ?

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L'exploitation du gaz de schiste en image. Seule la fracturation hydraulique permet d'extraire le précieux combustible à ce jour. © Idé

L'exploitation du gaz de schiste, qui est emprisonné dans de l'argile compacte et imperméable, permettrait de considérablement augmenter les approvisionnements énergétiques mondiaux. À l'usage, ce combustible aurait en plus moins d'impact sur le climat que le charbon. Cependant, son extraction poserait plusieurs problèmes environnementaux justifiant les contestations.

Les inconvénients de l'exploitation du gaz de schiste

Des forages profonds de 1.000 à 3.000 m, puis l'injection d'un fluide composé d'eau, de sable et de détergents sous pression (600 bars), sont requis pour fracturer la roche et libérer le gaz. Ces opérations auraient déjà causé des contaminations de nappes phréatiques outre-Atlantique, à la suite notamment de fuites d'hydrocarbures le long des tubages. Par ailleurs, entre 2 et 8 % du combustible extrait seraient relâchés dans l'atmosphère au niveau des puits (toujours aux États-Unis). Or, il se compose majoritairement de méthane (CH4), un gaz à effet de serre considérablement plus puissant que le CO2.

Les installations de surface doivent reposer sur des sols bétonnés ou goudronnés reliés au réseau routier. Un gazoduc est également requis pour évacuer la production. Au total, chaque exploitation occuperait une surface moyenne de 3,6 ha. Or, les gisements de gaz sont relativement petits. Environ 50 puits seraient nécessaires pour produire autant de combustible qu'un seul puits en mer du Nord ! L'exploitation du gaz de schiste pourrait donc provoquer une fragmentation des paysages. Enfin, un forage nécessite quelque 20 millions de litres d'eau, soit la consommation quotidienne d'environ 100.000 habitants ! Cette liste d'éléments à charge n'est pas exhaustive.  

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