Parmi les déchets que l’on trouve dans une poubelle, certains sont biodégradables, d’autres compostables et d’autres enfin, recyclables. © StockPhotoPro, Fotolia

Planète

Biodégradable, compostable, recyclable : quelles différences ?

Question/RéponseClassé sous :Environnement , déchets , biodégradable

Dans notre vie quotidienne, quels déchets vont à la poubelle, au compost ou au recyclage ? Qu'est-ce qu'un déchet biodégradable, compostable et recyclable ?

Les termes biodégradable, compostable et recyclable sont parfois employés à tort et à travers. Parfois aussi, par des experts du marketing, dans le but de nous vendre un produit plutôt qu'un autre.

Que signifie biodégradable ?

Le terme biodégradable s'applique à un produit — de la matière organique — susceptible de se décomposer, dans un environnement favorable (conditions de température, d'humidité, de lumière, d'oxygène, etc.) et sous l'action de micro-organismes (bactéries, champignons, algues). Un produit biodégradable se décompose sans effet néfaste sur l'environnement. Ce faisant, il émet notamment de l'eau, du dioxyde de carbone (C02) et/ou du méthane (CH4). Ainsi une banane simplement laissée à l'air libre se dégrade rapidement. Dans une atmosphère inerte en revanche, elle se conserve très bien.

Autre critère important, le temps. Car pour qu'un produit mérite le qualificatif de biodégradable, on considère qu'il faut que sa dégradation se produise dans une durée courte, au regard du temps humain. Une feuille morte est ainsi biodégradable car elle se décompose en quelques semaines. Une bouteille en plastique est considérée comme non biodégradable car il lui faut plus de 400 ans pour se décomposer.

Dans le bâtiment, on utilise des matériaux biosourcés (bois, chanvre, paille, etc.), mais ceux-ci peuvent avoir été transformés et contenir des additifs qui en font des produits non biodégradables. © DaniMyrick, Pixabay, CC0 Public Domain

Par ailleurs, notez qu'un produit biosourcé — les plastiques notamment — n'est pas nécessairement biodégradable. Même s'il est composé de substances généralement végétales, il peut en effet contenir des composants non biodégradables. Lorsque l'on parle biodégradation, on s'intéresse à la fin de vie d'un produit. Et lorsque l'on parle biosourçage, on s'intéresse à l'origine des matériaux.

Enfin, il faut savoir que les écosystèmes ont une capacité limitée à absorber des produits biodégradables. Ainsi même les matières biodégradables peuvent leur causer des dommages si elles sont en trop grandes quantités (eutrophisation des océans).

Compostable et recyclable pour un nouvel usage

Un produit compostable est également biodégradable. Mais c'est généralement un produit auquel on aide la décomposition dans une unité industrielle. Celle-ci se fait généralement à des températures comprises entre 70 et 80 °C, avec un taux d'humidité tournant autour de 70 % et un taux d'oxygène de quelque 20 %. Après plusieurs semaines de (bio)dégradation, on obtient un produit, le compost, permettant l'amélioration de la fertilité des sols.

Notez que dans les composteurs maison, la dégradation est généralement plus lente, car les conditions, de température et d'humidité notamment, varient avec les conditions météorologiques.

Enfin, un produit est qualifié de recyclable lorsqu'il peut, en fin de vie, être réintroduit dans le cycle de production en lieu et place d'une partie ou de la totalité de la matière première neuve en principe utile à la confection d'un produit. Ainsi le verre, typiquement, n'est-il pas considéré comme biodégradable. Il n'est pas compostable. En revanche, le verre est recyclable. Quant à savoir s'il est bien recyclé en toutes circonstances...

Un plastique biodégradable créé à partir de déchets agricoles  Chaque année, des tonnes de plastiques sont dispersées dans l’environnement et particulièrement dans l’océan. Une solution proposée par certains laboratoires serait de remplacer ce dérivé du pétrole par un plastique biodégradable et non toxique. Euronews nous en parle en vidéo.