Expert Planète

Lionel Cavin

1968 -

Conservateur Muséum histoire naturelle Genève

Classé sous :paléontologie , conservateur , histoire naturelle
Trouver le fossile d’une espèce nouvelle en fouillant la Terre est source d’un grand plaisir. Il augmente lorsque on peut discuter des fruits de sa découverte avec ses collègues, par le biais des publications ou lors de rencontres scientifiques. Mais la satisfaction est totale seulement lorsqu’on a l’occasion de partager les résultats de sa recherche avec un public intéressé, à travers une exposition ou un livre. La démarche de Futura-Sciences est un très bon exemple de l’utilisation des médias électroniques pour diffuser largement les résultats de la science et pour lancer des ponts entre des mondes trop souvent isolés.
Lionel Cavin, Conservateur Muséum histoire naturelle Genève

Biographie

Né en 1968, il a effectué des études de biologie à Neuchâtel, en Suisse, puis une thèse en paléontologie à l'Université Paris VI (1997) sur des poissons fossiles du Crétacé du Maroc et sur l'évolution des faunes de poissons du Jurassique supérieur au PaléocèneIl effectua ensuite un post-doc au musée des dinosaures à Espéraza, en France, puis enseigna à l'Université de Mahasarakham en Thaïlande, et poursuivit par un second post-doc au Natural History Museum à Londres. Il collabora à différents projets, comme par exemple les recherches paléontologiques menées sur le tracé d'une autoroute dans le Jura suisse. Depuis 2006, il travaille au Muséum de Genève où il gère les collections de géologie et de paléontologie, participe à la création d'expositions temporaires et permanentes et poursuit sa recherche.

Sa spécialité est l'étude des poissons, essentiellement les poissons osseux, depuis le Jurassique jusqu'au Paléogène. Ce projet comprend toutes les étapes de la recherche en paléontologie, depuis la fouille sur le terrain ou dans des collections, la description de l'ostéologie, l'analyse des relations phylogénétiques et finalement des travaux plus synthétiques portant sur les implications paléogéographiques ou paléoécologiques que l'on peut tirer des faunes fossilesIl s'est notamment intéressé aux conséquences des événements de la limite Crétacé/Paléogène sur les poissons et à la radiation évolutive des actinoptérygiens au milieu du Crétacé. Il travaille depuis plusieurs années sur des gisements du Mésozoïque de Thaïlande.

Il a publié une quarantaine d'articles dans des revues scientifiques et divers articles de vulgarisations. 

Métier

La profession de conservateur se situe à la jonction de trois métiers, au moins.

Il s'agit en premier lieu de conserver et de mettre en valeur un patrimoine préservé sous forme d'échantillons de roches et des fossiles. Les collections doivent traverser les siècles dans les meilleures conditions car, sans cesse, les chercheurs en systématique doivent retourner les consulter afin d'étudier des spécimens décrits par leurs prédécesseurs. Cela est particulièrement vrai pour les spécimens types, c'est-à-dire les spécimens à partir desquels de nouvelles espèces sont définies. Mettre en valeur les collections signifient notamment les rendre plus accessibles, grâce aux possibilités de diffusion de l'information par Internet par exemple.

La recherche est une activité importante au sein du grand muséum car c'est elle qui donne à l'institution une coloration originale et unique. C'est elle aussi qui permet aux musées de déborder de leurs murs grâce aux réseaux de collaborations que tissent les chercheurs et par leurs publications scientifiques.

Enfin, le troisième métier du conservateur est de diffuser la connaissance du domaine qui lui est propre. Cette tâche consiste à concevoir des expositions permanentes et temporaires, et à faire connaître son domaine de recherche par des publications de vulgarisation et, depuis quelques années, par les moyens électroniques. Un musée réussi est probablement un musée où ces trois métiers s'alimentent mutuellement.