Expert Planète

Patrick De Wever

1949 -

Professeur MNHN - Terre

Classé sous :géologie
La science publique est faite pour le public, il est normal qu’elle lui revienne. La science doit sortir des labos. On a beaucoup attendu que la science apporte des réponses définitives. Pourtant la science n’est pas là pour rassurer. Elle a ses doutes et ses incertitudes, si elle n’en a plus elle n’est plus la science. Afin que le public sache différencier le fait d’avoir des doutes de celui de ne rien savoir il importe que les scientifiques acceptent de prendre le temps d’en parler et que les moyens de le faire existent. Futura-Sciences joue ce rôle. On ne peut que le remercier, et l’encourager (par des mots, certes, … mais aussi par l’action).
Patrick De Wever, Professeur MNHN - Terre

Biographie

1 - CURSUS & grades universitaires

  • Etudes Université de Lille
  • Doctorat trois. Cyc., Lille, 1975 ;
  • Assistant délégué, Univ. Lille, 1975-76
  • Post doc à la Scripps Institution of Oeceanography, UCSD,  Californie 1976-1977
  • Chercheur CNRS, Lille, 1977-82
  • Docteur d'Etat, Lille 1982
  • Chercheur CNRS, Paris, 1982-95
  • Professeur Muséum, 1995 (directeur du laboratoire de Géologie 1996-2001)

2 - DISTINCTIONS

  • 1983 - American Assoc. of Petroleum Geologists  1er prix (Dallas)  pour "Preservation of radiolarians in geological sequences"
  • 1984 - CNRS  médaille de bronze  (s.20)
  • 1986 - Médaille Lénine, de l'Institut de Recherche de Vladivostok.
  • 1993 - Prix Fontannes de la Société géologique de France
  • 1997 - Élu membre correspondant de l'Académie Européenne des Sciences des Arts et des Lettres
  • 1998 - Prix Bertrand-Deflandre-Cuvillier de l'Académie des Sciences
  • 2002 - Médaille d'or de la municipalité d'Esnes
  • 2013 - Société de géographie, Prix Eysséric pour le livre « Temps de la Terre, temps de l'Homme » chez Albin Michel
  • 2013 - Académie des Sciences, Prix Lutaud 
  • 2016 - Académie française, Grand prix de littérature pour le livre "Biodiversité de crise en crise" chez Albin Michel.

Dès son entrée au CNRS il créé un groupe rassemblant les radiolaristes européens (Eurorad, 1978) et publiant une journal de liaison. Ce groupe s'est ensuite étendu à l'ensemble de la communauté mondiale des spécialistes de radiolaires (InterRad, 1985). Il a  animé ce groupe seul jusque 1991. Aujourd'hui InterRad se réunit tous les trois ans et comporte un bureau de plusieurs membres, son bulletin est intitulé Radiolaria. 

Il a participé à différentes associations professionnelles, dont la Société géologique de France (SGF) dont il a été secrétaire puis vice présidend de 1983 à 1988. Il en a été de nouveau le vice président en 2000-2002, puis président 2002-2004 et président honoraire de 2004-2006.

IL est Membre de la Conférence Permanente du Patrimoine géologique et de la Commission Nationale du Patrimoine Souterrain (Ministère en charge de l'environnement depuis 1998.)

Il est en outre Membre du Comité national de l'UNESCO pour les programmes géologiques, Responsable de l'Inventaire national du Patrimoine géologique (MEDD et MNHN), Responsable de l'Action Structurelle du Muséum. Il a été membre du jury de l'Agrégation et du CAPES des Sciences de la Vie te de la Terre. Il est Président de la Commission internationale Geoheritage de l'IUGS/UNESCO (2011-), Membre du comité français du l'UICN (2012-) pour le Patrimoine Mondial, Membre de la Commission Mondiale des Aires protégées (WCPA), Membre de l'Académie Européenne des sciences, des Arts et des Lettres ...

Conférence à l'Académie des Sciences

Il a exercé des fonctions auprès de plusieurs revues spécialisées : Géobios, Géochronique, Palevol (Académie des sciences), Revue de Micropaléontologie.

Il a dirigé 4 collections de livres :   « Enseigner les sciences de la Terre », coedit SGF-Vuibert ; « inTERREactions », coedit SGF-Vuibert ; et dirige encore 4 collections « Patrimoine géologique, les stratotypes », coedit MNHN-Biotope ; « Balades géologiques en ville » MNHN & SGF, « Géosphères » coedit. EDP/SGF et « Terre à portée de main », Co-editEDP/MNHN...

Il est l'auteur de près de 200 publications scientifique, dont plus de la moitié dans des revues internationales (renvoi annexe 1), d'une vingtaine de chapitres dans des livres, et auteur d'une dizaine de livres. 

3 - Livres

Cliquez pour acheter le livre De Wever P. (2016).- Merveilleux microfossiles 2016, Biotope/M NHN, 256 pages
Cliquez pour acheter le livre La Biodiversité de crise en crise, Patrick De Wever et Bruno David, (2015). Albin-Michel, 304 pages. Grand prix littéraire de l’Académie française, 2016
Cliquez pour acheter le livre Le beau livre de la Terre, Patrick De Wever, (2014). Dunod., 420 pages.
Cliquez pour acheter le livre Patrick De Wever, (2012). Temps de la Terre, temps de l'Homme Albin-Michel, 240 pages. Prix Esseyric de la Société de géographie , 2013
Cliquez pour acheter le livre DE WEVER P., DAVID B., NERAUDEAU D. (2010) Paléobiosphère, regards croisés des sciences de la vie et de la Terre, Vuibert, 796 p.

Edition d'ouvrages 

- AUBOURG C., DANIEL J-Y., DE WEVER P. (2000) Problèmes résolus des sciences de la terre et de l'Univers, Vuibert, 360p.
- AVOUAC J.-Ph. & DE WEVER P. (2002) - Himalaya - Tibet. Le choc des continents. Co-éd. CNRS-MNHN, 192p.
- DE WEVER P., DUMITRICA P., CAULET J.P., NIGRINI C. et CARIDROIT M. (2001) - Radiolarians in the sedimentary record. Gordon & Breach Science Publ., 533 p.  
- DE WEVER P. (2002) - Le temps mesuré par les sciences, l'homme à l'échelle géologique. Vuibert-MNHN  Ed., 130 p.
- DE WEVER et al. (2003) - Le volcanisme, cause de mort & source de vie. Vuibert/MNHN Ed., 344 p.
- DE WEVER P., GUIRAUD M. & CORNEE (2004). Des collections en sciences de la Terre, pour quoi faire ? OCIM,-MNHN, 165p.
- DE WEVER P., LABROUSSE L., RAYLMOND D., SCHAAF A. (2006).- La mesure du temps dans l'histoire de la Terre. SGF/Vuibert, 132 pages
- DE WEVER P., LENECEHT Y.& CORNEE A. (2006).- Vade Mecum pour l'inventaire du patrimoine géologique. SGF, mémé HS n°12, 161 pages

Intervention dans les médias (journalistes, journaux, radio, télévision, films): 

- Réponse aux sollicitations des différents médias pour des compléments d'informations de journalistes bien entendu (Le Monde, Libération, La Recherche, Pour la Science, Euréka, Sc.&Vie Junior, Cosinus, Okapi, ...) mais aussi pour des émissions complètes:
- Passe Montagne (février 2003) diffusion Pays Alpin, Sud-ouest , M-Central
- Radio Méditerranée Internationale "Magasine de la Terre »  9 sept. 2004, 47 mn sur la « Biodiversité au cours du temps » (www.Medi1.com),
- France-Culture, 20 janvier 2005, 09h00-10h00 émission « Continent Science » de Stépahne Deligeorges sur « relation biodiversité-volcanisme »
- France Inter, 26 juillet 2005, 11h00-12h00 émission « Tout s'explique » de Denis Cheissoux
- France Inter, 30 avril 2007, émission « Osmose » Inventaire du Patrimoine géologqiue
- France Inter, 16 août 2007 11h00-12h00 émission « Tout s'explique » fabienne Chauvière
 
Participation à des émissions de télévision (Ushaïa, 2004) ou tournage de films pour la télévision :
- « Les dessous de la Terre », dans la série « Bonjour l'ancêtre » de Francis Duranthon, consacré aux collections de Géologie, 52 mn, diffusé sur FR3 et la Cinq, en 2002 et 2003
-  « Le bal des espèces » de Caroline Philibert, la Cinq, le 22 février 2001 Film 52 mn, consacré à l'évolution
- « Préhistoire en Afrique du Nord » documentaire pour la TV algérienne, de Saad ATEK (intervention pour resituer le temps de la géologie d'Afrique du Nord. (Films tournés, en montage)
- « Tikjda, la caravane du savoir » film de Mounia MEDDOUR, 2005 (Films tournés, en montage, 2006 ?)
- « la carte géologique » film de Mikael Beckary, pour les musées (Film et CD PHOTO)
- Histoire géologique de la France » Direct 8,  25 mai

Débats publics, tels des Bar des Sciences (Salon du livre, Le Père tranquille ...) ou à la Maison de la Science à Sainte Savine, à Lille, Bordeaux, Paris ...

Expositions :

- « Les âges de la Terre » (01.07.1999 - 28.02.2000)
- « Diamants » (10.03.2001 - 29.07.2001)
- « Himalaya-Tibet » (18.12.2002 - 03.11.2003) (Psdt Cons Scientif.)
- « Volcans tueurs », St Pierre (03.05.2002-28.09.2002), puis Paris (16.11.2002 -12.05.2003)
- « D'Orbigny », voyageur naturaliste » (18.04.2002 - 30.06.2002)
- « le stratotype des naturalistes » Ormoy-la-Rivière, 2007
 
Il est aujourd'hui responsable de l'inventaire national du patrimoine géologique et donne des conférences, en France surtout, concernant le Temps, la biodiversité du passé, les crises de la biodiversités, géologie et vin , patrimoine géologique, la micropaléontologie etc. 

Métier

La géologie est souvent présentée comme une discipline austère, et pourtant, elle est riche, c'est un beaucoup de fleurs aux formes, aux couleurs, aux parfums si différents ! Elle est une fête dans un voyage temporel !.

Une journée type n'est pas la même à 30 ans et à 55 ans. Toutes les deux sont intéressantes, mais tellement différentes.
- A 30 ANS : l'âge où l'on doit s'affirmer. La recherche occupe 95% du temps de travail*.
 - A 30 ans le géologue-micropaléontologue que je suis allait plusieurs mois par an sur le terrain. C'est-à-dire que je « courrai la garenne » avec le sac à dos, le marteau , la loupe la carte etc ; que ce soit seul ou en groupe dans les montagnes (Alpes, Italie, Grèce, Hongrie, Sicile, Oural, Japon, Californie, Rocheuses canadiennes etc.)

Dans les montagnes rocheuses au Canada. © Patrick De Wever DRLe navire de forage océanographique Glomar Challenger dans les atolls de Micronésise. © Patrick De Wever DR

Ou alors je me retrouvais à bord d'un bateau de forage océanique avec une équipe internationale, un spécialiste de chaque discipline nécessaire à la réalisation de l'objectif scientifique. Chacun essaie de monter que sa discipline est opérationnelle et performante ... j'ai toujours considéré cela comme les jeux olympiques de le science. C'est exaltant, c'est stressant, c'est fatiguant, c'est enrichissant, c'est ... une période de vie intense

© Patrick De Wever DR

En dehors des périodes d'acquisition de matériel le géologue passe son temps au laboratoire pour (1) préparer le matériel (manipulations chimiques par exemple), (2) observer le matériel : le trier, l'analyser aux microscopes optique ou électronique, (3) comprendre sa signification : stade de réflexion, de comparaison et (4) enfin stade de la rédaction, de la présentations des données. Ces périodes sont celles d'un travail généralement seul, souvent de bénédictin. On doit être minutieux, acharné mais calme. Ce sont souvent des périodes de longues solitudes entrecoupées de bref instant d'exaltation : il m'est arrivé de travailler chez moi en WE sur la terrasse du jardin et de soudain me mettre à en faire 3 fois le tour en criant comme un fou , je venais de trouver une explication à une observation qui nous interpellait depuis toujours : l'alternance de couches dures-moins dures dans « mes » radiolarites, étaient dues à des positions relatives de la Terre autour du Soleil.

© Patrick De Wever DR

- A 55 ANS : l'âge où l'on doit aider, transmettre. La recherche que l'on fait soi-même représente de moins en moins de temps de travail*. C'est l'âge où les responsabilités collectives sont nombreuses. On fait donc presque la même chose qu'avant (sauf les tâches les plus ennuyeuses la plupart du temps, si on veut être honnête).

Radiolaires : des organismes planctonoques, véritables bijoux microscopiques qui servent de chronomètre au géologue. © Patrick De Wever DR

On passe du temps en réunions, certaines sont ennuyeuses (ceci compense le point mentionné au paragraphe précédent) d'autres sont intéressantes. On participe alors à l'organisation de la science. Et pour le peu que l'on aie accepte de sortir de son étroit domaine de recherche on peut influer sur des parties de l'enseignement ou infléchir une sensibilité des collègues, jeunes ou moins jeunes ;  sur tel ou tel sujet. C'est ainsi par exemple que je me suis lancé dans l'organisation et la tenue de conférences, pour des élèves, des étudiants, du grand public : on va expliquer la science, ses acquis, ses doutes. On les invite à réfléchir sur ce qui est dit de la science au quotidien ... J'ai lancé deux collections de livres destinées aux géologues (l'une pour les étudiants, l'autre pour les enseignants). De la même façon je me suis investi dans la connaissance du patrimoine géologique : les pierres, fossiles ou minéraux ne se reproduisent pas. Il n'est pas question de tout sauvegarder, mais de connaître pour effectuer des choix pertinents. Ici encore deux collections de livres ont été lancées, pour el grand public cette fois.

En résumé : quelle chance de faire un métier qui plaise. Mais cette chance se travaille :il y a des moments moins faciles qu'il faut savoir surmonter, il est des choix qui doivent être assumés. Mais cela ne concerne plus seulement un métier, plutôt chaque Homme tout simplement... 

* Je parle de temps de travail et non d'heures de travail car le chercheur n'est pas aux 39 ou 35 heures. Il ne faut pas confondre heures dues pour un salaire et heures nécessaires pour obtenir un résultat, pour assouvir une soif...