Surmortalité des abeilles : une énigme encore non résolue

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Depuis trois à quatre ans, les abeilles meurent de façon massive. L’alarme est lancée depuis que les pouvoirs publics des grands pays industrialisés ont pris conscience du rôle crucial des pollinisateurs dans l’économie. Les scientifiques, à défaut de trouver une raison unique à ce phénomène, tentent de définir les scénarios susceptibles d’expliquer ces mortalités excessives.

  
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Pour quelles raisons les abeilles domestiques meurent-elles de façon anormale un peu partout dans le monde depuis quatre à cinq ans ? 

Gros plan sur une abeille. © Skeeze - Domaine public

Dans quelle mesure ce phénomène touche-t-il l'ensemble des pollinisateurs (rappelons qu'aux côtés de l'abeille domestique Apis mellifera, on compte en Europe quelque 2.500 espèces d'abeilles sauvages) ? Y-a-t-il une cause majeure de la fragilisation des abeilles ou faut-il rechercher une combinaison plus complexe de différents agresseurs ?

Apoidea sur Coriandrum sativum. © Amada44 GNU Free Documentation License, Version 1.2

Ces questions qui mobilisent aujourd'hui de nombreux scientifiques en Europe et aux États-Unis ne trouvent pas encore de réponse satisfaisante. Or, il y a urgence à comprendre pourquoi les abeilles sont malades. En effet, la survie de la grande majorité des plantes à fleurs et la production de plus de 80 % des plantes cultivées dans le monde dépendent étroitement du service de pollinisation rendu par les butineurs. Un déclin prononcé des pollinisateurs pourrait porter de graves atteintes à la production alimentaire mondiale ainsi qu'à la biodiversité.

Ce dossier permet de mieux saisir les principaux aspects d'un débat très sensible. Après un rappel des faits et des principales pistes de recherche, nous étudierons la responsabilité éventuelle des pesticides dans la vulnérabilité des abeilles. Puis nous nous pencherons sur les agents pathogènes, à commencer par un redoutable parasite, l'acarien Varroa destructor. Enfin sera exposée la thèse d'une éventuelle combinaison de facteurs dépressifs pour les abeilles.