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Huître perlière à Tahiti : la recherche de l'Ifremer

Dossier - Les perles de Tahiti, si fascinantes
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Les perles de Tahiti sont reconnues pour leur qualité dans le monde entier. Mais comment les huîtres de Polynésie peuvent-elles renfermer d'aussi beaux bijoux ? Découvrez les mystères de la perliculture dans ce dossier.

  
DossiersLes perles de Tahiti, si fascinantes
 

Le Centre océanologique du Pacifique (COP), de l'Ifremer, est basé depuis plus de 30 ans dans la commune de Vairao, à 70 km au sud-est de Papeete, la capitale de Tahiti. Après avoir conduit des recherches sur l'aquaculture en milieu tropical, en particulier sur la crevette, les scientifiques se consacrent aujourd'hui principalement à l'huître perlière.

Les perles de culture sont issues des huîtres perlières. © Rozakov Dmitry, Shutterstock

Une réflexion, menée en 2003, en collaboration avec le Service de la perliculture de Polynésie française, a défini les grandes orientations d'un projet « huître perlière » en fonction des compétences et moyens disponibles au Centre océanologique du Pacifique et des besoins de la profession et des services du territoire.

Les scientifiques de l'Ifremer se consacrent principalement à l'étude de l'huître perlière. © Ifremer

Protéger l'huître perlière

L'huître dans son milieu : protection de l'huître perlière grâce à la mise en place d'un réseau de surveillance pathologique des huîtres pour prévenir l'introduction d'agents infectieux exotiques et limiter leur dissémination.

L'Ifremer étudie l'huître dans son milieu mais aussi en milieu contrôlé. © Ifremer

L'huître en milieu contrôlé : domestication de l'huître perlière. L'objectif est de contrôler la reproduction en laboratoire (conditionnement des reproducteurs, ponte, élevage larvaire et élevage des juvéniles) pour pouvoir effectuer des croisements, et donc sélectionner des animaux ayant des caractères intéressants du point de vue économique. La sélection s'orientera sur la triploïdisation et le choix de critères comme la couleur des perles et la taille de la poche perlière. Ce travail suppose la maintenance d'un stock d'huîtres perlières en élevage sur lequel seront expérimentés de nouveau moyens de lutte contre les salissures (ébouillantage, substances anti-salissures).

La domestication de l'huître perlière. © Ifremer

L'huître et la perle : ces travaux concernent l'optimisation de la greffe et l'amélioration de la qualité des perles. L'optimisation des opérations de greffe nécessite d'analyser les nombreux paramètres déterminant la réussite de la greffe (impact du greffon, de l'huître receveuse, qualité du nucléus, conditions prophylactiques à la greffe...).

L'étude de la qualité des perles passe nécessairement par une meilleure connaissance des processus cellulaires impliqués dans la minéralisation de la perle. Le greffon, et plus particulièrement sa bordure épithéliale externe, est à l'origine du développement du sac perlier. Ce dernier est le point de départ de la perle puisque c'est lui qui est impliqué dans le dépôt des couches d'aragonite autour du nucléus. Des marqueurs de minéralisation impliqués dans les processus de formation de l'aragonite ont été mis au point. Ces nouveaux marqueurs vont constituer des outils de choix pour étudier le fonctionnement du greffon et son devenir dans le développement d'une perle de qualité.

Étude de la qualité de la perle. © Ifremer

L'étude du déterminisme des imperfections ou défauts observés à la surface des perles (piqûres, comètes, cerclages...) devrait également permettre de progresser dans la compréhension de leur origine pour tenter d'en diminuer leur fréquence d'apparition.