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L'île de Skye, un incontournable

Dossier - Voyage en Écosse du nord, dans les Highlands
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Partez pour un voyage en Écosse du nord, à la découverte de la géologie, de l'archéologie et, bien sûr, des paysages magnifiques des îles écossaises. Vous saurez désormais quoi visiter dans les Highlands.

  
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L'île de Skye est située au nord de l'Écosse, dans les Hébrides intérieures écossaises. Sa ville principale est Portree. C'est un incontournable. Côté géologie, on y trouve des affleurements du Jurassique avec des fossiles (à Valtos Sandstone) et, tout autour, de splendides falaises de lave.

L'île de Skye est un incontournable. Ici, les Cuillin. © Colin, Wikimedia Commons, CC by-sa 4.0

De 61 à 55 Mans, se formèrent les Cuillin (un massif de montagnes en Écosse) et la moitié nord de l'île de Skye fut recouverte de coulées de lave sur 1.200 m d'épaisseur par endroits, certaines refroidissant lentement pour former de superbes colonnes.

Les falaises de Staffin. © Claire König, DR

C'est à cette même époque que le Groenland et l'Écosse se sont séparés. Il y a 130 Ma environ, un point chaud s'est formé qui se trouvait à l'est du Groenland. L'océan Atlantique n'était, à ce moment-là, qu'un bras de mer, mais il commençait à s'ouvrir par une progression de la fracture depuis le sud et la ride se trouvait alors à l'est de l'actuelle Islande : il s'agit de la ride d'Aegir.

Cette ride a fonctionné pendant 40 Ma en poussant les continents chacun de leur côté si bien que le point chaud, supposé fixe, eut un déplacement apparent vers l'est du Groenland, donc sous une croûte continentale, épaisse. Puis il s'est retrouvé en dessous de la croûte océanique, mince, jeune, et donc fragile. Cette situation a engendré un rift très actif en bordure est du Groenland et rendu inactive la ride d'Aegir, que l'on appellera une « capture de rift ».

Vue sur la Staffin Bay, depuis le Quiraing, sur l'île de Skye, en Écosse. © Stephan Krause, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Quiraing et Staffin Bay

Le Quiraing est une formation géologique d'origine volcanique qui s'est produite lors d'un glissement de terrain sur la péninsule de Trotternish, sur l'île de Skye. Il est toujours en mouvement ; la route qui circule tout autour est surveillée chaque année par des balises.

Cinq glissements successifs sont identifiés sur plus de 2 km de large et certains sont encore actifs avec des glissements de terrain postglaciaires. C'est le plus grand lieu de glissements de terrain en cours en Grande-Bretagne. Il s'agit de dépôts sédimentaires du Jurassique avec des intrusions de laves doléritiques de la fin du Tertiaire (Paléogène). Ici, se trouve la plus grande série du Jurassique d'Écosse, avec les meilleurs affleurements et beaucoup de fossiles (à Staffin Bay).

Glissement du Quiraing. © Google Maps, DP

Tout le massif glisse de l'ouest vers l'est avec des paysages surprenants le long de la faille nord-sud. Ceci est dû aux 24 coulées de lave (300 m d'épaisseur) plus denses pesant sur les dépôts sédimentaires. Le long de la faille, sous la pression, d'immenses parties de cet édifice glissent dans la mer le long d'une courbe de glissement.

Coral Beach, près de Claigan, au nord de Dunvegan

À Coral Beach, près de Claigan, au nord de Dunvegan, on trouve du maërl. De quoi s'agit-il ? Le maërl est un substrat et un milieu (ou habitat) biogénique qui se forme notamment le long des côtes de Bretagne. Il est constitué de débris d'algues marines riches en calcaire (Lithothamnium corallioides et Phymatolithon calcareum), souvent mélangés avec du sable et des débris coquilliers.

Les algues qui l'ont produit ont la propriété de cristalliser certains éléments minéraux de l'eau de mer, ce qui explique que le maërl soit très riche en calcium et en magnésium, en fer et oligoéléments bioassimilables, ce pourquoi il a été exploité, jusqu'à faire disparaître localement la ressource.

Le maërl de Coral Beach, près de Claigan, au nord de Dunvegan. © Claire König, DR

Le maërl est traditionnellement utilisé dans l'agriculture car il constitue un très bon amendement grâce à sa richesse en magnésium (l'un des micronutriments les plus demandés par les plantes à croissance rapide) ainsi qu'en fer et en oligoéléments. De plus, le maërl corrige les pH trop bas et permet ainsi à la plante de mieux absorber les nutriments du sol.

Le maërl est aussi utilisé en traitement de l'eau potable, pour la reminéralisation, la correction du pH et la diminution de l'agressivité de l'eau. Cette utilisation représentait, en 2006, 50 % du volume total extrait (soit 24.000 m3 brut). On utilise également le maërl en aquariophilie, ainsi que pour aménager des allées en remplacement des gravillons.

Devant la hausse de la demande en maërl et la réduction de la ressource, les extractions ont été totalement interdites à partir d'avril 2010 en Bretagne (décision préfectorale), et partout en France à partir de 2013 (préconisations du Grenelle de l'environnement). Elles ont été arrêtées bien avant dans les pays européens où il existe du maërl (notamment au Royaume-Uni).

Du maërl à Coral Beach. © Claire König, DR

Les bancs de maërl (vivant ou mort) constituent une biocénose comparable au corail des zones tropicales ; leur destruction par extraction menaçait la biodiversité dans les zones côtières, d'autant qu'il existe des substituts. Ces milieux sont peu productifs mais constituent une partie des sédiments biogéniques (et jouent un rôle en termes de puits de carbone et de tampon pH).