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Tour d'horizon des trois types de volcan

Dossier - Les volcans d'Auvergne - La chaîne des Puys
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Parmi les paysages fascinants qui composent notre planète, la chaîne des Puys présente un spectacle naturel unique, conçu hier, presque aujourd'hui... Oui, les nuées se sont dissipées, les souffles brûlants se sont tus, les fontaines ardentes se sont éteintes, mais, ces volcans sont-ils endormis pour toujours...?

  
DossiersLes volcans d'Auvergne - La chaîne des Puys
 

Dans la classification, ce bel alignement se compose de trois types de volcans : les cratères de maars, les cônes stromboliens et les dômes. C'est suffisant pour créer un harmonieux paysage : un alignement de cônes, un dôme , un maar etc. D'ailleurs, les extrémités nord et sud, avec le gour de Tazenat et le lac Pavin, se parent des plus beau maars d'Auvergne. Chaque édifice est unique, et le restera car il est très peu probable qu'une reprise d'activité se fasse au même endroit. En principe, seul l'érosion perpétuelle viendra au bout de ces fragiles empilements, mais l'homme, par ses activités, pourrait accélérer, ça et là, le phénomène...

Lac Pavin, joyau des lacs d'Auvergne, est la dernière manifestation volcanique auvergnate (© LVA)
  • Tour d'horizon

- Les maars phréatomagmatiques : gigantesques cratères, il naissent de la rencontre tumultueuse de l'eau contenue dans le socle et du magma montant. Il faut une proportion adéquate de ces deux éléments pour créer les explosions qui vont découper le soubassement en entonnoir et projeter des fragments de roches, des lambeaux de laves, des scories, des panaches de poussières ou déferlantes de matériaux à la périphérie. Dès qu'un des composants baisse en puissance, l'autre prend le dessus : on assiste alors soit au remplissage du cratère béant par de l'eau, soit à la formation d'un cône strombolien parfois au beau milieu de l'entonnoir. Le premier cas a donné naissance au gour de Tazenat et au lac Pavin. Le deuxième cas conduit à la formation d'un cône qui peut remplir le maar jusqu'à le faire disparaître. Il faut remarquer que beaucoup d'édifices de la chaîne sont nés ainsi dans cette "soupière" explosive.

Le gour de Tazenat est le cratère type du maar phréatomagmatique. Les dimensions donnent une idée de la violence de l'éruption : diamètre 800 m, profondeur du lac 80 m (© LVA)

- Les cônes stromboliens : dans la Chaîne, tous relèvent du même dynamisme mais il n'y en pas un pareil : le cône classique, avec son cratère central représenté par le puy de Pariou, le cône ouvert ou "'égueulé" comme les puys de la Vache et de Lassolas, les cônes emboîtés comme le puy de Côme où deux cratères se superposent, les cônes sans cratère apparent, témoins d'une activité éruptive tranquille. Le dégazage continu d'un magama fluide et chaud crée ces magnifiques gerbes de scories incandescentes qui constituent le cône. Ce dernier ne représente qu'une infirme partie des produits émis. Le magma, une fois dégazé, s'épanche en coulées de lave qui recouvrent les environs sur des épaisseurs de plusieurs mètres et s'étalent parfois à plus d'une dizaines de kilomètres du point de sortie. Il faut parcourir les Cheires, nom donné en Auvergne à la surface chaotique des coulées, pour se rendre compte de ce flot de basalte, hawaïte ou autre trachy-andésite qui s'écoulait à l'époque dans un léger bruit cristallin, en incendiant la végétation environnante et parfois en barrant les cours d'eau des vallées réceptrices. Le lac d'Aydat est le résultat de ce dernier phénomène.

Cônes stromboliens et dôme parfaits, le puy de Pariou au premier plan et le puy des Goules au second contrastent avec le Grand Sarcouy au fond. Trois cas d'école sur les différents dynamismes volcaniques (© LVA)

- Les dômes : classés dans le dynamisme péléen, ils n'ont rien de comparable avec les éruptions cataclysmiques associées à ce type éruptif. Malgré tout ils se sont distingués par des phases violentes où il ne faisait pas bon se trouver dans le voisinage. Ici pas de cône, pas de coulée, mais la lente croissance d'un édifice composé d'aiguilles d'une lave visqueuse et froide accompagnée de nuées ardentes dévastatrices au pied de l'excroissance. Au terme de l'éruption il reste une construction au sommet arrondi en forme de dôme que le temps adoucira. C'est ainsi que se sont édifiés le Grand Sarcouy et le Clierzou en forme de chaudron inversé. Parfois la progression connait de telles vicissitudes que le scénario s'en trouve bouleversé : le puy de Dôme aurait pu être le plus haut dôme monogénique de la planète si une violente explosion n'avait pas détruit son flanc est. Mais la nature est réparatrice et un deuxième dôme a comblé la plaie béante. C'est ainsi qu'aujourd'hui il a ce profil si familier souligné par l'antenne de télévision.

Une mention particulière pour une formation tout aussi agitée : l'aiguille trachytique du puy Chopine. Ici, pas de dôme, mais l'extrusion à travers le conduit éruptif sous la poussée des gaz d'une colonne de trachyte sur une bonne centaine de mètres de haut. La terminologie volcanique parle ici d'aiguille de protrusion.

Le Clierzou, affiche la forme du dôme régulier. Il est le résultat d'un fonctionnement éruptif probablement régulier. L'aplatissement sous le poids des matériaux est du à la plasticité de la lave avant son refroidissement complet (© LVA)
Résumé schématique des trois types de dynamismes (© LVA)

La couleur blanche de "la dômite", un trachyte particulier à la chaîne qui compose les dômes, contraste avec les sombres basaltes et les cônes de scories rouges des stromboliens voisins. La différenciation, lent processus de transformation du magma originel pendant son séjour dans les chambres magmatiques intermédiaires, est à l'origine de l'éventail des laves de la chaîne et du dynamisme des appareils éruptifs.

Une bombe volcanique (© LVA)