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La dynamiterie de Paulilles, à Port-Vendres

Dossier - Tourisme dans les Pyrénées-Orientales
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Les Pyrénées-Orientales sont un département en forme de triangle qui possède trois fleuves côtiers : l'Agly, la Têt et le Tech. Le catalan, cette langue romane, est l'un des piliers de l'identité culturelle de cette région. Venez faire du tourisme dans cette terre d'accueil.

  
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Paulilles est un exemple de reconversion de site industriel. La dynamiterie, une usine d'explosifs, a fonctionné de 1870 à 1984. Une partie de l'ancienne usine a été transformée en musée.

Le site réhabilité de l'ancienne dynamiterie de Paulilles, à Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales. © Babsy, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

En 1868, Nobel fut contacté par le Français Paul Barbe, ingénieur artificier, qui devint l'unique concessionnaire des produits Nobel pour la France. Ce dernier demanda à Napoléon III d'ériger la première dynamiterie française (la fabrication et la vente des matières explosives sont monopole d'État). Ce fut fait à Liverdun (Meurthe-et-Moselle).

Nobel et la construction de la dynamiterie

Mais il fallut bientôt résoudre un problème. En effet, la France et la Prusse s'affrontèrent dès juillet 1870. Napoléon III fut fait prisonnier le 2 septembre 1870 et la République fut proclamée le 4. Léon Gambetta, ministre de la Guerre et de l'Intérieur, reprit alors le dossier de Paul Barbe et lui prêta 60.000 francs pour bâtir une dynamiterie qui devait fournir 500 kg de dynamite par jour à l'armée française. Paul Barbe prit le train, arriva au terminus de la voie ferrée et acheta des terrains dans la vallée de Paulilles : il fit construire les bâtiments et la voie ferrée entre Port-Vendres et Banyuls-sur-Mer.

Le 5 décembre 1870, la dynamiterie débuta sa production. En 1871, la France et la Prusse signèrent l'armistice. La dynamiterie de Paulilles devint un vestige de guerre. Le nouveau gouvernement restaura le monopole sur les explosifs. La dynamiterie ferma le 1er février 1872. Paul Barbe se battit et le 8 mars 1875, une nouvelle loi fut promulguée : la dynamite put être fabriquée par l'industrie privée.

La même année, Paul Barbe vendit la dynamiterie de Paulilles à la Société centrale pour la fabrication de la dynamite (SCD), grand trust regroupant les dynamiteries en Europe. Paulilles doubla alors sa production et reçut l'autorisation de rouvrir en 1876.

La SCD poursuivit une politique continue de développement. La dynamiterie occupait, lors de sa fermeture en 1984, une superficie de 32 hectares, soit la vallée de Paulilles... Plus de 100 bâtiments et 300 ouvriers fabriquaient dix sortes de dynamites à la veille de la première guerre mondiale. Elle exportait pour la construction du canal de Panama, et celle du Transsibérien...

Les ouvriers de l'usine de Paulilles

Durant la seconde guerre mondiale, l'usine accueillit des ouvriers d'Indochine qui travaillèrent à l'effort de guerre. Ces ouvriers firent des travaux pénibles et dangereux. Nombre d'entre eux furent enterrés à proximité du hameau de Cosprons.

En 1941, l'usine de Paulilles passa sous contrôle allemand.

En 1968, elle développa un brevet : deux plaques de métal posées l'une sur l'autre avec une matière explosive et une explosion qui soude les métaux.

En 1984, la production passa à Rivesaltes, autre commune des Pyrénées-Orientales. Le site de Paulilles devint une friche industrielle. En 1998, le territoire fut racheté par le conservatoire du littoral qui, en partenariat avec le Conseil général, se proposa de réhabiliter le site.

Port-Vendres. © Minto, Wikipédia, DP

Le musée

Le parcours muséographique de plein air, dans la dynamiterie originelle, traite de la géographie du site, de son inscription dans le paysage méditerranéen, de son organisation à l'époque industrielle et de l'évolution du site (régénération douce).

Il prend la forme d'une promenade, présentant :

  • un aspect fondateur du site de Paulilles ;
  • une géographie du lieu mettant l'accent sur la Méditerranée, les Pyrénées, les caps, les Albères.

Informations tirées, entre autres sources, d'un article de Christine Salles (association Culture et patrimoine en Côte Vermeille, ou CPCV).