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La mesure du niveau moyen de la mer

Dossier - Mesure des variations du niveau des océans
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La mesure du niveau de la mer et de ses variations permet de déterminer le niveau moyen de la mer qui est sans doute le meilleur indice que l’on puisse avoir du changement climatique.

  
DossiersMesure des variations du niveau des océans
 

L'une des nombreuses conséquences imputées au réchauffement climatique est la hausse du niveau moyen de la mer. Quelles ont été les mesures du XXe à aujourd'hui, et que nous apprennent-elles ?

Élévation du niveau moyen de la mer au cours du XXe siècle en millimètres. © Legos

Niveau des mers au XXe siècle : des mesures imprécises

Les marégraphes historiques, puits qui amortissaient les mouvements de la mer et filtraient la marée, mesurent localement les variations du niveau de la mer. Leur couverture géographique le long des côtes et dans les îles n'est pas optimale et liés à la côte ils enregistrent aussi les mouvements verticaux de la croûte terrestre, le rebond postglaciaire qui est modélisé mais aussi les mouvements induits par l'activité tectonique et le volcanisme que l'on ne sait pas corriger. Les études fondées sur ces observations s'accordent pour conclure à une élévation du niveau moyen de la mer de 1,8 mm/an au cours du XXe siècle.

Les mesures par satellites

Les mesures du niveau de la mer faites avec précision et de manière ininterrompue par les satellites altimétriques depuis 1992 (Topex/Poseidon opérationnel de 1992 à 2006 et ses successeurs toujours en activité, Jason 1 - 2001 et Jason - 2008) font apparaître une élévation moyenne du niveau de la mer de 3,3 mm/an (qui inclut le rebond postglaciaire de 0,3 mm/an) de 1993 jusqu'à maintenant.

Élévation du niveau moyen de la mer depuis le lancement du satellite Topex/Poseidon en centimètres. © Aviso

Une élévation irrégulière du niveau des mers 

Cette accélération est attribuée au changement climatique induit par l'accroissement dans l'atmosphère des gaz à effet de serre conséquence des activités humaines. On constate que cette élévation ne se fait pas à un rythme constant. Le contraire eut d'ailleurs été étonnant compte tenu de la complexité du système. Ainsi note-t-on un « accident » notable en 1997-1998 que l'on relie à l'ampleur de l'alternance Niño/Niña caractéristique de cette période qui modifie considérablement la répartition du contenu thermique océanique et du régime des pluies dans le Pacifique équatorial. On s'est aussi beaucoup ému de constater qu'entre 2003/2004 et 2008 la montée du niveau de la mer semblait marquer le pas : 2,6 mm/an seulement contre 3,3 mm/an entre 1993 et 2003. D'autant que parallèlement l'augmentation du contenu thermique des couches supérieures (700 m) de l'océan diminuait fortement (cf. infra).

Certains y ont vu aussitôt des raisons de remettre en cause la réalité du réchauffement global. L'évolution ultérieure (2008-2010) montre que la progression du niveau de la mer a repris à son rythme d'avant 2003 sans que l'on puisse conclure autre chose que le niveau de la mer, comme les autres paramètres climatiques, est soumis à une variabilité pluriannuelle et décennale qu'il importe d'analyser en liaison avec ces autres paramètres.