Planète

Les Bamilékés, groupe ethnique du Cameroun

Dossier - Les grottes sacrées des hautes terres de l'Ouest Cameroun
DossierClassé sous :géologie , ethnologie , Afrique centrale

L'Ouest Cameroun est le pays des chefferies Bamilékés, civilisation fascinante aux traditions toujours vivantes. Dans cette région de hauts plateaux se trouvent des grottes dans lesquelles se déroulent encore rites, offrandes, cérémonies… Ces grottes sont d’un grand intérêt ethnologique, mais recèlent aussi des vestiges archéologiques, une faune souterraine peu commune, et leur genèse est mal connue.

  
DossiersLes grottes sacrées des hautes terres de l'Ouest Cameroun
 

Les grottes occupent une place particulière dans la cosmogonie Bamiléké. Anomalies géographiques, les grottes sont presque systématiquement des lieux sacrés. Comme les lacs, les chutes d'eau, certaines montagnes ou forêts, les lieux sacrés hébergent une divinité, qu'il faut respecter et apaiser avec des rites pour s'attirer leur bienveillance.

L’escargot géant est un animal au pouvoir mystico-religieux, souvent synonyme de justice. © Olivier Testa

Organisation de la chefferie Bamiléké

Les Bamilékés représentent un groupe socioculturel qui occupe les hautes terres de l'Ouest. Une chefferie Bamiléké est une sorte de microétat centralisé autour d'un roi puissant jouissant d'un pouvoir de droit semi-divin.

Sa Majesté Djampou Tchatchouang, chef des Bangwa. © grottesducameroun.org

À ses côtés, il dispose de conseillers, de ministres, de serviteurs, ainsi que de nombreuses sociétés secrètes qui agissent comme autant de contrepouvoirs. La chefferie Bamiléké est ainsi extrêmement hiérarchisée.

Il y a plus de cent chefferies à l'Ouest Cameroun, indépendantes, dont les jeux d'alliance, les liens de parenté, les héritages règlent leurs inter-relations. Certaines partagent la même langue. Les chefferies, autrement appelée groupement, couvrent un territoire rassemblant plusieurs villages ou hameaux, et quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers d'individus (en incluant la diaspora).

Gardien de la chefferie, Bamendjou, Cameroun. © Olivier Testa

Croyances et rites des Bamilékés

Les croyances Bamiléké traditionnelles sont toujours très vivaces. Les Bamilékés croient en l'existence d'un être suprême, appelé Si, ainsi qu'en de nombreux esprits ou divinités à portée plus limitée (dieu du village, dieu du quartier, dieu de la maison).

Le culte des ancêtres est très vif, et les Bamilékés croient que l'esprit d'un défunt se trouve dans son crâne. Les funérailles rythment la saison sèche, et constituent des grandes fêtes hautes en couleurs. Se déroulant une année après le décès, le crâne du défunt est déterré puis sera gardé à côté des crânes de tous les ancêtres de la famille, dans une petite maison destinée à cela. Ces crânes sont consultés régulièrement par le successeur de la lignée, notamment lorsqu'une question difficile concernant la famille se pose. Il existe au sein de chaque chefferie plusieurs sociétés secrètes, ayant un rôle politique, administratif, ou magico-religieux. Ces sociétés sont appelées ainsi car leurs membres détiennent un secret, que seuls les initiés connaissent. Leurs membres se réunissent régulièrement et participent intimement à la vie du village.

La société Bamiléké est élitiste : la réussite personnelle est encouragée et récompensée par des titres de notabilité au sein de la chefferie.

Grande case de Bandjoun, typique de l’architecture traditionnelle Bamiléké. Les murs sont en raphia noué, les piliers sont en bois sculpté, et le toit en chaume. Cette case est utilisée pour des événements traditionnels particuliers. © Olivier Testa

Architecture et culture des Bamilékés

L'architecture Bamiléké se caractérise par sa démesure et son symbolisme. L'organisation des bâtiments dans une chefferie suit des règles strictes basées sur la cosmogonie Bamiléké. Les bâtiments, fait de bambous raphia et de chaume, sont surmontés de toitures pyramidales ou polypyramidales (appelées localement toits coniques). Les symboles cosmogoniques sont présents de manière récurrente.

Grande case traditionnelle de Bandjoun. Détail d’une paroi en raphia. © Olivier Testa

La culture se manifeste aussi à travers de nombreux autres aspects. Citons les très nombreuses danses, qui ont chacune une signification particulière, la sculpture, le tissage, le perlage, la poterie, la gastronomie...

Danse traditionnelle dans la cour royale du palais de Bamendjou. Sur l’extrême gauche, un aperçu de la grande case, et en arrière-plan, le quartier des femmes du chef. © Olivier Testa