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Le passage du Gois

Dossier - Le Gois : route submersible de Vendée
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Le passage du Gois relie, à marée basse, l’île de Noirmoutier et le continent avec la ville de Beauvoir-sur-Mer, et nombreux sont ceux qui viennent découvrir cette originalité de la nature, en prenant le risque de se faire surprendre et de se retrouver les pieds dans l’eau...

  
DossiersLe Gois : route submersible de Vendée
 

Etymologiquement, le mot Gois, Goï ou Goye en patois, amena le verbe « goiser » qui signifie : se mouiller les pieds en marchant dans l'eau. Or, en bas-latin, on dit « guazzare » pour « passer à gué ».  Le mot Gois serait-il donc une déformation de gué ? Le caractère unique du Gois est son exceptionnelle longueur : 4,5 km. La hauteur d'eau qui le recouvre à marée haute varie de 1,30 mètre à 4 mètres, suivant le coefficient de marée.

Passage du Gois © Pinpin Wikipedia

La première apparition du passage du gois dans l'Histoire remonte à 820, sous Louis le Pieux : Hilbod, abbé du monastère de Saint-Philbert de Noirmoutier, demande à Pépin, roi d'Aquitaine, de protéger l'île d'Her contre les invasions Normandes. Pépin refusa. Le roi « trouva qu'on ne pouvait en tout temps porter secours à l'île d'Her parce que l'accès de cette île n'était pas toujours accessible par les marées de morte-eau ». Ainsi, on peut penser que le Gois existait déjà. Mais au début de notre ère quaternaire Noirmoutier n'était pas une île ! donc le Gois n'existait pas. C'est l'effondrement de l'actuelle baie de Bourgneuf qui la fit « île ».

Au XVIIème siècle, le Gois était un problème car très difficile à défendre, c'est ce qu'indique Vauban à Louvois de 1689 : « l'endroit du royaume où les entreprises des Anglois et des Hollandois sont le plus à craindre est par la baie de Bourgneuf près l'isle de Noirmoutiers parce qu'une armée navale y peut demeurer avec autant de sureté que dans un port, que l'isle de Noirmoutiers qui n'est séparée de la terre ferme que par un petit bras qui assèche quelquefois jusqu'à y pouvoir passer à pied sec... ».

C'est en 1701 que ce passage reliant le continent à l'île est pour la première fois mentionné sur une carte géographique.

Passage du Gois et au fond le Pont de Noirmoutier © Pinpin

Au XIXème siècle le département crée le métier de « Garde-Goa ». La douane va s'y installer jusqu'au 31 décembre 1945. En 1832, le département inscrit le passage sur la liste des voies du département. Ainsi, le Gois commence à être entretenu. Des potences avec des lumières sont installées de chaque côté du gois pour indiquer la sortie aux personnes en difficulté. Puis le Gois est classé et devient « Route de Napoléon-Vendée à Noirmoutier ».

Au début du XXè siècle, le trafic sur le Gois était de cent charrettes attelées par 24 heures, quatre voitures hippomobiles par jour, dix automobiles par mois, 12 000 piétons, six cents vaches, six cents chevaux et ânes par an !

La route est élargie et deux rampes d'accès sont aménagées. Le Gois est alors classé route nationale numéro 148 en 1932. En 1935, la chaussée est à refaire.

Louis Brien va utiliser des pavés mesurant 40 cm de côté et 12 cm d'épaisseur, pesant entre vingt et trente kilos. Le chantier va durer jusqu'en 1939. On observe encore aujourd'hui ce pavage caractéristique du Gois. Le pavage de palpanches et de béton est disposé de part et d'autre, stabilisant le fond sableux. Au-dessus, une couche de pierre puis une couche de sable servent de « matelas » aux pavés.

Château de Noirmoutier © Nomorsad Wikipedia

Les balises sont un élément majeur du Gois, elles ont sauvé de nombreuses vies. Cependant, le Gois a toujours été le théâtre de drames, encore aujourd'hui. Depuis le 7 juillet 1971, la liaison entre le continent et Noirmoutier est également assurée par un pont, qui n'a jamais fait concurrence au Gois et à son charme !  Il y a plus de mille ans, la rencontre des deux courants marins de la Baie se heurtent et donnent naissance à un hauts-fonds qui s'est stabilisé il y a un siècle.

Aujourd'hui, sa traversée représente certains risques si le voyageur ne respecte pas les horaires des marées de basses eaux. Il est convenu que l'on peut passer par beau temps et fort coefficient de 1h30 avant et après basse mer. Respectez donc les mises en garde et renseignez-vous ! Une course à pied, Les Foulées du Gois, y est organisée chaque année depuis le 20 juin 1987. Le signal de départ est donné lorsque les premières eaux montantes franchissent la route.

Les foulées du Gois 2007

La pêche à pied

Lors des grandes marées, le lieu est réputé pour la pêche à pied. Dans la baie autour du Gois, on peut récolter des palourdes, des coques ou des huîtres. Le brouillard peut devenir très dangereux pour les pêcheurs à pied qui perdent tout sens de l'orientation et peuvent se faire piéger par la marée montante.

De l’autre côté du Gois se trouve Noirmoutier

Pour lutter contre les invasions vikings et normandes, les seigneurs de la Garnache, propriétaires, ainsi que les moines, firent construire des fortifications à partir de 830. Le château y est construit au XIIe siècle. L'île de Noirmoutier, comme l'île de Bouin, dépendait de la seigneurie de la Garnache, tantôt poitevine au Moyen Âge, tantôt liée à la Bretagne (au IXe siècle). Au cours de son histoire, l'île eut à subir plusieurs tentatives d'invasions anglaises (1342, 1360, 1386), espagnoles (1524, 1588) hollandaises en 1674 par l'amiral Tromp.
Dès le XVIIe siècle, la construction de digues et de polders assécha des terres gagnées sur la mer qui permirent de créer des champs.