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Le Festival de l'Oiseau

Dossier - Découvertes en Baie de Somme
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Pour éviter une dégradation irréversible des paysages et de sa biodiversité, la Baie de Somme bénéficie aujourd'hui de toutes les mesures de protection applicables à un espace littoral. Voici une « promenade » dans la région de la baie, laissant l’arrière pays pour une autre occasion.

  
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Le  Festival de l'Oiseau et de la Nature a lieu en Baie de Somme au mois d'avril. Le 18ème Festival de l'Oiseau et de la Nature aura lieu du 12 au 20 avril 2008.

Spatule blanche. © Tomfor, Wikimedia, CC by-sa 4.0

Cette année, la forêt était le thème du concours photo. Le festival présentait une exposition d'aquarelles, fruit de la complicité entre deux artistes l'un français, l'autre anglais, qui ont  peint les paysages de la Baie de Somme et de la Baie de Rye en East Sussex : c'est une première, qui salue la sortie d'un beau livre sur le sujet.


Affiche du festival 2007

Le festival de l'oiseau ce sont  :

- De nombreux films en compétition et un concours de photos.


Fuligule milouin - Tous droits réservés

- Des expos photos dans différents lieux en présence des artistes qui expliquent leur démarche.


Fuligule morillon - Tous droits réservés

- Des promenades et activités d’extérieur, encadrées, en Baie de Somme.


Sortie dans la baie - © Festival de l'oiseau

- Des activités pédagogiques et des ateliers pour enfants.


Activités pour enfants © Festival de l'oiseau

- Des partenaires : la maison de la Baie de Somme et de l'Oiseau, le parc du Marquenterre, la carrière de galets du Hourdel etc.


Carrière du Hourdel

- Un concours de chants d’oiseaux.

- Des conférences sur des sujets concernant la nature et la Baie de Somme.
- Des cours et ateliers d'aquarelle...sur les traces d'illustres peintres qui ont fréquenté la baie.


Baie de Somme par Thompson

Marée basse en baie de somme par Seurat

Et d'autres choses encore parmi lesquelles un accueil très chaleureux de la population locale.

Soulignons l'intérêt de telles manifestations pour sensibiliser le public à la nature et à sa beauté, surtout dans une région comme celle-ci, qui est très bien placée pour se faire l'écho de la dégradation des milieux. Pour sensibiliser le public à la disparition de plus en plus intense des milieux naturels, humides en particulier. (Voir aussi le paragraphe de ce dossier sur la plaine maritime picarde, en particulier les cartes de la baie à l'époque romaine et au XVème vous permettent de mesurer la disparition de zones humides en Baie de Somme)

Il s'agit ici d'oiseaux, on peut appliquer tout ceci à beaucoup d'autres groupes d'animaux et de plantes dont personne ne parle, parce qu'ils sont discrets : petits mammifères, batraciens mais aussi les invertébrés qui représentent 90% des espèces animales, ne l'oublions pas !

La baie est un refuge sur la route des migrations et avec ses 4000 hectares de « mollières » recouvertes à marée haute et ses grandes étendues de vase et de slikke, c'est une région de nourrissage intermédiaire très importante sur la route des oiseaux.

La situation des oiseaux dans le monde :

Voici un article (écourté - et un peu modifié) de Howard Youth de World Watch, auteur régulier d'articles sur la vie sauvage dans le monde : cet article est assez long mais il constitue un très bon survol du problème des oiseaux, au niveau planétaire.

Plus d'un millier (sur 10 000 environ) d'espèces d'oiseaux sont menacées aujourd'hui d'extinction. De nombreuses autres sont entrées dans une phase de déclin régulier. Il est frappant de constater que les stratégies à même d'arrêter cette érosion sont les mêmes que celles qui permettraient la réalisation d'un avenir viable pour l'humanité. D'une vie sauvage autrefois florissante et diversifiée en Europe, il reste aujourd'hui bien peu de choses : ours, bisons et loups y ont disparu depuis longtemps.


Carte oiseaux © WWInstitute


Vous remarquerez que la France est épinglée pour sa chasse sur ce document.

Le Parc national Doñana en Espagne est un paradis en péril. L'envasement des rivières et la demande en eau d'irrigation assèchent les marais plus tôt dans l'année et les oiseaux aquatiques qui y pondent, comme le canard marbré (Marmaronetta angustirostris) se retrouvent sans ressources.

Coupés des espaces aquatiques, ces derniers ont du mal à trouver de la nourriture, à échapper aux renards et autres prédateurs. Introduits avant que le site ne soit déclaré parc national en 1969, les eucalyptus y ont prospéré rapidement et ont étouffé la végétation indigènePuis en 1998, le réservoir d'une mine de zinc au nord du parc se fissura et déversa 5 millions de mètres cubes d'eau avec un haut taux d'acidité dans la rivière - de l'eau contenant du cadmium, du plomb, du cuivre, et d'autres métaux lourds. Ce déversement couvrit près de 10.000 hectares d'une boue toxique, envahissant les pourtours du parc, tuant des milliers de poissons et d'oiseaux et contaminant une grande partie des survivants à des taux qui amoindrirent considérablement leur capacité de reproduction. Les menaces qui pèsent sur les oiseaux de Doñana illustrent bien la diversité des pressions que doivent endurer les populations d'oiseaux dans le monde, qui sont ainsi menacées malgré leur capacité de voler d'un endroit à l'autre.

A l'instar des dangers qui menacent la faune de Doñana, les raisons du déclin mondial des espèces d'oiseaux sont multiples, mais pour l'essentiel liées aux activités humaines.

1) L'autruche, (Struthio camlus), est décimée à la fois par la chasse et par la disparition de son habitat, vaste mais victime d'une fragmentation croissante. L'autruche couve également les oeufs les plus gros. Mais sa taille, pas plus que celle de ses oeufs, ne la protège des chasseurs humains. "


Autruche

"Elles sont touchées de deux manières : les adultes sont tués et les oeufs sont volés", affirme Steve Monfort, de l'Institut Smithsonian. En 2001, Monfort participa à un recensement de la faune au Tchad, et n'y trouva plus aucune autruche. Et dans les plupart des régions d'Afrique où des populations décimées d'autruches subsistent malgré les chasseurs, les prairies sont appauvries par le surpâturage des animaux d'élevage. A quelques variantes près, on retrouve cette histoire sur tous les continents, y compris en Antarctique.

2)  En Eurasie, la grande outarde (Otis tarda) ainsi que trois autres espèces d'outardes sont entrées dans une phase de déclin rapide à cause de la « mauvaise » utilisation des pacages. En France et en Espagne, les populations du ganga cata (Pterocles alchata) sont en chute libre pour les mêmes raisons. La population humaine croît (de 1,6 milliard à 6 milliards en moins d'un siècle), l'humanisation forcée de la Terre se traduit par la déforestation, le drainage, le bitumage et l'altération chimique des terres. Tout cela pour Homo Sapiens...  C'est un fait bien établi que plus une terre est occupée par l'homme et plus sa biologie devient pauvre.

3)  Depuis deux siècles, 100 espèces d'oiseaux ont disparu et 1200 seraient menacées de disparition d'ici un siècle. (chiffres arrondis), 6000, sont déjà déclinantes.
 
En Grande-Bretagne, par exemple, 139 des 247 espèces qui s'y reproduisent connaissent un déclin modéré à rapide selon des études annuelles. Des ornithologues australiens estiment qu'une espèce sur cinq est menacée de disparaître dans un proche avenir sur ce continent. Plusieurs biologistes estiment que la disparition d'une espèce n'est que la dernière étape de son déclin : elle ne se produit que bien après qu'elle ait cessé de fonctionner comme un élément de son écosystèmeLorsqu'une population meurt, les populations restantes deviennent isolées et leur diversité génétique s'en trouve appauvrie.

4)  La plus grande menace : la perte de l'habitat (et/ou sa dégradation) est ce qui, plus que tout autre facteur, met en danger les espèces d'oiseaux. L'habitat est détruit par l'exploitation de la forêt, la pratique des brûlis, les développements industriels et urbains, l'agriculture intensive, le surpâturage, etc.

Les forêts : selon le rapport Etat de la forêt de la FAO, la planète perd 9,4 millions d'hectares de couverture forestière par année. Et les forêts converties en plantations ne sont pas incluses, elles sont donc encore qualifiées de forêts ! du point de vue d'un oiseau, elles seraient pourtant à ajouter aux pertes. Parmi les espèces menacées 85 % sont touchées par la destruction de leur habitat.
Dans plusieurs pays, les programmes de reboisement ont augmenté la couverture forestière au cours des dernières décennies. Mais ces programmes mettent plus l'accent sur l'accroissement de la production de bois et de pâte à papier que sur la protection de la biodiversité. Ces monocultures abritent un nombre restreint d'oiseaux, et ne remplacent en aucun cas l'habitat sauvage.

En Amérique du Nord, les grandes prairiesqui couvraient 40 % de ce que sont aujourd'hui les Etats-Unis, ont reculé pour ne plus représenter que 1% du pays. La population du chien de prairie a chuté de 98 %, et les oiseaux qui avaient un rapport avec ces rongeurs, comme la chouette des terriers (Athene cunicularia) ont presque disparu.

Essentiels à la vie de nombreuses espèces, les milieux humides et aquatiques sont assaillis de toutes parts par la pollution industrielle et agricole, tant par les remplissages et les assèchements dus à la construction ou à l'agriculture que par le détournement des eaux pour l'irrigation des cultures ou l'approvisionnement des villes. L'agriculture n'est pas seule en cause : la chute des niveaux aquifères et la salinité croissante des sols, en Australie et dans d'autres pays au climat aride, ont détruit ce qui constituait jadis de grands territoires pour les oiseaux. Près de 1,5 million d'hectares de l'habitat des animaux du continent australien seront menacés par l'accumulation de sel au cours des cinquante prochaines années.

Au-delà du fait qu'elles sont des endroits de nidification vitaux pour les oiseaux, de nombreuses surfaces aquatiques servent d'escales aux millions d'oiseaux qui migrent d'un continent à l'autre : les oiseaux se posent sur ces côtes, dans les baies, pour se reposer et reprendre des forces avant ou après les voyages trans-océaniques. Sous la pression du développement, les habitats à ces endroits clefs sont tous en diminution.

5)  La menace chimique N°1 : le pétrole

La soif mondiale de pétrole a lancé sur les océans une immense flotte de pétroliers qui sillonnent la haute mer et les estuaires. Le déversement de l'Exxon Valdez en 1989 a tué 250'000 oiseaux. En 1994, une marée noire sur les côtes d'Afrique du Sud a fait périr 5'000 manchots du Cap (Spheniscus demersus) et un nouveau déversement, six ans plus tard, a menacé 40% de la population qui avait survécu au premier accident. Sur les côtes bretonnes, un déversement tua en 1999 entre 100.000 et 200.000 oiseaux de 40 espèces.


Naufrage de l'Erica

En janvier 2001, un pétrolier se vida au large des Iles Galapagos, menaçant plusieurs espèces dont le goéland le plus rare de la planète, le goéland des laves (Larus fuliginosus), et le manchot des Galapagos (Sphensisus mendiculus). L'extraction de pétrole en Alaska, dans le sanctuaire naturel Arctic National Wildlife Refuge, dont l'idée a été relancée par M. Bush, constituerait un risque grave de contamination. Les projets de forage en Equateur et au Pérou menacent les forêts tropicales, des régions fragiles qui abritent encore la plus grande diversité d'oiseaux au monde.

6)  La menace chimique N°2 : les pesticides

Partout, les pesticides affectent des millions d'oiseaux, qu'ils soient aquatiques ou terrestres. Après l'interdiction du DDT en 1972, les populations du faucon pèlerin, de l'aigle à tête blanche, de l'aigle pêcheur, et du pélican brun, ont connu un net sursaut. Interdit, le DDT n'a pas disparu, il est encore utilisé contre les moustique dans de nombreux pays tropicaux, et il persiste dans le sol et l'eau même dans des lieux où son usage a été interdit depuis 30 ans. La persistance du DDT est mise en évidence par les événements de Lake Apopka Restauration Area, près d'Orlando, en Floride.


Région du Lac Apopka et ses nombreux lacs (© google earth modifié)

A la fin des années 1990, l'Etat de Floride racheta les fermes et inonda les anciens champs. Plus de 170 espèces d'oiseaux (40.000 individus) furent attirées par cet habitat peu profond. Certains observateurs considérèrent le lac Apopka comme l'habitat sauvage le plus riche des terres d'Amérique du Nord. Pourtant, un peu plus tard, 400 pélicans blancs, et 500 autres oiseaux furent trouvés morts dans l'Etat. Des investigations du service U.S. Fish and Wildlife déterminèrent que ces oiseaux, qui se nourrissent de poissons, avaient été empoisonnés par des pesticides organochloriques ( toxaphène, dieldrine et DDT), utilisés sur ces terres des décennies durant. Les champs furent donc asséchés en 1999 et le sont toujours.
 
La saga du faucon de Swainson, un rapace migrateur de l'ouest des Etats-Unis, fournit un autre exemple : entre fin 1995 et début 1996, 20.000 de ces faucons - soit 5% d'une population déclinante - sont morts d'avoir mangé les sauterelles qui proliféraient dans les champs argentins de luzerne, de maïs et de tournesol. Ces champs avaient été traités par un pesticide monocrotophore de Ciba-Geigy...

7)  Des migrations contre nature

L'invasion par des espèces exotiques s'intensifie d'année en année. Une telle évolution est favorisée par la construction de routes ou par des projets d'aménagement des territoires qui rendent plus accessible des habitats auparavant protégés. En Amérique du Nord, la ciguë et le sapin sont attaqués par le puceron lanigère asiatique et européen. La disparition de ces arbres provoque le déclin de la fauvette, et de plusieurs oiseaux forestiers.

Un autre type de menace pour les espèces locales est l'introduction de nouveaux prédateurs comme le chat ou le renard, en Australie. Au cours des quatre dernières années, les populations des jadis très abondants vautours indiens à long bec ou au dos blanc se sont effondrées, probablement à cause d'un virus. Le microbe poursuit sa progression vers l'ouest, et les ornithologues craignent que les populations africaines et européennes de vautours soient bientôt touchées.

En 1999, l'arrivée en Amérique du Nord du "virus West Nile " tua dix ou onze personnes, mais des milliers d'oiseaux. Les programmes de vaporisation, dont le but était de tuer les moustiques, éliminèrent un large éventail d'insectes dont les oiseaux dépendent pour se nourrir et nourrir leurs petits.

8)  La chasse et la pêche

Les effets secondaires de la chasse. Les oiseaux aquatiques qui échappent aux chasseurs meurent souvent empoisonnés par le plomb en ingurgitant des munitions perdues. Le même sort est réservé aux huarts en Amérique du Nord qui mangent les poids de plomb perdus par des pêcheurs. Voir à ce sujet le dossier de cette adresse :
http://www.univers-nature.com/dossiers/plomb/plomb9.html

J'ai déjà mentionné ce problème dans mon dossier sur l'eau : « Les chasseurs qui nous plombent l'environnement au point que les canards du Lac de Grand-Lieu au sud de Nantes sont atteints de saturnisme ! Alors qu'il existe depuis des dizaines d'années des « plombs » en acier qui ne polluent pas (utilisés par tous les chasseurs américains depuis longtemps et à leur entière satisfaction). Et les chasseurs crient haut et fort qu'ils protégent la nature. »

Des millions d'oiseaux sont la cible des chasseurs : à Malte, en Grèce, en France en l'Italie, des aigles et des faucons sont encore illégalement tués. En Amérique du Sud, des petits oiseaux chanteurs comme le tarin et le cardinal sont capturés pour alimenter l'insatiable commerce des oiseaux de maison, et sont aujourd'hui au bord de l'extinction. En Afrique équatoriale, dès que les compagnies forestières tracent de nouvelles routes dans des forêts tropicales, les chasseurs s'y engouffrent et anéantissent  les oiseaux et autres animaux pour alimenter le marché de la viande sauvage. Au Brésil et ailleurs, la trappe illégale d'oiseaux pour le commerce des animaux de compagnie a fait du perroquet une des familles d'oiseaux parmi les plus menacées.


Commerce perroquet et chopi

De nos jours, même la haute mer n'est plus un lieu sûr pour les oiseaux. A peine obtenu le moratoire international sur les filets dérivants en 1991, un nouveau danger a remplacé l'ancien : la pêche à longues lignes. Tirées derrière des bateaux, ces lignes peuvent atteindre 80 miles, et être équipées de 12.000 hameçons. Les albatros et les pétrels se précipitent sur les appâts et sont accrochés par les hameçons, qui les noient lorsque la ligne coule.


Albatros

9)  Les facilités de la vie moderne

Plusieurs des facilités auxquelles nous croyons avoir droit se paient cher pour les oiseaux. Parmi les migrateurs de nuit, beaucoup meurent lors de collisions avec des antennes de télévisions, de radios et de téléphonie mobile. Lors d'une seule nuit nuageuse de janvier 1998, entre 5.000 et 10.000 bruants lapons, qui passent l'hiver sur les fermes du sud des Etats-Unis, moururent d'avoir heurté des antennes de 130 mètres de haut dans le Kansas. Entre 1957 et 1994, 121.000 oiseaux morts appartenant à 123 espèces furent dénombrés sous une seule antenne de télévision haute de 320 mètres à Eau Claire (Wisconsin).

Quant aux grands oiseaux qui volent de jour comme les grues, les cigognes, les aigles et les outardes, ils entrent souvent en collision avec les lignes électriques dont le brouillard rend la visibilité difficile. De nombreux autres oiseaux meurent électrocutés lorsqu'ils se perchent sur les fils. Des milliers d'oiseaux migrateurs sont également victimes de l'illusion créée par les façades de verre et les grandes baies vitrées des immeubles de bureaux, dans lesquelles se reflètent les arbres voisins.

10)  Des stratégies pour sauver les oiseaux

Un échec de notre part à assurer la protection des oiseaux signifierait que notre espèce est également menacée. Pourtant, la perspective d'un tel échec plane dans de nombreuses régions du monde. Rien n'anéantit les progrès de la conservation plus rapidement que la guerre ou l'arrivée au pouvoir de chefs corrompus. Dans les années 1970, le Tchad entretenait un réseau de parcs et de réserves parmi les meilleurs du monde...puis vingt ans de guerre...et vingt de sécheresse.


Lac Tchad

De pareils désastres se produisirent sous la dictature d'Idi Amin en Ouganda, en Yougoslavie, en Angola etc. la sécheresse en moins. Aujourd'hui, l'aménagement du territoire place de plus en plus la conservation au même niveau que le bien-être des populations et les progrès économiques. Et de fait, les mariages d'intérêts entre l'agriculture et la sauvegarde de l'environnement naturel deviennent plus fréquents, comme le montrent les exemples suivants :
La popularité croissante dans les Amériques Centrale et du Sud du café cultivé "à l'ombre", un mode de production traditionnel, qui se pratique sous la voûte végétale de la forêt tropicale, qui abrite également des oiseaux résidents ou migrateurs.
Le succès de programmes d'incitation tels que le "Programme américain de réserves pour la conservation", qui paie les fermiers pour qu'ils mettent régulièrement des espaces en jachère, tant pour préserver la vie sauvage que pour protéger les sols. La population de plusieurs oiseaux des prairies a progressé grâce à ces programmes.


Barge - Tous droits réservés

Un programme hollandais offre aux producteurs laitiers des financements pour protéger et encourager la nidification, comme s'il s'agissait d'un produit de la ferme. L'expérience, conduite en 1992 et 1996 et décrite dans Conservation Biology en 2001, révéla qu'il est plus économique de payer les fermiers pour superviser et gérer la reproduction des oiseaux sauvages que d'offrir des compensations pour mettre les terres hors production. Le programme permit une reproduction croissante des vanneaux, des barges, des pigeons à cravate et d'autres oiseaux des prairies, sans perturbation de la production laitière. En 1998, quelques 11.000 hectares de terres agricoles hollandaises étaient inscrits au programme.

11)  La cigogne blanche

Dans mon article "Flying into Trouble" paru en 1994, j'ai souligné que les populations de la cigogne blanche connaissaient un déclin rapide. Depuis, plusieurs populations ont connu une résurgence, profitant de saisons humides sur leurs terrains d'hivernation en Afrique, qui connaissent souvent des sécheresses. Le retournement de fortune de cette espèce spectaculaire illustre comment la survie des oiseaux est liée à la nôtre - un point que je ne pouvais pas oublier en observant ces oiseaux avancer difficilement dans les eaux du Parc Doñana. Mon plaisir de voir ces créatures fut altéré par mon inquiétude pour leur avenir. Trois ans après le déversement toxique qui inonda le parc, des parties de l'écosystème demeurent fortement contaminées, et jusqu'à 2% des cigognes blanches sont nées avec des déformations visibles...

L’intégralité de l’article est disponible à cette adresse :

http://www.delaplanete.org/IMG/pdf/oiseaux.pdf