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Monter en Der, le lac, les grues, les moulins et la photo

Dossier - Balade en Champagne-Ardenne
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Magnifique région qui vous réserve des découvertes insolites : maisons à colombage, les fontes de Sommevoire, les grues de Montier-en-Der, les moulins. Mais c'est également la région du champagne, alors en route pour la découverte !

  
DossiersBalade en Champagne-Ardenne
 

Le lac du Der-Chantecoq, propriété des Grands Lacs de Seine, est le plus grand lac artificiel de France : 4800 ha et 77 km de rivage.

Carte des grands lacs de Seine destinés à réguler son débit

Il forme avec les Etangs d'Outines et d'Arrigny, propriété du Conservatoire du Littoral, la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage du même nom. Le niveau d'eau du lac est variable: vidange de juillet à novembre, remplissage à partir de décembre. La partie ouest du lac est bordée par une digue qui sépare le lac du bocage champenois. Les rives sont formées de saulaies de différents âges, phragmites et pelouses humides. C'est une zone remarquable les anatidés, grues et limicoles. Pour ne pas avoir le soleil dans les yeux, il vaut mieux observer sur l'étang du Grand Coulon le matin, et sur le Der, l'après-midi ou en soirée.

Lac de Der

J'emprunte à la LPO, voir url dans la bibliographie, la liste des observations ornithologiques que l'on peut y faire :

En été (juillet - septembre) : Blongios nain, Bihoreau gris, Aigrette garzette, Grande Aigrette, Héron pourpré, Sarcelle d'été, Fuligule milouin, Busard des roseaux, Balbuzard pêcheur, petit et grand gravelots, Bécasseau cocorli, Combattant varié, Bécassine des marais, Courlis cendré, chevaliers (surtout arlequin et aboyeur), goélands brun et leucophée, Guifette noire.

En automne et hiver (octobre - mars) : Grande Aigrette, cygnes, oies grises, Tadorne de Belon, Canard siffleur, Garrot à œil d'or, harles piette et bièvre, milans royal et noir, Pygargue à queue blanche, Busard Saint-Martin, Faucon pèlerin, Grue cendrée, pluviers doré et argenté, Vanneau huppé, Bécasseau variable, Courlis cendré, Goéland cendré, Pipit spioncelle.

Au printemps (avril - juin) : Blongios nain, Bihoreau gris, Aigrette garzette, Héron pourpré, Milan noir, Busard des roseaux, Mouette pygmée, Goéland cendré, Sterne pierregarin, Guifette noire, fauvettes paludicoles (dont la Locustelle luscinioïde), Bruant des roseaux.

Lac de Der

Depuis le début des années 80, le lac du Der Chantecoq est devenu l'un des quatre principaux sites de stationnement des grues cendrées d'Europe occidentale.

La mise en eau en 1974 et le classement en réserve, ont permis des stationnements réguliers de la totalité des oiseaux du secteur. Le pouvoir attractif du lac invite, selon les années, 30 à 70 % des oiseaux à s'y arrêter. Le choix de cette terre d'accueil s'est effectué en fonction de deux facteurs essentiels à ces grandes migratrices : la tranquillité sur le lac et dans les plaines proches, et l'abondance de nourriture fournie par les résidus des cultures de maïs ( enfin un côté positif à ce maïs, à noter toutefois que n'importe quelle céréale ferait l'affaire.... !).

Dès octobre mais surtout en novembre, les Grues s'arrêtent. Après s'être regroupées au cours de l'après-midi, elles regagnent le lac par grandes bandes à la tombée de la nuit.

Grues cendrées

Elles restent quelques semaines puis reprennent leur route vers le sud. Plusieurs milliers d'entre elles demeurent ici l'hiver, tant que le gel ne les empêche pas de s'alimenter. En mars, le retour des migratrices se concentre sur une dizaine de jours. A l'approche de la saison de reproduction, les stationnements sont de courte durée.

Livret LPO sur les grues cendrées

Moulins de Champagne-Ardenne

Les connaissances sur ces moulins sont limitées. On peut citer le Moulin à vent de Walmy, qui assista hautain à la célèbre bataille où les soldats de la République firent reculer les armées prussiennes mais qui y laissa sa haute carcasse, détruite sur l'ordre de Kellerman. Il y avait d'autres moulins à vent sur le plateau champenois, mais peu nous sont parvenus. Sur les nombreuses rivières, la Meuse, l'Aisne, la Seine et l'Aube, de nombreux moulins sont en ruine, en l'absence d'association de sauvegarde, il sont peu connus, exception faite pour une une étude très complète sur la Vingeanne, et pour les moulins cités ci-dessous.

Moulin de Boulancourt

Il y a de nombreux moulins qui ont été sauvegardés dans la région et leur visite est instructive à plus d'un titre par exemple saviez vous que le bois utilisé pour les engrenages et les pièces mécaniques est du cormiersorbus domestica en latin, de la famille des rosacées. Ce bois de couleur rouge-brun, à grain très fin est recherché par les ébénistes et les charpentiers-amoulageurs pour la fabrication des alluchons, les dents en bois des engrenages dans les moulins (résistance à l'usure). C'est aussi le bois dont les menuisiers faisaient les rabots et les varlopes. Il est encore utilisé actuellement en lutherie et pour la marqueterie.

Sorbus domestica

Le cormier, c'est le sorbier domestique, arbre maintenant menacé, qui existait dans toutes les fermes du sud de la Bretagne, de l'Anjou et de la Normandie et, même si on le dit méditerrannéen, on le trouve en général sur les talus des régions de bocage. Il faut le préserver et pourquoi pas le planter dans son jardin plutôt que des essences exotiques et souvent envahissantes ? Le cormier peut atteindre 20 mètres de haut et une longévité qui est au moins celle du chêne. Il produit des fruits, les cormes, sorte de petites poires qui se consomment blettes en automne et sont délicieuses en confiture. Les oiseaux en raffolent et propagent les graines. Le cormier se fait rare dans nos campagnes, en raison de la destruction systématique du bocage et le peuplement naturel ne se fait plus. Il faut donc replanter....

Les cormes

Voici une liste non exhaustive de ces moulins :

Le Moulin de Boulancourt à Longeville sur la Laines,
Le Moulin Cherrin entre Louze et Sauvage-Magny, ancien moulin à farine qui peut produire de l'électricité.
La Roue de Tampillon à Rachecourt-Suzémont
L'ASPM à Dommartin-le-Franc, Site du Haut-Fourneau- voir dans ce dossier : les fontes de la région, sur la Blaise. L'ouvrage d'eau est accessible avec exposition des maquettes de mécanismes de traitement de minerais liés à des roues hydrauliques.
La Roue de Montreuil
Le Moulin de Louze, sur Blaise

On peut essayer soi-même de faire ou de réparer la roue de son moulin si on en possède un…

Prendre du chêne, du hêtre, de l'azobé, ou de l'irroco. Le chêne pour les membrures et les jantes ; le hêtre, l'azobé, l'irroco pour les aubes. Il est important d'utiliser du bois frais. La sève partira par la suite et sera remplacée par du calcaire qui le durcira. De plus le bois sec se déforme ou se fend. Il ne doit pas avoir de nœuds. Ne pas traiter les bois, ils se patineront au en se couvrant de mousse. Tout traitement est nocif pour nos rivières. L'acier : utilisation de fer du commerce (U, cornière, plat) qui sera boulonné et/ou soudé, traité au minium de zinc- pas de plomb, toxique- pour une bonne tenue à l'eau.

Il faut compter environ 1000 heures de travail. Mais vous pouvez confier la réalisation à un lycée technique, une association ou à un artisan expérimenté...Ce n'est pas un travail facile, en permanence dans l'eau, bien que les vannages soient fermés. Le montage de la roue nécessite d'installer des échafaudages supplémentaires, à monter les membrures par alternance de manière opposée, les contrepoids risquent de faire basculer l'ensemble. Il est conseillé, après avoir fixer la première planche d'aube d'essayer de faire tourner la roue pour contrôler son réglage. Rappelons qu'une roue pèse de 3 à 5 tonnes, la vigilance doit être de mise !Enfin, lorsque la roue tourne, laissez-la tourner, lentement, en permanence ; mouillée, elle ne s'abîmera pas par séchage au soleil ou au vent ...

Le Festival international de photo animalière et de nature.

Le hibou des marais, préent dans certaines contrées en hiver - © Photo prise en Vendée par C. König - Reproduction et utilisation interdites
Voici pour le plaisir des yeux le prix du public de l'année 2002. Hibou à face blanche, photo prise en Namibie. © Photo C. König - Reproduction et utilisation interdites

Quelle chance, le festival tombe en même temps que les grues ! Deux raisons pour faire un tour en novembre dans la région... Ce festival est un des plus grands festivals de photo animalière d'Europe et comporte de nombreuses expositions :

Un invité d'honneur français, en 2005 Eric Dragesco, faune de Mongolie.
Un invité d'honneur étranger, en 2005 Amos Nachoum, Israël et Klaus Nigge, Allemagne
Un invité d'honneur, révélation de l'année en 2005 Guillaume Mazille

Une exposition exceptionnelle en 2005 avec les photos du tsunami indonésien de Philip Plisson , le peintre de la mer...

Plus toutes les autres...Il vaut la peine de prendre quelque temps pour admirer les plus belles photos de nature de France et d'ailleurs, c'est un monde fascinant qui vous fait voir la nature avec d'autres yeux que les vôtres....et quels yeux ! C'est un festival d'autant plus sympathique que toute la population de la ville participe bénévolement à la mise en place de ce qui est devenu une manifestation internationale.