Le corail rouge, l'or de Méditerranée

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Le magnifique corail rouge, un Cnidaire à croissance très lente, vit dans des habitats rocheux ombragés en Méditerranée et Atlantique oriental, entre 5 et 700 m de profondeur. Depuis des millénaires, son squelette calcifié est utilisé pour des bijoux, des amulettes et comme médication.

  
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Le corail rouge de Méditerranée est un organisme marin fascinant, capable de susciter des passions, que l'on soit pêcheur corailleur, historien, bijoutier, artiste, simple plongeur ou scientifique.

Le corail rouge apporte une grande richesse esthétique aux grottes provençales. Ici, corail dans la grotte de Riou, en Méditerranée. © J.-G. Harmelin, tous droits réservés, reproduction interdite

Souvent appelé l'or rouge pour son utilisation en bijouterie, le corail rouge est un élément essentiel de la culture méditerranéenne et de sa mythologie. Mais les pouvoirs magiques et thérapeutiques qui lui ont été attribués depuis des millénaires ont eu une aura qui s'est étendue bien au-delà des rivages de la Méditerranée, jusqu'aux confins de l'Asie et de l'Afrique par la voie des grandes caravanes.

Figure 1 : la rutilance des colonies de corail rouge au plafond d'une cavité explose sous la lumière du projecteur. Cassis, 15 m. © J.-G. Harmelin, reproduction et utilisation interdites

Le corail rouge et ses prétendues vertus

La beauté du corail rouge, d'abord exploité sous sa forme minérale en bijouterie, a été révélée dans toute sa splendeur quand l'Homme a pu regarder sous l'eau et éclairer les recoins sombres où il vit (fig. 1).

Le corail rouge est sous le signe de la persistance. Persistance de l'organisme : combien de temps est-il capable de vivre en construisant son squelette solidement attaché à la roche ? Nul ne le sait.

Persistance aussi des utilisations qu'en fait l'Homme depuis des milliers d'années, que ce soit comme amulette pour conjurer le mauvais sort, comme parure prestigieuse, et même comme médicament puisqu'il intervient encore dans des compositions homéopathiques après avoir été vanté par Dioscoride, Galien et Avicenne.

Figure 2 : récolte du corail en plongée libre. Estampe du XVIe siècle avec la première représentation de plongeurs portant des lunettes pour voir sous l'eau. © Reproduction et utilisation interdites

La quête de cet or rouge au cours des temps résume bien l'évolution des techniques nautiques et sous-marines, depuis le pêcheur antique avec sa petite barque à rames, tentant d'arracher à la main quelques branches peu profondes en plongeant nu (fig. 2), jusqu'aux navires actuels, équipés de positionnement géostationnaire, de sondeurs multifaisceaux, de caméras téléguidées, de sous-marins et de système de plongée trimix.

La nature du corail rouge a fait l'objet de débats passionnés entre naturalistes jusqu'au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, il est devenu un sujet particulièrement étudié en Méditerranée, pour mieux en gérer les stocks, mais aussi comme modèle d'organisme à très longue durée de vie, sensible à son environnement et capable d'en enregistrer les variations.