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Connaître la pollution d'une rivière en observant sa faune

Dossier - Les insectes aquatiques indicateurs de pollution
DossierClassé sous :développement durable , insecte , Pollution

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Toute la physionomie d'une rivière est révélatrice de son état de santé. La difficulté survient quand il faut repérer les organismes les plus significatifs d'un état donné. Le Cemagref travaille depuis de nombreuses années dans la recherche bio-indicateurs qui permettraient de poser un véritable diagnostic de pollution. Insectes aquatiques et petits invertébrés seraient de bons candidats

  
DossiersLes insectes aquatiques indicateurs de pollution
 

Depuis 20 ans, le Cemagref a effectué en France des milliers de prélèvements dans des rivières de qualités diverses. Grâce à cela analyses physico-chimiques et recensements des populations d'invertébrés peuvent être mis en corrélation.

C'est ainsi que sur une sélection de 108 échantillons pollués répartis sur la France, les analyses de la qualité physico-chimique des rivières ont révélé 2 grands types de pollution, un type organique et un type mixte à dominance toxique. Plus intégratrice, l'observation de la structure fonctionnelle a permis de séparer 3 types de pollution, un type organique et deux types mixtes à dominance toxique. Cette différence s'explique par la diversité des substances polluantes qui rend impossible une analyse physico-chimique exhaustive de toutes les situations.

Trichoptera sp., to Robinson trap, Søborg, Denmark. © Donald Hober - CC BY-SA 2.0

Une pollution mixte avec dominance toxique semble favoriser le développement de gros organismes. En revanche, une pollution de type organique va être favorable aux organismes de petite taille. Cependant, un troisième groupe d'invertébrés a été différencié dans le cas d'une pollution mixte à dominance toxique. Il est composé d'animaux de grande taille et de taille intermédiaire. Il a plus d'organismes à vie courte que d'organismes à vie longue.

Les caractéristiques biologiques des invertébrés aquatiques semblent donc bien représenter un outil extrêmement intéressant pour établir un diagnostic de pollution, c'est à dire pour la bio-indication. Cette méthode est en effet sensible aux différents types de pollution, et souvent même plus sensible que l'étude uniquement basée sur les espèces, c'est à dire sans tenir compte du rôle que jouent ces espèces dans l'écosystème.

De plus cette approche s'avère robuste face à la variabilité naturelle de la faune en fonction des régions (certaines régions possédant une faune particulière). Ceci signifie qu'elle peut être utilisée dans n'importe quelle région en France. Il n'est pas illusoire d'envisager une extension de son application à d'autres pays. A l'heure de l'harmonisation des réglementations dans l'Union Européenne, cet avantage doit être pris en considération.

Dossier présenté par le Cemagref.
"Institut de recherches pour l'ingenierie de l'agriculture et de l'environnement"