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L’importance de l'eau pour l’Homme et les autres êtres vivants

Dossier - L'eau est-elle encore bleue ?

Pourquoi l'eau nous est-elle nécessaire, à nous autres, humains ? Pourquoi peut-elle être si dangereuse lorsqu'elle est infectée ? Tantôt amie, tantôt ennemie, l'eau est une richesse précieuse. Découvrez ses différentes facettes dans ce dossier.

  
DossiersL'eau est-elle encore bleue ?
 

L'eau est essentielle à notre organisme. Notre corps en a besoin, tout comme c'est le cas de beaucoup d'autres êtres vivants.

L'une des principales exigences de la vie terrestre est l'économie d'eau. Les mammifères ont résolu ce problème grâce à la prodigieuse adaptation de leur rein et à une régulation hormonale.

L'eau est indispensable à notre corps. © Rocksweeper, Shutterstock

Importance de l'eau pour notre corps

L'eau représente 60 % de notre poids, soit 50 litres pour un individu de 70 kg (avec des différences liées au sexe, à l'âge et à la masse grasse). Nos 50.000 milliards de cellules contiennent les deux tiers de l'eau de notre corps. On comprend combien notre organisme en est dépendant.

Au même titre que l'air, l'eau est un élément primordial à la vie. L'eau est aussi le véhicule des éléments figurés du sang, ainsi que celui de certaines sécrétions (larmes, sucs digestifs). Elle est nécessaire au maintien de la température (sudation) et à l'élimination des déchets solubles (urine). On ne peut s'en priver plus de cinq jours. Une perte de 10 à 15 % peut entraîner la mort.

L'eau de notre organisme est répartie dans trois compartiments : l'eau intracellulaire, l'eau extracellulaire et le sang. La quantité doit en rester constante ainsi que sa concentration en ions, essentiellement Na+ et K+.

Boire est essentiel pour l'Homme.

L'entrée en eau dans le corps se fait par :

  • la boisson (1,5 litre/jour)
  • les aliments (0,9 litre/jour)
  • l'eau produite par la combustion des aliments (0,6 litre/jour)
L'eau dans quelques aliments.

La sortie en eau de notre organisme se fait par :

  • la respiration (0,5 l/jour)
  • la perspiration et transpiration : 0,9 l/jour (plus en cas de transpiration due à la chaleur)
  • l'urine (1,5 l/jour)
  • les selles (0,1l/jour)

L'utilisation de l'eau par notre organisme se fait par :

  • la salive : environ 1 litre par jour
  • le suc gastrique : entre 2 et 2,5 litres par jour
  • la bile : 0,5 litre par jour
  • le suc pancréatique : 0,7 litre par jour
  • les sécrétions intestinales : environ 3 litres par jour
  • le sang, qui contient environ 3 à 4 l d'eau.

Le fonctionnement normal du corps conduit à la perte d'environ 2,6 litres par jour. Il convient d'équilibrer ces pertes par des apports équivalents. Les sportifs, du fait de l'augmentation de la transpiration pendant l'effort, perdent davantage d'eau.

Le ravitaillement est une étape importante au cours de la course à pieds.

Effets de la déshydratation

Si la déshydratation est inférieure à 1 %, pas d'effet, performance maximale de l'organisme, si elle atteint 2 %, apparition de la soif, si elle est aux environ de 3 %, soif intense et risque de diminution des fonctions cognitives (vigilance, lucidité), si elle dépasse 5 % difficultés de concentration, maux de tête, diminution de la performance de 20 à 30 % pour les sportifs et si le déficit est plus grand que 6 % il y a danger ! Quand on atteint 10 % c'est le coma puis la mort...

Prenons deux exemples pour illustrer les effets de la déshydratation :

  • La soif des soldats sur les champs de bataille du Pacifique :

Dans le cas d'une sudation intense (ou d'une hémorragie), eau et sels sont perdus en proportions équivalentes. Mais le déficit hydrique engendre une soif intense donc le blessé va boire une bonne quantité d'eau. Mais on n'a pas remplacé le sel, il s'en suit un mouvement d'eau vers l'intérieur des cellules qui engendre, lui, une sensation d'étanchement et le blessé arrête de boire alors même que la transpiration continue et il continue donc de se déshydrater. La faiblesse induite par cet état a fait des ravages dans les troupes américaines du Pacifique lors de la dernière guerre ainsi que dans les troupes allemandes et alliées en Afrique. Les Américains entreprirent donc de donner les fameux cachets de sel aux soldats....

  •  Le marathon de Paris 1983 :

Cette année-là marathon de Paris se dispute en pleine canicule et en plein soleil ! Un grand nombre de concurrents sont atteints de coups de chaleur graves et trois vont en mourir. Depuis le départ des grandes courses est donné vers 16 heures...mais ce n'est pas seulement la chaleur, la transpiration est très abondante pour maintenir la température corporelle en dessous de 40 lors d'une longue course, l'effort faisant monter la température du corps et ceci entraîne une déshydratation d'autant plus importante qu'il fait chaud. La quantité de sueur peut atteindre 2 litres par heure et entraîne avec elle une quantité de sel de 0,5 à 3 gr/L. S'en suivent des crampes, des maux de tête, des vertiges, puis la syncope... Il faut donc un bon entraînement et une hydratation appropriée : eau et sel. S'asperger d'eau permet aussi d'évaporer sans perdre de l'eau. Ces précautions n'ont pas empêché tous les accidents mais en ont considérablement diminué la gravité et la fréquence.

En s'évaporant, la transpiration doit maintenir notre température. Mais ce thermostat naturel ne fonctionne qu'à deux conditions : boire suffisamment pour compenser nos pertes en eau et maintenir la concentration en sels. Sans prise de boisson, la sudation diminue, la température s'élève, le débit cardiaque s'accélère. Il ne faut pas non plus confondre soif et déshydratation.

Deux cas particuliers de personnes dont il faut « surveiller » la quantité d'eau absorbée dans une journée.

Verre d'eau.

L'eau et les personnes âgées

Les personnes âgées ont une capacité limitée à équilibrer leur balance hydrique. La perception de la soif diminue avec l'âge, probablement par perte de la sensibilité des récepteurs. En outre, lorsqu'on leur propose de l'eau, ils en consomment moins que les jeunes. Phénomène aggravant, les du rein sont altérées. Ces modifications sont amplifiées par la coexistence de pathologies liées à l'âge : hypertension artérielle, affections cardiaques ou vasculaires.

Biberon celte en verre, du Ve siècle av. J. C.

L'eau pour les nourrissons et les petits enfants

Leur corps contient jusqu'à 80 % d'eau (nourrissons) les besoins sont les suivants :

  • Nouveau-né : 1ère semaine : 100 ml/kg/j ; 2e semaine : 150 ml/kg/j
  • Nourrisson : de 1 à 6 mois, 90 ml/kg/j ; de 6 à 18 mois : 80 ml/kg/j
  • Enfant de 2 à 5 ans : 70 ml/kg/j ; après 5 ans : 60 ml/kg/j

Chez les enfants les boissons gazeuses sont déconseillées de même que toute autre boisson que de l'eau (thé, tisane non sucré), du lait, des jus de fruits non sucrés. Voici un aperçu de la teneur en sucre de beaucoup de boissons consommées par les jeunes ...et les moins jeunes, ces quantités sont à compter dans la ration calorique journalière... et on les oublie souvent, c'est une des grandes causes d'obésité avec l'excès de graisses. Et ces boissons gazeuses on peut les boire sans avoir soif, ce qu'il est très difficile de faire avec l'eau...

L'hormone antidiurétique (ADH)

Au cours de l'évolution, la vie hors du milieu aquatique a été rendue possible par l'acquisition de mécanismes puissants permettant une économie d'eau, en effet, les poissons ou les algues qui vivent dans l'eau n'ont pas besoin d'en réguler la quantité, pour eux le problème c'est le sel s'ils vivent dans une eau plus salée ou moins salée que leur corps (7 g/l env.).

L'hormone antidiurétique (ADH), appelée aussi vasopressine ou AVP, joue un rôle essentiel dans ces mécanismes en permettant au rein de concentrer les déchets à excréter dans l'urine (volume d'eau faible).

L'ADH, donc, permet de concentrer l'urine en récupérant l'eau. Elle augmente la perméabilité des canaux du rein et permet ainsi la réabsorption osmotique d'eau lorsque ces canaux traversent les régions médullaires rénales dans lesquelles sont accumulés des solutés (principalement sodium et urée) en concentration très supérieure à celles du plasma.

Elle augmente la perméabilité à l'urée de la partie tout à fait terminale des canaux collecteurs, ce qui permet à l'urée de mieux se concentrer et donc d'augmenter la capacité de soustraire de l'eau aux canaux collecteurs.

Elle stimule la réabsorption de sodium dans la partie corticale des canaux collecteurs, ce qui permet de réabsorber plus d'eau à ce niveau (l'eau étant entraînée par le sodium) et donc de réduire le débit de fluide, facilitant ainsi la concentration de l'urine dans cette zone.

L'ADH est sécrétée par la neurohypophyse en fonction de variations de la pression osmotique du plasma perçues au niveau de l'hypothalamus (où certaines cellules jouent le rôle de "osmostat"). Il s'agit d'une régulation sensible, notamment à l'apport hydrique. Le taux habituel d'ADH est de 0,5 à 1 pg/ml et il peut monter à 5 à 8 pg/ml, en cas de déshydratation. L'ADH, comme la plupart des hormones peptidiques (elle est constituée de 9 acides aminés), est dégradée par le foie et le rein.

Contrastant avec une grande variabilité interindividuelle, ces concentrations (ADH, urine) sont très reproductibles chez un même sujet et influencées par des facteurs génétiques.

Chez le nourrisson et le jeune enfant, l'ingestion d'eau est associée à l'ingestion de nutriments dans des proportions que l'enfant ne peut contrôler. Plus tard, les entrées d'eau et d'aliments sont indépendantes l'une de l'autre, même si elles peuvent être associées au cours des repas. Souvent, on ne pense pas à boire entre les repas.

L'ADH, hormone antidiurétique, ou vasopressine, a pour rôles essentiels :

  • économie d'eau en concentrant l'urine au niveau des canaux collecteurs du rein,
  • stimulation de la réabsorption de sodium, 
  • augmentation de la réabsorption d'eau,
  • diminution du débit de fluide médullaire rénal,
  • augmentation de la perméabilité à l'urée,
  • augmentation de l'osmolalité médullaire,
  • capacité de soustraire de l'eau au canal collecteur.

L'eau en bouteille

La consommation d'eau en bouteille augmente en moyenne de 12 % par an, en dépit de prix excessivement élevés, jusqu'à 1.000 fois plus, par rapport à ceux de l'eau du robinet. Pourquoi buvons-nous de l'eau en bouteille ? L'eau en bouteille, qu'est-ce que c'est ? Est-elle meilleure que l'eau du robinet ?

Au sein de l'industrie de l'alimentation et des boissons, le secteur des eaux en bouteille est le plus dynamique : la consommation dans le monde augmente, en moyenne, de 12 % par an. Le marché mondial des eaux en bouteille représente un volume annuel de 89 milliards de litres, soit un montant estimé à 22 milliards de dollars US.

Alors que l'eau en bouteille est prélevée auprès de sources protégées (à 75 % dans des formations aquifères et des sources souterraines), l'eau du robinet provient principalement des lacs et des cours d'eau. La consommation mondiale annuelle moyenne d'eau en bouteille s'élève à 15 litres par personne. Les habitants d'Europe occidentale, 107 litres par personne et par an, qui sont les principaux consommateurs, absorbent près de la moitié des eaux en bouteille du monde.

Bouteilles d'eau.

Quels sont les types principaux d'eaux en bouteille ?

Voir aussi à ce sujet Quelle est la différence entre eau de source et eau minérale ?

Eau souterraine protégée contre les risques de pollution, caractérisée par un niveau constant de minéraux et d'oligo-éléments. Cette eau ne peut pas être traitée et aucun minéral ou élément exogène, tels que des arômes ou additifs, ne peut lui être ajouté.

  • Eau de source :

Eau provenant d'une formation souterraine et s'écoulant naturellement à la surface de la terre. L'eau de source ne peut être captée qu'à la source ou par l'intermédiaire d'un sondage pratiqué dans la formation souterraine qui alimente la source. Des eaux recueillies auprès de différentes sources peuvent être commercialisées sous une même marque.

  • Eau purifiée :

Eau souterraine ou de surface traitée pour s'adapter à la consommation humaine. Seuls la façon dont elle est distribuée (dans des bouteilles) et son prix élevé la différencient de l'eau du robinet.

  • Eau gazeuse :

Eau traitée à laquelle on ajoute parfois du CO2 afin qu'elle présente la même teneur en gaz carbonique que lors du captage à la source (ne pas confondre avec les sodas)

L'eau du robinet peut être contaminée par des agents chimiques, microbiens et physiques, mais elle est contrôlée en continu. Certains facteurs peuvent être plus aisément contrôlés dans l'eau en bouteille que dans les systèmes de distribution par canalisations et des normes plus strictes peuvent être appliquées. Néanmoins, certaines substances peuvent s'avérer plus difficiles à gérer dans l'eau en bouteille que dans l'eau du robinet, car l'eau en bouteille est stockée plus longtemps et à de plus hautes températures que l'eau distribuée par le biais des canalisations. Certains micro-organismes dont les autorités publiques ne se préoccupent guère ou pas assez pourraient atteindre des niveaux élevés, surtout dès que la bouteille est entamée et « traîne » un certain temps.

Eaux en bouteille : leur impact sur l'environnement

Les bouteilles en plastique sont fabriquées avec du pétrole et du gaz naturel, c'est-à-dire avec des ressources non renouvelables. Pour mettre l'eau en bouteille, nous utilisons chaque année 1,5 million de tonnes de matière plastique. La substance avec laquelle on fabrique les bouteilles d'eau, le polyéthylène téréphthalate (PET), peut être recyclé en dépensant moins d'énergie que pour le verre et l'aluminium, et dégage moins d'émissions toxiques dans l'atmosphère. Mais la majorité des bouteilles en plastique ne sont pas recyclées et s'amoncellent lentement dans toutes les parties du monde. Etant donné que le plastique se décompose très lentement, ces bouteilles feront partie du paysage mondial pendant des centaines d'années.

Un quart des 89 milliards de litres d'eau mis en bouteille chaque année dans le monde est consommé à l'extérieur du pays d'origine. Les émissions de gaz à effet de serre provoquées par le transport des bouteilles d'eau au sein des pays ou d'un pays vers un autre contribuent au problème global du changement climatique.

Les eaux en bouteille ne doivent pas être considérées comme une alternative durable à l'eau du robinet. Elles ne sont pas à l'abri de contaminations périodiques et sont moins écologiques que l'eau du robinet. Cependant, tous les pays ne bénéficient pas d'une eau du robinet salubre. L'accès à une eau pure est un droit fondamental. Mais ce sont les pays riches qui consomment l'eau en bouteille et les pays pauvres qui en auraient besoin !

Filtrer l'eau du robinet

Une autre solution, moins chère et plus écologique, consiste à filtrer l'eau du robinet ! Voir à ce propos Comment filtrer l'eau du robinet ? 

Sécheresse en 2005.

La sécheresse

Les cours d'eau de France représentent une longueur totale de 270.000 km, soit le réseau le plus important d'Europe. Stocks renouvelables, mais pas inépuisables ! 38 % de l'eau potable est puisée dans les eaux de surface : lacs et rivières, mais chaque année des rivières sont asséchées : non seulement c'est une catastrophe écologique régionale mais les pouvoirs locaux s'en moquent !

Certains usagers continuent d'assécher nos rivières voire de les polluer impunément. La Sèvre Niortaise est pratiquement asséchée toutes les années à cause de l'irrigation et l'eau salée remonte dans le cours de la rivière avec des conséquences prévisibles à long terme. Mais les agriculteurs, même s'ils ne représentent que 5 à 10 % de la population se donnent le droit d'assécher les rivières au détriment de l'ensemble de la population qui y puise son eau potable : c'est le comble. (Voir plus haut : paragraphe sur l'agriculture.)

Certains pays ont pris des mesures importantes parce qu'ils ont de grandes régions soumises au stress hydrique, comme les États-Unis, qui ont dressé des cartes de hauteurs d'évaporation par région.

Hauteurs d'évaporation aux États-Unis.

Mais de telles mesures sont chères : l'Afrique et d'autres pays n'en ont pas les moyens et c'est pourtant dans ces pays que la sécheresse est dramatique, il n'est que de mentionner le Sahel, l'Angola (sécheresse et UNITA), la Somalie (sécheresse, sauterelles et guerre) ; la liste est longue...

Voir aussi :

Il est évident que de nombreuses régions du globe soumettent les bassins versants de leurs cours d'eau à un violent stress hydrique, c'est à dire que les prélèvements sont plus importants que les ressources disponibles, et ce peut être dû à différentes raisons comme la surpopulation ou la sécheresse mais aussi, dans les pays tempérés à une consommation déraisonnable de l'eau. On voit qu'en Europe des pays comme l'Espagne, l'Italie, le Benelux commencent à rencontrer de sérieux problèmes de même que les États-Unis.

Carte mondiale du stress hydrique.

Le climat se modifie soit. Ce n'est pas la modification qui est dangereuse mais la rapidité à laquelle elle se manifeste qui porte préjudice aux milieux naturels. Il ne faut pas oublier que dans le passé il y eut toutes sortes de climats. Je rappelle quand même que diminution des réserves d'eau et climat sont deux choses différentes chez nous à cause de la grande consommation.

Il se peut donc que des régions deviennent encore plus sèches qu'elles ne le sont, y compris en France, rapidement, et il serait bon de prendre des mesures pour l'eau déjà maintenant. Or ce n'est pas le cas, il suffit de regarder l'évolution de la culture du maïs, (encore lui !), en France pour s'en convaincre.

Évolution de la culture du maïs en France.

L'industrie française est inquiète de cette consommation excessive d'eau, des éventuels changements climatiques et des sécheresses qui s'en suivent, c'est l'agro-industrie du bois. En effet la forêt est très sensible à la quantité d'eau disponible les arbres faisant un très gros transfert sol-air par l'évapo-transpiration. Voici les différents facteurs en cause :

  • Diminution de l'humidité du sol
  • Régénération moins bonne des espèces peu résistantes
  • Diminution du taux de survie des semis
  • Modifications des périodes de coupe et des moyens mis en œuvre
  • Bois de moins bonne qualité
  • Infestations d'insectes...

Plus quelques aspects liés à l'augmentation probable des incendies de forêts avec des bois plus inflammable, l'apparition d'un plus grand nombre d'arbres malades dont souffrant plus d'un passage, même rapide, de feu etc.

Adaptations à la sécheresse

Voir à ce propos les dossiers suivants :

Au cours des âges, certains animaux ont développé des stratégies de résistance très efficaces.

  • Les adaptations comportementales :

Echapper au milieu qui devient insupportable ! Ils peuvent se percher, comme l'Agame qui stationne sur de gros blocs la journée, ou rester en l'air aux heures chaudes, les vautours, ou encore se réfugier dans des buissons touffus comme la Fauvette, mais le meilleur moyen d'échapper au chaud et au sec est le terrier. Les Gerboises, dont le terrier est profond d'un mètre environ restent ainsi à des températures de 30 degrés avec un taux d'humidité de 70-80 % alors que le sol extérieur atteint 70 ! (Kirmiz, 1962). On imagine facilement l'économie au niveau de la déshydratation...Une dernière modification comportementale consiste à devenir nocturne, en tous cas l'été. Ceci ne vaut que pour les animaux sédentaires, ceux qui migrent naturellement évitent les grosses chaleurs et la sécheresse.

  • Les adaptations morphologiques :

Le pelage court et clair permet de maintenir une température plus basse qu'un pelage foncé (guépard, addax), d'où une diminution de la déshydratation, de même de longues pattes maintiennent éloigné du sol brûlant. Pour les oiseaux, les plumes servent d'isolant thermique et pour les sauriens, qui peuvent rester des heures en plein soleil, les écailles très épaisses forment un « dos étanche » à l'évaporation.

  • Les adaptations physiologiques :

Le seuil critique de perte en eau se situe autour de 15 % chez les mammifères alors que le dromadaire peut, lui, descendre jusqu'à 30% sans dommages irréparables. Il en va de même pour certains rongeurs du désert. Ceci est souvent compensé par une capacité à boire beaucoup quand il y a de l'eau. Une autre possibilité est l'économie d'eau au niveau du rein, avec production d'une urine très concentrée, voire semi-solide chez certains oiseaux (Autruche). Une autre adaptation est l'augmentation de la température corporelle qui, tant qu'elle est supérieure à la température ambiante, permet de ne pas « transpirer ». C'est le cas du dromadaire, des oryx. Et chez certaines antilopes, il existe une circulation avec échangeur de chaleur pour que le cerveau ne chauffe pas trop : un système particulier permet au sang de se « rafraîchir » au niveau de la tête, par échange de chaleur avec le sang « frais » du museau avent d'aller irriguer le cerveau, c'est le cas des gazelles et antilopes...La léthargie est aussi un bon moyen d'échapper au chaud et au sec, au fond de son terrier : le métabolisme réduit consomme peu d'eau, la température du terrier limite l'évaporation... mais il faut faire des réserves (tortues : réserves de graisse).

Adaptation au manque d'eau : dromadaire, oryx, gangas…

Nous allons terminer par quelques exemples un peu plus détaillés, pas forcément pris dans le désert, il existe aussi chez nous des conditions particulières qui nécessitent des adaptations au manque d'eau.

  • Le dromadaire :

Les chameaux et dromadaires ont des bosses en graisse.Ils utilisent cette graisse comme énergie mais la combustion de graisse produit 1,1, g d'eau par gramme de graisse consommée contre 0,3 g seulement pour la combustion du sucre. Il y a donc là, pour ces animaux, un avantage hydrique incontestable. En plus leurs longues pattes (caractéristique commune à beaucoup d'animaux du désert) leur permettent d'avoir le corps loin du sable chaud (70 degrés !), ceci diminue la transpiration nécessaire au maintien de la température qu'ils peuvent avoir plus élevée que nous, jusqu'à 40 sans soucis !

  • L'oryx (4 espèces) et les addax :
Oryx.

Ils peuvent ne pas boire du tout si nécessaire. En effet leur rein est très performant et les tubercules qu'ils peuvent manger suffisent à maintenir leur bilan hydrique pendant une certaine durée.

  • Les Gangas (16 espèces) :
Gangas.

Oiseau du désert, niche à même le sol (de 48 à 70 degrés !). Les poussins se mettent à l'ombre de leurs parents. Leur nourriture composée de graines très pauvre en eau (une autre adaptation à la sécheresse !) les obligent à boire. Les parents, en très grands groupes, sécurité oblige au point d'eau, effectuent de longs voyages, jusqu'à 70 km, pour trouver une mare, même saumâtre, et attendent de longs moments que tout danger soit écarté. Ces oiseaux peuvent boire une eau assez salée, ils disposent d'une glande excrétrice de sel (voir pétrel ci-dessous). Ils boivent très vite et trempent leur ventre dans l'eau. Les plumes de celui-ci sont capables d'absorber jusqu'à 25 ml d'eau pour les mâles. Puis ils rentrent au nid. Les plumes contiennent encore environ 10 ml d'eau après un voyage de 80 km ce qui suffit pour les petits qui « tètent » les plumes ventrales de leurs parents !

  • Les Fulmars :
Fulmar boréal et détail du bec © C. Konïg

Ils possèdent une glande et un canal sur le bec qui leur permet d'excréter (processus physiologique actif) le sel excédentaire puisqu'ils ne boivent que de l'eau salée à 35 g/l alors que l'eau du corps est à 7g/l. Ils restent, en effet 11 à 12 mois par an en mer, mais se sont adaptés à cette hypertonie de l'eau salée.

  • Les Anostracés :

Ce sont des Crustacés très particuliers de nos mares temporaires. Ce sont des branchiopodes, donc des animaux aquatiques possédant plusieurs paires de pattes aplaties qui leur servent à la fois à nager, à se nourrir et à respirer. Ces mares temporaires peuvent être des ornières ou des prés inondés, même profonds de quelques mètres, le seul impératif est que le milieu soit complètement asséché régulièrement. Ce sont des espèces en péril parce que leurs biotopes disparaissent à cause de l'assèchement définitif des milieux par les agriculteurs, populiculteurs ou promoteurs, ces mares n'ayant aucun intérêt économique.

Les œufs peuvent rester plusieurs mois ou années dans une épaisse coquille hérissée de pointes et assez dure pour résister aux agressions mécaniques qui peuvent survenir et aussi contre les agressions chimiques : ils peuvent résister au transit intestinal d'un canard ! Le développement embryonnaire y est très réduit, les conditions pourraient être fatales à un embryon bien développé. Cette coquille prévient donc le dessèchement qui peut être de longue durée mais n'est pas forcément nécessaire à l'éclosion.

  • Le stade larvaire I : si la température descend (30 jours à 4° par ex.) l'enveloppe de la larve étant sensible au stimuli d'éclosion, induit une modification de la pression osmotique qui permet la rupture de la coque. En effet ces œufs pouvant résister à des très basses températures, même à la congélation, la présence de glycérol peut intervenir dans la modification de la pression osmotique en cas d'humidité. Ce stade existe toujours mais il peut être très bref.

  • Le développement du stade larvaire II dépend du taux d'oxygène et de la salinité (si la salinité diminue, il y a plus d'eau libre !)

  • La croissance : plus l'organisme est jeune plus il grandit vite mais quand l'individu doit investir dans la reproduction elle s'arrête. Le temps de croissance est ainsi plus court si la température est élevée, à cause des risques d'assèchement, ceci signifie que les anostracés peuvent avoir une taille variable à leur maturité sexuelle. La quantité de nourriture modifie peu ou pas le taux de reproduction : il faut pondre beaucoup, quelles que soient les circonstances... il y a de nombreux prédateurs d'une part (notonectes, dytiques...) et l'assèchement peut survenir brusquement.
Anostracés.
  • Les escargots de nos régions :

Ils montent sur les murs ou sur les tiges pour se protéger du chaud. S'il fait vraiment sec, ils se construisent un opercule destiné à fermer la coquille de manière étanche à la vapeur d'eau mais pas à l'air (!) maintenant ainsi leur milieu intérieur constant dans des conditions relativement extrêmes.

Escargot.
Balane fermée.

Les balanes de nos côtes ont une méthode radicale pour se protéger de la sécheresse temporaire (quelques heures au plus), elles font ventouses sur leur rocher et il est bien difficile de les en déloger ! Mais quand la mer revient, leur coquille formée de plusieurs parties pouvant coulisser les unes sur les autres s'ouvre...

Balane ouverte.