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Yukon : splendeur du grand nord canadien

Dossier - Le dernier trappeur
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Norman Winther est l'un des derniers trappeurs à entretenir avec les majestueuses Montagnes Rocheuses une relation d'échange fondée sur une profonde connaissance du milieu et un grand respect des équilibres naturels.

  
DossiersLe dernier trappeur
 

Grandeur des paysages naturels, splendeur des espaces vierges, lacs immenses, glaciers majestueux, sommets enneigés, sans oublier un passé exceptionnel, font du Yukon un territoire plein de belles surprises.

En 1896, sur le bord d'un ruisseau non loin de la rivière Klondike, un cri s'éleva : "de l'or, de l'or". La découverte d'un filon aurifère à Bonanza Creek déclencha ainsi la plus grande ruée vers l'or de tous les temps.

Whitehorse, devenue la capitale du Yukon en 1953, n'était alors qu'une halte sur le long périple qui menait les chercheurs de Skagway en Alaska, jusqu'au gisement situé près de Dawson City au nord du Yukon. Les transports maritimes et ferroviaires construits à cette époque, firent de Whitehorse la plus grande ville du nord canadien.

La capitale se souvient encore de son heure de gloire ; un authentique bateau à aube a été restauré et les bars de la ville ont recréé l'atmosphère du siècle dernier avec spectacles de vaudeville, chansons folkloriques et danseuses de French cancan. Et il ne faut pas quitter Whitehorse sans voir le Canyon Miles où les chercheurs d'or devaient s'arrêter pour contourner les rapides sur le fleuve. Mais c'est la petite ville de Dawson qui fut le cœur du Klondike. Modeste poste de traite situé dans une plaine au confluent de la rivière Klondike et du fleuve Yukon, elle compta, au plus fort de la ruée vers l'or (1898-1899), une population évaluée entre 20 000 et 30 000 habitants vivant dans des tentes ou des cabanes en rondins. Capitale du territoire du Yukon jusqu'en 1953, elle fut désignée 30 "ville du patrimoine canadien" en 1960. Aujourd'hui, grâce à la rénovation des maisons et lieux publics, elle donne toujours l'impression d'une localité née à la fin des années 1890. En parcourant les rues de la ville qui ne sont toujours pas goudronnées, c'est toute l'histoire de la ruée vers l'or que l'on peut revivre à travers les nombreux sites historiques. C'est là également qu'est reconstituée la cabane de l'écrivain Jack London où l'on donne des lectures de son œuvre. Et les alentours recèlent aussi de témoignages de cette époque (drague à coque en bois, anciennes concessions...)

Mais la richesse du Yukon, c'est surtout son environnement naturel. Le territoire est traversé par un ensemble de montagnes et de vallées et c'est dans le parc national de Kluane, site inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco, que se trouve le Mont Logan, sommet le plus haut du Canada, ainsi que le plus grand champ de glace non polaire au monde.

De nombreux itinéraires et routes aux noms mythiques permettent de parcourir les différentes régions du Yukon. Par exemple, la Route Klondike, la Route Alaska, la Route du Sommet du Monde qui suivent la crête des montagnes offrant ainsi des vues imprenables sur l'immensité de la région, ou encore la Route Dempster qui commence à 40 km au nord de Dawson, passe par le Cercle polaire pour arriver 740km plus loin à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest. En été, Yukonnais et visiteurs peuvent profiter des 4 480 km2 d'eaux douces du Territoire pour s'adonner à la pêche, au kayak, au canot ou encore au rafting.

Et que diriez-vous d'une partie de golf à 11 heures du soir ou d'une partie de pêche à minuit ? C'est possible durant la période estivale où il fait jour presque 24 heures sur 24 grâce au soleil de minuit, phénomène typique de l'été boréal yukonnais. Chaque hiver, dans cette immensité sauvage, les activités de plein air, que ce soit la motoneige, la raquette, le ski de fond, la pêche sous la glace, les randonnées en chiens de traîneau, sont l'occasion de vivre une aventure nordique authentique. La saison hivernale est aussi l'occasion d'assister à un phénomène naturel plus spectaculaire que n'importe quel feu d'artifice.

En effet, lorsque les nuits sont claires, les aurores boréales illuminent le ciel du Yukon de leurs jeux de lumière ondoyants. Le Yukon est l'une des dernières frontières où l'on peut observer la faune dans son habitat naturel. Grizzlis, ours noirs, orignal, chèvres de montagnes, caribous, mouflons font partie du paysage et l'on compte aussi 254 espèces d'oiseaux et 38 espèces de poissons. Quant à la flore, elle se divise en deux catégories, subarctique et alpine. Le Yukon comprend plusieurs écosystèmes dont la toundra et la forêt boréale. Enfin, le Yukon abrite plusieurs cultures qui, de par leurs coutumes et traditions uniques, donnent au Grand nord canadien, une diversité qui fait son charme. Les peuples autochtones (Premières Nations) représentent le quart de la population du Yukon qui compte aussi une communauté francophone très dynamique.

Carte d'identite du Yukon

Le Yukon fait partie des 3 territoires et 10 provinces qui constituent le Canada. Le Yukon, situé au nord-ouest du Canada, est limité au sud par la Colombie-Britannique, à l'ouest par l'Alaska, à l'est par les Territoires du Nord-Ouest et au nord par la mer de Beaufort. Le Yukon s'étend sur 483 450 km2 et possède un réseau routier de plus de 4700 kilomètres qui le relie à l'Alaska, aux Territoires du Nord- Ouest, au sud du Canada et aux Etats-Unis. Le Yukon bénéficie aussi d'un accès par voie maritime grâce au port commercial de Skagway (Alaska) qui est aussi la destination privilégiée des paquebots de croisière. Whitehorse, la capitale, a un aéroport international où atterrissent des vols directs en provenance d'Europe (Allemagne).

Comment se rendre au Yukon ?

vols Paris-Whitehorse via Vancouver (Colombie-Britannique) vols Paris-Whitehorse via Francfort

Quels sont les voyagistes proposant des séjours au Yukon ?

Allibert, Comptoir du Canada, Grand Nord Grand Large, DHD Laïka, Aiskep, JetSet, La Route des Voyages, Nouvelles Frontières, Tourmonde, Vacances Fabuleuses, Voyageurs au Canada

Comment obtenir de la documentation touristique sur le Yukon ?

Commission canadienne du tourisme
TSA 30043
75804 Paris Cedex 08

Quelques instants privilégiés

Travailler sur ce film fut un rêve de gosse, un de ceux qui vous poursuivent tard dans la vie. Le Grand Nord n'est pas un pays, c'est une atmosphère, des lumières, des silences... le grand dehors. Il y a les premières rencontres avec Norman et Alex, les entendre ne rien dire, étirer les secondes avec eux pour finalement perdre toute
notion du temps. ...Ou Nicolas nous a emmené plus au Nord, au-delà du cercle polaire, au pays où semble t-il on a inventé le froid, où les jours s'appellent la nuit et les saisons l'hiver !

Copyright Eric Travers / Gamma

À son tour la nuit nous servira de toile de fond à un des plus merveilleux spectacles naturels qui soit, les Aurores boréales. Personne dans l'équipe n'oubliera cette nuit fantastique où les aurores dansaient au milieu des étoiles, où les loups à leur tour s'invitaient au spectacle avec des hurlements à déchirer les nuits les plus obscures.

Nous étions là, témoins d'un rêve qui était devenu réalité...

Mais cela, beaucoup d'autres l'avaient vécu, le projet de Nicolas était de le mettre en image !

Copyright Eric Travers / Gamma

Et là, le froid intense, la nuit polaire, le blizzard, devenaient autant de problèmes techniques, aucune caméra n'avait été préparée à endurer de telles conditions de tournage...pas plus que nous, mais nous ne le disions pas trop fort ! Plusieurs mois de préparation ont été nécessaires pour mettre au point le matériel de prise de vue. Nous avions à disposition un frigo que l'on pouvait programmer pour des températures de -55° ! Tout a été repensé, les optiques, les corps de caméra, les batteries et même le temps d'adaptation de nos pellicules...il fallait simplement s'habituer à passer de 20° à -55° le temps d'une ouverture de porte. Nous avions pensé à tout ce qui était fragile mais nous avions un peu oublié la machinerie...notre chef électro a dû faire preuve d'ingéniosité pour lutter contre le froid et nous sortir de ce mauvais pas. Quand je l'ai vu prendre le chalumeau pour dégeler le travelling, j'ai pris toute la mesure de ce que nous vivions. Pour Nicolas le froid était un personnage, deux hivers durant, nous avons essayé de l'apprivoiser. Tout était lourd, laborieux, la mise en place d'un plan prenait souvent des heures et au final nous nous retrouvions avec une seule prise (à cause des traces dans la neige...), sans parler des lumières qui jouaient avec nos raccords et nos nerfs.

Copyright Eric Travers / Gamma

...L'instant de la prise de vue sous marine (celle où Norman passe à travers la glace...), que l'on avait imaginé bien au chaud dans un bureau, arriva ! Plus de questions à se poser, il fallait enfiler la combinaison de plongée et se jeter à l'eau. À l'extérieur, le thermomètre affichait - 4O°, l'eau était beaucoup plus chaude, elle se situait autour de 0° ! Un peu plus tard... Tout arrive, un matin la température de notre petit paradis descendit à -52°, nous étions au nord du cercle polaire, le programme de la semaine était le tournage du pré-générique. Nous ne pouvions repousser les prises de vue et pour être franc, cela faisait des mois que nous courions après le grand froid, que nous rêvions de mettre à l'épreuve ces drôles d'engins...et nous. Stéphane Paillard (le premier assistant caméra), refaisait tous les gestes si souvent répétés dans le frigo de Montréal, la caméra avait besoin de chauffer lentement, à son rythme...ce qui nous rendait un peu philosophe et surtout inquiet. Mais elle ne nous lâcha jamais et fit ce qu'on attendait d'elle, c'est-à-dire tourner régulièrement à 24 images/seconde. Il y a des jours où l'on aime ce métier. Ce fut le cas quand les plans furent dans la boîte ; je peux dire que je crois bien qu'à cet instant, je l'adorais... Thierry Machado, directeur de la photographie

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MC4 Production a été créée en 1986 et a produit depuis près de 800 documentaires. La plupart de ceux-ci ont un rapport avec la nature, l'environnement, la découverte. Nos tournages se déroulent partout dans le monde, souvent dans des conditions extrêmes. Notre première rencontre avec Nicolas Vanier remonte à 1989, lorsque il préparait "Transsibérie", sa grande expédition en Sibérie pendant 18 mois. Une série de 5 fois 26' avait été réalisée pour USHUAÏA et un long métrage "Au Nord de l'Hiver" était sorti dans les salles de cinéma. Quelques années après ce fut "L'Odyssée Blanche" avec la traversée du Canada d'Ouest en Est avec son attelage de chiens. Un documentaire de 90' avait été réalisé pour France 3. "Le Dernier Trappeur" est né au cours de ce tournage au Canada. La rencontre, par hasard, avec Norman un vrai trappeur a été déterminante pour Nicolas. C'était d'une certaine manière le personnage qu'il recherchait depuis longtemps pour partager son "Grand Nord". Lorsqu'il m'en a parlé j'ai tout de suite eu envie d'adapter cette rencontre pour le cinéma. Pour le spectacle bien sûr et pour donner à cette histoire d'amour entre l'homme et la nature le plus de retentissement possible.

Les réactions positives à ce projet hors norme ont été immédiates. Le film s'est monté en quelques semaines. Trois rendez-vous seulement ont été nécessaires pour convaincre TF1, l'ONF au Canada, Pandora en Allemagne, Mikado en Italie et JMH en Suisse. Cet engagement ne s'est pas démenti depuis 2 ans puisque de nombreux acheteurs étrangers, grâce à TF1 International, se sont portés acquéreurs du film avant sa finition.

Tourner un film dans ces conditions, (parfois - 50°), nécessitait une équipe technique "hors du commun". Elle fut constituée assez facilement grâce au très fort vivier français de techniciens spécialisés dans le documentaire télé ou le cinéma. Il faut ici leur rendre hommage car ils en ont "bavé". Jean-Pierre Bailly