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Protection des stomates par des repliements de la feuille

Dossier - Adaptations des plantes aux climats secs
DossierClassé sous :climatologie , botanique , Eau

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Les plantes terrestres sont confrontées à un milieu desséchant. Elles ont développé, dans les milieux et les climats les plus secs, des adaptations morphologiques et physiologiques pour limiter leurs pertes en eau.

  
DossiersAdaptations des plantes aux climats secs
 

L'oyat (Psamma arenaria) vit sur des sols sableux en bord de mer. Grâce à ses rhizomes, cette plante colonise ces milieux très secs et est utilisée pour stabiliser les dunes de sable.

Figure 16. Colonisation d'une dune par des oyats sur les dunes du Touquet. © DEZALB CCO
Figure 17. Détail du feuillage d'oyat. © Biologie et Multimedia

Le feuillage de l'oyat est très résistant à la sécheresse. Les feuilles ont une forme de tube qui peut s'ouvrir ou se refermer longitudinalement en fonction du degré hygrométrique de l'atmosphère comme le montre l'expérience suivante.

Figure 18. Mouvement des feuilles d'oyat en fonction de l'humidité de l'air. Des tronçons de feuilles sèches (à gauche) sont aspergés par de la vapeur d'eau. Les tubes formés par les feuilles s'ouvrent en quelques minutes. © Biologie et Multimedia
Figure 19. Mouvement des feuilles d'oyat en fonction de l'humidité de l'air. La même expérience est réalisée au microscope sur une coupe transversale de feuille. La feuille en forme de tube fermé en atmosphère sèche (à gauche) s'ouvre et prend la forme d'une lame aplatie en atmosphère humide (à droite). Noter que toute la surface interne est couvert de poils. © Biologie et Multimedia
Figure 20. Détail d'une coupe anatomique transversale de feuille d'oyat. © Biologie et Multimedia

La surface externe est recouverte d'une cuticule épaisse (colorée en orange sur la photographie). Les tissus colorés en vert, situés sous cette surface sont lignifiés et hydrophobes. Les tissus de la face interne colorés en rose sont cellulosiques et hydrophilesLes faisceaux conducteurs se trouvent au centre de chaque côte. Entre chaque côte, on distingue quelques grosses cellules à paroi cellulosiques, les cellules bulliformes.

Figure 21. Cellules bulliformes situées entre deux côtes. © Biologie et Multimedia

La feuille d'oyat se comporte comme un bilame. C'est la différence de comportement des cellules internes et des cellules externes vis à vis de l'eau qui explique les mouvements de la feuille. Les cellules internes (et particulièrement les cellules bulliformes qui font office de charnières) se gonflent d'eau ou se rétrécissent et provoquent l'ouverture ou la fermeture.

Les stomates sont essentiellement situés dans l'épiderme de la face interne.

Figure 22. Epiderme interne. On distingue deux stomates constitués chacun des deux cellules de garde entourées de deux cellules compagnes. © Biologie et Multimedia

Par temps humide, quand la feuille est ouverte, les stomates sont en contact avec l'atmosphère externe. Par temps sec, quand la feuille est repliée, les stomates se trouvent protégés dans une atmosphère interne à l'abri du vent.

Seule la surface externe recouverte par la cuticule est en contact avec l'atmosphère déssechante. Dans les deux cas, la plante peut exercer sa fonction photosynthétique en limitant sa transpiration.