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Un label qualité pour les fruits et légumes, c'est possible ?

Dossier - Les secrets des fruits et légumes
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Les fruits et légumes font partie intégrante de notre alimentation. Alors que notre consommation est en dessous des recommandations des nutritionnistes, comment peut-on nous redonner l'eau à la bouche, tout en préservant notre environnement ?

  
DossiersLes secrets des fruits et légumes
 

Les labels permettent de certifier la qualité de certains produits, mais les fruits et légumes n'en possèdent pas. Ils pourraient pourtant permettre d'augmenter leur attractivité pour les consommateurs. Quelles sont les problématiques posées par la création d'un label pour les fruits et légumes ?

Les fruits et les légumes indispensables à notre alimentation. © LustrousTaiwan - Domaine public
Difficile d'établir un label pour les fruits et légumes ! © pcinpact

L'efficacité des labels n'est plus à prouver : selon une étude du Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), 55 % des consommateurs font confiance aux produits labélisés en pensant y trouver une certification de qualité et disent les acheter malgré un prix souvent supérieur. Pour les fruits et légumes, des certifications existent : un étiquetage assurant que le produit est issu de l'agriculture biologique (AB) ou des labels assurant de la région de production.

Malgré ces signes, la « qualité » telle que l'entend le consommateur n'est pas toujours au rendez-vous. Les consommateurs veulent manger des produits qui ont du goût, mais ils veulent aussi que ce qu'ils mangent soit bon pour leur santé, et que l'environnement soit préservé. Pourquoi alors ne pas créer un « label qualité » qui engloberait tous ces critères ?

Critères de définition d'un label commun. © Inra

Label goût

Il est déjà difficile d'assurer qu'un fruit ou qu'un légume est « bon ». Si les qualités organoleptiques d'un fruit peuvent être mesurées scientifiquement en toute objectivité, le ressenti et l'appréciation des consommateurs varient en fonction des goûts de chacun ! Certains préfèrent les tomates croquantes, d'autres fondantes. Certains aiment retrouver un goût prononcé, d'autres non. Rendre alors objectif par l'apposition d'un « label goût » des critères qui sont subjectifs n'est pas chose aisée.

Label santé

Les qualités nutritives d'un fruit sont déjà plus faciles à objectiver. Sauf exception, tout le monde recherche plus ou moins les mêmes atouts santé (vitamine C, fibres, antioxydants, teneur en fer...). Pourtant, là encore certaines variables viennent contrecarrer l'apparition d'un « label santé ». En effet, les fruits et légumes sont des aliments, mais appartiennent avant tout au monde du vivant. Bien que les variétés soient précautionneusement sélectionnées, et que chaque arbre possède approximativement le même patrimoine génétique, une certaine variabilité ne peut être évitée. L'environnement façonne la maturation des fruits et légumes, que ce soit la terre dans laquelle ils poussent, l'intensité du rayonnement du soleil, la température, des paramètres souvent incontrôlables. D'un producteur à l'autre, voire sur un même arbre, tous les fruits n'ont donc pas la même qualité nutritionnelle, même s'ils sont de la même variété !

Label environnement

Le coût carbone est peut-être plus objectif, mais diffère lui aussi d'un producteur à l'autre. Il est clair qu'une production en serre chauffée est certainement moins consommatrice en énergie qu'une production en terre. Cependant, deux serres chauffées, dans lesquelles les conditions de production sont standardisées ne sont toutefois pas forcément équivalentes : si l'une est localisée dans une région au climat rude, les besoins énergétiques pour atteindre une même température ne sont pas les mêmes qu'une serre située dans une région au climat plus doux.

Le circuit de distribution est aussi un paramètre à prendre en compte pour estimer le coût carbone d'un produit par rapport à un autre. Comment apposer un « label environnement » sans connaître au préalable son point de chute ?

Types de label

Si tous ces critères pouvaient devenir objectifs, d'autres questions seraient encore à prendre en compte. Faut-il imposer un standard de qualité minimum qui contraindrait tous les fruits et légumes d'une même espèce à avoir cette qualité, sans quoi la vente serait interdite ? Faut-il préférer apposer un « label qualité » sur une gamme supérieure et qui serait aussi plus onéreuse ? Faut-il créer des labels différents pour chaque critère ? Avec la multiplication des labels, comment en créer un compréhensible, clair et qui incite la majorité des consommateurs à acheter et manger des fruits et légumes ?