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Le singe-araignée, ou atèle de Geoffroy (Ateles geoffroyi)

Dossier - Expédition dans les jungles d'Amérique
DossierClassé sous :botanique , biodiversité , forêt humide

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Partez à la découverte des forêts tropicales et de leur biodiversité. Des conseils pour réussir son voyage initiatique au pays de la nature luxuriante, pour savoir comment photographier dans cet environnement, et des fiches de présentation de certains animaux emblématiques.

  
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Les atèles, aussi appelés singes-araignées, sont des singes endémiques au Nouveau Monde et sont les plus grands primates d'Amérique. Inféodés aux forêts tropicales, et tout particulièrement à la canopée (étage sommital), ils se sont adaptés à la vie arboricole et ne descendent jamais au sol : pour les observer, il faudra donc lever la tête, regarder à trente ou quarante mètres du sol et lutter face aux contre-jours.

Jeune singe-araignée de Geoffroy. © Maky Orel, Pixabay, DP
Le singe-araignée, ou atèle de Geoffroy (Ateles geoffroyi). © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR

Les atèles se différencient en plusieurs espèces et sous-espèces regroupées sous le terme générique de « singe-araignée » (atèle aux mains noires ou atèle de Geoffroy, atèle à ventre blanc, atèle à tête brune, etc.).

Le singe-araignée, un singe à 8 pattes ?

Presque... S'ils ont hérité de ce surnom, c'est à cause de leur longue queue préhensile qu'ils utilisent habilement comme un membre à part entière, donnant l'impression d'une cinquième patte. Capable de retenir tout le poids de l'animal, cette queue est sans cesse entourée autour d'une branche et agit comme une sécurité supplémentaire : dépourvue de poils sur le dernier tiers de la face inférieure, elle garantit une bonne adhérence. Cette morphologie les distingue très nettement des gibbons d'Asie dont la queue est inexistante.

Le singe-araignée, ou atèle de Geoffroy (Ateles geoffroyi). © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR

Caractéristiques étonnantes des atèles

Ces primates acrobates se déplacent par brachiation, suspendus aux branches grâce à leurs mains qu'ils utilisent comme des crochets. Le pouce n'intervenant pas dans ce mode de locomotion, il a tout simplement disparu au fil de l'évolution chez l'atèle, ne laissant, en apparence, que 4 doigts à ses mains... Le pouce opposable si caractéristique des primates n'est donc pas partagé par les atèles.

Autre adaptation étonnante : les femelles se reconnaissent par la présence d'un long clitoris hypertrophié, laissant croire que l'on est en présence d'un mâle... elles l'utiliseraient pour semer des odeurs...

Le singe-araignée, ou atèle de Geoffroy (Ateles geoffroyi). © Sylvain Lefebvre et Marie-Anne Bertin, DR

Régime alimentaire des atèles

Les atèles sont principalement frugivores et c'est en laissant tomber des graines au sol qu'ils participent au renouvellement de la forêt. Ils complètent leur alimentation par de jeunes pousses et plus rarement par des insectes ou des écorces humides.

Les atèles sont aujourd'hui menacés par la disparition de leur habitat (classés en annexe 1 de la Cites) : ne vous y trompez pas en observant un groupe de 20 à 40 individus !