Planète

Manchot royal

DéfinitionClassé sous :zoologie , oiseau , piscivore
Photo de manchots royaux. © Samuel Blanc, CCA-SA 3.0 Unported license

Manchot royal (Miller 1778) - Aptenodytes patagonicus

  • Ordre : Sphenisciformes
  • Famille : Sphenicidae
  • Genre : Aptenodytes
  • Taille : 0,85 à 0,95 mètre (longueur des ailerons 35 cm et longueur du bec 12 à 15 cm)
  • Poids : 12 à 14 kg
  • Longévité : 20 à 25 ans

Statut de conservation UICN : LC préoccupation mineure

Description de manchot royal

Le manchot royal est un oiseau de taille moyenne qui évolue en position verticale. Le corps est fuselé et hydrodynamique, parfaitement adapté à la nage. La partie dorsale est gris argenté ou ardoise, le ventre blanc et la tête, ainsi que les joues, le cou et la partie supérieure du bec sont noirs également. Ce dernier est long et fin. La mandibule inférieure présente une teinte orangée. Une tache orangée en forme de goutte s'étend depuis les oreilles pour s'amincir en une mince bande sur le cou et s'étale sur la poitrine. Les ailerons sont devenus des nageoires longues, plates et rigides qui lui servent à se diriger sous l'eau. Les pattes semi-palmées sont courtes, larges et noires.

Manchots royaux aux îles Falklands. © Ben Tubby, CC-by-2.0

Habitat du manchot royal

Le manchot royal est présent dans toute la zone subantarctique entre les 45° et 58° parallèles sud. Les plus importantes populations de la sous-espèceAptenodytes patagonica halli sont présentes dans les îles des archipels de Crozet et de Kerguelen dans le secteur subantarctique de l'océan Indien. Mais on trouve également dans les îles Malouines, de Géorgie du Sud, la sous-espèce Aptenodytes patagonica patagonica.

Colonie ou rookerie en Georgie du Sud. © Pismire, GNU FDL Version 1.2

Comportement du manchot royal

Le manchot royal est totalement aptère et se déplace à pied sur le sol ferme et la glace. Dans l'eau c'est un nageur émérite. Grégaire et sédentaire, il vit en colonies importantes ou rookeries sur les plages et les moraines. Il se nourrit en mer et, grâce à la structure particulière de son plumage qui lui assure une imperméabilisation et une isolation thermique efficaces, il est capable de supporter des températures extrêmes. Il mue régulièrement pour conserver l'intégrité de cette étanchéité. Il plonge entre 70 et 200 mètres de profondeur pour chercher sa nourriture. Dans l'eau, ses principaux prédateurs sont l'orque, le léopard des mers et l'otarie à crinière. Sur terre, les menaces pèsent sur les jeunes qui sont menacés par les pétrels géants et les skuas, qui tentent d'isoler leur proie. Pour se défendre, les manchots se serrent les uns contre les autres et font bloc. Les conditions climatiques extrêmes auxquels sont soumis les oiseaux, contribuent également à une importante mortalité. Et parfois, c'est la maladresse des parents qui, en laissant tomber l'œuf au sol, empêche son incubation. Et il arrive qu'un des parents (voire les deux) ne revienne pas de son long périple en mer.

Manchots sortant de l'eau. © Ben Tubby, CC-by-2.0

Reproduction du manchot royal

Après avoir reconstitué en mer ses réserves de graisse, le manchot royal revient dans sa colonie pour s'y reproduire. Il utilise préférentiellement des terrains plats et dénudés à fond sableux. Les parades et les accouplements se succèdent pendant près de trois semaines dans une cacophonie de cris qui permettent la reconnaissance entre les individus. Le manchot royal ne fabrique pas de nid. La femelle pond un œuf unique qu'elle dépose sur ses pattes afin qu'il ne touche pas le sol. Un repli de peau du ventre permet de le recouvrir et de lui conserver une température optimale pour l'incubation. Après quelques heures, la femelle transmet l'œuf au mâle qui prend le relais pour conserver l'œuf au chaud. Les oiseaux alternent ainsi l'incubation tous les six à dix-huit jours, afin de permettre à l'un et à l'autre d'aller se nourrir en mer. Ce manège dure 55 jours jusqu'à la naissance du poussin. Celui-ci reste encore sur les pieds de ses parents de 30 à 40 jours jusqu'à ce que le système d'autorégularisation thermique et que le plumage se soient mis en place. Les parents partent à la pêche à tour de rôle pendant deux à trois semaines, et conservent le poisson dans leur estomac sans le digérer pour le régurgiter au jeune à leur retour. Les parents gavent littéralement leur rejeton afin qu'il se constitue une réserve de graisse qui lui sauvera la vie.

Manchot royal juvénile. © Pismire, GNU FDL Version 1.2

Lorsque les jeunes sont suffisamment autonomes, les parents les regroupent en crèches pour réduire les risques liés aux prédateurs et au froid. Faute de ressources alimentaires entre mai et septembre, les adultes sont contraints de s'aventurer à plus de 2.000 km en direction du sud à la limite de la banquise antarctique. Il peut donc se passer plusieurs mois durant lesquels les poussins devront se passer de nourriture. Les jeunes nés tôt en saison, sont capables de supporter plus de quatre mois de jeûne, tandis que les plus jeunes ne pourront survivre à l'hiver car les parents ne regagneront la rookerie qu'au printemps suivant. Le jeune effectuera alors sa première mue et prendra la mer pour la première fois. Il ne reviendra pour se reproduire que lorsqu'il aura atteint l'âge de trois ans. Le cycle de reproduction du manchot royal est très complexe car il a lieu tous les seize mois. 

Manchots royaux adultes et juvéniles. © Ben Tubby, CC-by-2.0

Régime alimentaire du manchot royal

Le manchot royal se nourrit essentiellement de poissons-lanternes de la famille des Mycophidae qui se trouvent vers 145 mètres de fond, au niveau de la thermocline, et de calmars. Mais il mange également des petits crustacés comme les crevettes et le krill, ainsi que du plancton.

Manchots royaux. © Ben Tubby, CC-by-2.0

Menaces sur le manchot royal 

Selon une étude de 2007 menée conjointement par le CNRS et l'Ipev dans l'archipel Crozet, les manchots royaux pourraient disparaître en raison du réchauffement des eaux de l'océan Antarctique, à cause du réchauffement climatique. Pour s'alimenter en mer, l'oiseau part rejoindre la convergence antarctique qui constitue la zone de rencontre entre les eaux subantarctiques froides et les eaux polaires glacées, durant l'été de l'hémisphère sud. Auparavant ce front se situait à 400 km des colonies, or il est passé à 600 km, ce qui oblige les manchots à parcourir de plus longues distances avec comme conséquence une fréquence de nourrissage des jeunes moins régulière et moins importante. Cet état de fait entraîne une mortalité juvénile importante.

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