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Cistude d'Europe

DéfinitionClassé sous :zoologie , tortue , carapace
Dans sa niche écologique, la cistude d'Europe souffre de la concurrence de la tortue de Floride, avec laquelle on la confond fréquemment. © Flickr, tim ellis, cc by nc 2.0

Cistude d’Europe (Linnaeus, 1758) – Emys orbicularis

  • Ordre : Testudines
  • Sous-ordre : Cryptodira
  • Famille : Emydidae
  • Sous-famille : Emydinae
  • Genre : Emys
  • Taille : 14 à 20 cm
  • Poids : 450 à 800 g
  • Longévité : 45 à 50 ans

Statut de conservation UICN : NT, quasi menacée

Description de la cistude d’Europe

Également surnommée torture des marais ou tortue boueuse, la cistude d'Europe possède une carapace presque plate, ovale, bombée comme un galet plat. Bien que l'on distingue bien les diverses écailles vertébrales, costales et marginales, la dossière, généralement noirâtre et ornée de taches et de rayures jaunes, est lisse. Le plastron est jaunâtre, ponctué par des taches marron sur la bordure. La peau sombre est constellée de points jaunes. Chez les femelles, la queue peut atteindre en longueur celle de la carapace. Les pattes légèrement palmées sont munies de griffes qui lui permettent de creuser le sol. 

Cistude d'Europe. La queue des femelles peut être aussi longue que la carapace. © Flickr, HermannFalkner, sokol, cc by nc sa 2.0

Habitat de la cistude d’Europe

La cistude d'Europe, dont il existe huit sous-espèces, ne se trouve que dans les milieux marécageux au sol boueux et aux eaux dormantes ou au cours lent, tels que les bras morts de rivière, les étangs ou les tourbières, ensoleillés et riches en végétaux aquatiques. Elle est habituellement palustre, mais elle peut également fréquenter les eaux saumâtres. On la rencontre dans presque toute l'Europe sauf dans la partie la plus nordique, ainsi qu'au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, jusqu'à un maximum de 600 mètres d'altitude.

Cistudes d'Europe dans leur milieu naturel. Elle peut vivre jusqu’à 600 mètres d’altitude. © Flickr, anabis, cc by 2.0

Comportement de la tortue d’Europe

La cistude adore prendre des bains de soleil sur les rives, les pierres plates ou les troncs immergés à plat. Très farouche, elle se réfugie dans l'eau à la moindre suspicion de danger, et peut y rester un long moment. C'est une nageuse habile qui hiberne d'octobre à mars. Pour ce faire, elle s'enfouit dans la boue à proximité de la rive. Elle est active de mars à septembre. Si la cistude adulte a peu de prédateurs (loutres et certains rapaces), les jeunes sont la proie de petits viverridés (belette, martre, etc.), d'échassiers et de corvidés.

Sous-espèce de cistude ukrainienne. Ces tortues apprécient particulièrement les bains de soleil. © Flickr, phenolog, cc by nc sa 2.0

Reproduction de la cistude d’Europe

L'accouplement de la cistude d'Europe se déroule sous l'eau. Après une gestation de deux mois, la femelle pond de 4 à 12 œufs dans un nid creusé dans un sol meuble à proximité du plan d'eau. L'éclosion a lieu en septembre à la fin de l'été. Les jeunes mesurent 25 mm à la naissance et pèsent 3,5 grammes en moyenne. Leur sexe est déterminé par la température interne du nid. La cistude atteint la maturité sexuelle entre 6 et 8 ans, selon qu'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. 

Cistudes d'Europe sur un tronc mort. Les femelles peuvent pondre entre 4 et 12 œufs chaque année. © Flickr, Roberto Verzo, cc by 2.0

Régime alimentaire de la cistude d’Europe

La cistude d'Europe est considérée comme l'éboueur des zones humides, car elle se nourrit partiellement de charognes, et principalement des poissons morts. Mais elle mange également des mollusques, des crustacés, des insectes aquatiques et des vers.

Tortue boueuse au Kazakhstan. Les cistudes d’Europe se nourrissent notamment de poisson mort. © Flickr, Sergey Yeliseev, cc by nc nd 2.0

Menaces sur la cistude d’Europe

La cistude d'Europe est principalement menacée par la disparition des zones humides consécutive au drainage, les endiguements qui fractionnent les territoires et qui empêchent l'animal de se rendre d'un endroit à l'autre, l'entretien mécanique des fossés et canaux, la pollution et la concurrence d'espèces exotiques introduites dans leur milieu naturel, telle la tortue de Floride. La situation des populations françaises est préoccupante.