Planète

Béluga

DéfinitionClassé sous :zoologie , cétacé , marsouin
Photo d'un béluga. © Stan Shebs, GNU FDL Version 1.2

Béluga (Pallas 1776) - Delphinapterus leucas

  • Ordre Cetacea
  • Sous-ordreOdontoceti
  • Famille Monodontidae
  • Genre Delphinapterus
  • Taille : 5,00 à 6,00 mètres
  • Poids : 1.000 à 1.500 kg
  • Longévité : 35 à 50 ans

Statut de conservation UICN : NT quasi menacé

Description du béluga

Également appelé canari des mers ou marsouin blanc, le béluga possède un corps cylindrique totalement blanc ou blanc grisé, qui s'effile vers le museau et la queue. L'aileron dorsal est atrophié en forme de crête et la zone frontale de la tête adopte une forme de bulbe ou melon. Il abrite le sonar servant à l'écholocation. Sa nageoire caudale est large et incurvée, tandis que ses pectorales sont développées et en forme de quadrilatère. Les vertèbres du cou ne sont pas fusionnées, ce qui permet au cétacé de tourner la tête latéralement. 

Béluga. © Stan Shebs, GNU FDL Version 1.2

Habitat du béluga

On trouve le béluga dans les eaux circumpolaires arctiques et subarctiques entre le 50e et le 80e parallèle nord en Norvège, au Groenland, au Canada, aux États-Unis et en Russie. Une population isolée depuis plusieurs millénaires vit dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent et dans le golfe du Saguenay au Québec. D'autres populations fréquentent le delta du fleuve Amour, les abords des îles Chantar et Sakhaline dans la mer d'Okhotsk. Ses plongées le mènent jusqu'à des profondeurs de près de 300 mètres.

Béluga se dressant hors de l'eau. © Robyn Angliss, NOAA, domaine public

Comportement du béluga

Le béluga est d'une nature sociable. Les mâles peuvent former des regroupements de plusieurs centaines d'individus du même âge, tandis que les mères et leurs veaux (nom donné aux jeunes) se réunissent en groupes plus petits. Lorsqu'ils pénètrent dans les estuaires, ils peuvent se compter par milliers. Ces regroupements représentent alors une forte proportion des populations mondiales de cétacés, qui les rendent vulnérables à la chasse. Le béluga possède une gamme d'une cinquantaine de vocalisations allant du sifflement, au claquement, au cliquètement ou au tintement. Il est capable de gonfler le bulbe de sa tête en insufflant de l'air dans les sinus.

Béluga dans la rivière Churchill. © Ansgar Walk, CCA-SA 3.0 Unported license

Les deux principaux prédateurs du cétacé sont les orques et les ours blancs. Le cétacé possède la particularité de nager à reculons et de « cracher » sur les autres baleines. Il semblerait que cette caractéristique soit due au fait que le cétacé souffle sur le sable du fond de la mer pour récupérer les crustacés. Les plongées peuvent durer une vingtaine de minutes. Lorsque les glaces se forment, le béluga s'éloigne vers le large pour ne pas se retrouver prisonnier. Il se déplace au fur et à mesure de la progression de la banquise et profite des polynies et des vastes zones de mer libre pour respirer. Lorsque le cétacé est pris sous la glace, il est capable de localiser les couches de moindre épaisseur, qu'il est alors en mesure de briser à l'aide de son crâne. Les femelles, les veaux et les jeunes mâles préfèrent rester proches des côtes dans des eaux non gelées pour éviter les packs de glace sur lesquels rôdent les ours.

Bélugas. © Ansgar Walk, CCA-SA 3.0 Unported license

Reproduction du béluga

La période de reproduction a généralement lieu entre février et mai. Les femelles donnent naissance à un veau une fois tous les trois ans. La gestation dure entre douze et quatorze mois et demi. Dans l'Arctique canadien, les jeunes naissent entre mars et septembre, en baie d'Hudson, la pointe des vêlages à lieu fin juin, et dans la baie Cumberland, les naissances s'étalent entre juillet et août. Les nouveau-nés dont la peau est grise mesurent 1,80 mètre et pèsent 80 kg. Ils restent dépendant de leur mère pendant deux ans. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle au bout de cinq ans, et les mâles seulement après huit ans.

Régime alimentaire du béluga

Le cétacé nage lentement et se nourrit essentiellement de poissons. Mais il mange également des céphalopodes comme les pieuvres et les calmars, et des crustacés. Les plongées alimentaires durent de trois à cinq minutes en moyenne.

Béluga en aquarium. © Carquinyol from Badalona, Catalunya, CCA-SA 2.0 Generic license

Menaces sur le béluga

Les populations sont globalement estimées à une centaine de milliers d'individus dont l'essentiel des groupes évolue en mer de Beaufort (environ 40.000), dans la baie d'Hudson (environ 25.000), dans la mer de Behring (environ 18.000), dans les eaux arctiques canadiennes (environ 28.000), et dans l'estuaire du Saint-Laurent (entre 500 et 1.000). Les groupes du secteur russe ne sont pas comptabilisés et la plus grande inquiétude règne à leur propos.

Leurs trajets migratoires étant prévisibles, le béluga a longtemps été victime de la chasse, qui parmi certaines populations autochtones se poursuit mais uniquement pour les besoins alimentaires. La chasse traditionnelle se poursuit dans certaines zones et met en péril la survie de certains groupes. Considéré comme espèce sentinelle, le béluga est également victime de la pollution humaine. En effet, les carcasses de cétacés découverts dans le Fleuve Saint-Laurent et son estuaire sont traités tels des déchets toxiques, du fait de la saturation de leurs organes en PCB ou en POP. Le système immunitaire des cétacés ne peut lutter contre ces intoxications et 27 % d'entre eux meurent de cancers. Les bélugas évoluant dans les eaux libres des océans sont menacés par les déchets industriels tels que le pétrole et le gaz.

Un moratoire international sur la chasse commerciale les protège, mais cette dernière est malgré tout autorisée dans certaines parties de son aire de distribution

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