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Fourmilier

DéfinitionClassé sous :animaux , tamanoir , déforestation
 
Bien que ses dents soient réduites à leur plus simple expression, il arrive que le fourmilier géant mange des plantes. © Anagoria, Wikipédia, GNU 1.2

Appartenant comme les tatous et les paresseux au superordre des xénarthres, les fourmiliers comptent parmi les plus anciens mammifères terrestres. À l'instar de leurs cousins, ils possèdent également une vertèbre supplémentaire, dite « xénarthrole ».

Appartenant au sous-ordre des Vermilingua, les fourmiliers sont répartis en deux familles :

  • les Cyclopedidae, qui incluent le genre Cyplopes ;
  • les Myrmecophagidae, qui regroupent les genres Myrmecophaga et Tamandua.

Description du fourmilier

La taille et le coloris du pelage du fourmilier varient selon les espèces. Le plus grand représentant de la famille mesure 60 cm au garrot pour 1,20 m de longueur sans la queue, qui est au moins aussi longue, et le plus petit a la taille d'un grand chat. Ils se caractérisent par leur museau long et conique, qui fait penser à une petite trompe, et leur longue langue imprégnée d'une substance gluante qui leur permet de capturer les insectes dont ils se nourrissent. L'extrémité du museau est munie de deux lèvres minuscules. Ce sont les seuls membres des xénarthres à ne pas posséder de dents. Ils ont de petits yeux et des oreilles à peine plus grandes et rondes. La queue est généralement longue, et également préhensile chez les espèces arboricoles. Les pattes sont terminées par des mains comportant cinq doigts équipés de griffes dont la troisième est très acérée. Elles servent au fouissage et à l'éventration des termitières. La longueur de leurs griffes oblige les fourmiliers à marcher en prenant appui sur les articulations des doigts à la manière des grands primates, ou sur l'extérieur des pattes pour les espèces arboricoles.

Habitat du fourmilier

Le fourmilier est réparti sur l'ensemble du continent sud-américain, depuis le Mexique jusqu'au nord de l'Argentine, mais les populations ne sont pas très importantes. Il fréquente aussi bien les savanes xériques et les berges humides des cours d'eau que la forêt primaire dense de faible altitude. Bien que le dessinateur Hergé fasse apparaître un grand tamanoir dans un album de Tintin (Le Temple du Soleil) dans lequel l'animal réveille le capitaine Haddock en le léchant (car il est couvert de fourmis), il semble qu'il soit absent de la façade orientale de la cordillère des Andes, car il ne fréquente pas les forêts d'altitude. Les espèces arboricoles, par contre, sont observées jusqu'à 1.600 mètres.

Comportement du fourmilier

Le comportement varie selon l'espèce. Le tamanoir, qui est le plus grand représentant de la famille, est diurne et terrestre, tandis que les autres sont arboricoles et nocturnes. C'est un animal solitaire qui passe son temps entre la recherche de nourriture et le repos. Il dort entre 14 et 16 heures par jour. La taille de son territoire varie selon le milieu. Il faut 25 km2 en zone de savane au grand tamanoir, tandis que 3 km2 en secteur de forêt dense suffiront aux espèces arboricoles. C'est un animal silencieux qui communique à l'aide de glandes olfactives. Son long museau est équipé de capteurs ultrasensibles qui lui confèrent un odorat exceptionnel. Il est par contre très myope. C'est un animal au métabolisme lent et dont la température interne est inférieure à celle des autres mammifères.

Reproduction du fourmilier

Les naissances ont lieu toute l'année, mais le fourmilier a un faible taux de reproduction. La femelle ne met au monde qu'un seul jeune tous les ans ou tous les deux ans au terme d'une gestation variant de 130 à 190 jours selon l'espèce. Le jeune ressemble assez peu à l'adulte pendant la première année, durant laquelle il reste agrippé sur le dos de sa mère, sauf pour téter.

Régime alimentaire du fourmilier

Le fourmilier se nourrit presque exclusivement de fourmis et de termites, qu'il déloge de leurs nids ou des termitières en les éventrant à l'aide de ses puissantes griffes. Il les capture ensuite à l'aide de sa langue, que sa salive enrobe d'une substance gluante. Le fourmilier n'écume pas la fourmilière ou la termitière qu'il exploite. Il n'ingère qu'une faible quantité d'hyménoptères à chaque fois et passe au garde-manger suivant pour poursuivre son repas. Il arpente ainsi sans cesse son domaine vital. Ce comportement laisse à penser que l'animal ne surexploite pas les ressources alimentaires dont il dispose, laissant ainsi à la fourmilière le temps de se reconstituer, mais il est probable également qu'il se méfie des jets d'acide formique de certaines espèces ainsi que de leur vindicte. En effet, même géant, un fourmilier n'attaquera jamais de fourmis du genre Eciton (fourmis légionnaires) sous peine d'être mis en pièces.

Menaces sur le fourmilier

Le statut de conservation est différent selon l'espèce. Bien que leur préservation soit dépendante du maintien des zones boisées — mais la déforestation galopante risque de les rattraper —, les petits fourmiliers arboricoles sont moins menacés que le grand tamanoir, qui est classé vulnérable. Le faible taux de reproduction de cette espèce n'incite pas à l'optimisme. C'est pourquoi de nombreux centres de reproduction en réserves protégées voient le jour.

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