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En vidéo : Koshik, l’éléphant d’Asie parlant un peu coréen !

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Après Noc le béluga et Snowball le cacatoès, le monde va désormais enfin connaître Koshik le pachyderme. Leur point commun ? Ils peuvent tous les trois imiter la voix humaine. Un éléphant d'Asie aurait en effet appris quelques mots de coréen durant son enfance pour se rapprocher des humains. Il doit notamment utiliser sa trompe pour se faire comprendre, mais comment ?

Angela Stoeger et Daniel Mietchen sont au chevet de Koshik pour enregistrer ses vocalises. Les expériences ont été menées en octobre 2010. Près 320 imitations vocales ont alors été enregistrées. © Stoeger et al. 2012, Current Biology

Certains perroquets, au grand dam du capitaine Haddock ne supportant plus les « allô-ô-ô-ô j'écoute », peuvent imiter la voix humaine. Des analyses réalisées sur des dizaines de films montrant des animaux dansant ont souligné une autre caractéristique étonnante : ces oiseaux savent bouger en rythme.

Ainsi, la danse et la capacité d'imiter des voix seraient intimement liées. Petit détail, un éléphant d'Asie a également été vu en train de bouger en phase avec la durée des notes d'un morceau musical ! Les pachydermes seraient-ils des imitateurs vocaux ?  


L'éléphant Koshik répète les mots coréens prononcés par son soigneur. Il parle lorsqu'il a sa trompe en bouche. © Stoeger et al. 2012, Current Biology

Plusieurs indices le laisseraient penser. En 2005, un éléphant d’Afrique a été observé au Kenya tandis qu'il produisait des sons de camion. Au Kazakhstan, un congénère asiatique aurait quant à lui prononcé quelques mots en russe et en kazakh, mais sans que cela ne soit validé scientifiquement. Le doute vient cependant d'être levé à la suite de la publication d'une nouvelle étude dans la revue Current Biology.

Koshik, un pachyderme mâle élevé au zoo d'Everland à Séoul prononce en effet plusieurs mots couramment utilisés par son soigneur en coréen. Ses imitations seraient même excellentes et le mécanisme exploité par l'éléphant pour produire ses émissions sonores est étonnant. Petit indice, l'animal utilise sa trompe....

Un éléphant parlant avec la trompe en bouche

À noter que Koshik ne connaîtrait pas la signification des 5 mots qu'il peut prononcer, à savoir « annyong » (bonjour), « anja » (assis), « aniya » (non), « nuo » (reste couché) et « choah » (bien). Angela Stoeger, de l'université de Vienne, a effectué de minutieuses analyses sonores. La hauteur, le timbre et l'intensité des sons correspondraient ainsi à ceux employés par un humain prononçant les mêmes mots. Les fréquences fondamentales ont également été reproduites avec une grande précision. Pour preuve, des enregistrements de Koshik ont été diffusés à des Coréens qui ont facilement pu écrire les mots qu'ils entendaient. 

Cet éléphant d’Asie Elephas maximus peut donc imiter la voix humaine, mais comment fait-il ? En effet, l'appareil vocal est particulièrement long et présente un larynx large, ce qui permet d'ailleurs à l'animal de produire des infrasons. De plus, les pachydermes possèdent une trompe et non des lèvres comme nous. Qu'à cela ne tienne, Koshik a appris à moduler ses émissions sonores en mettant sa trompe dans la bouche ! Il modifie ainsi la forme de son organe vocal.

L'explication de ce comportement serait à rechercher dans son enfance. Koshik aurait en effet passé 5 années seul dans le zoo. Il ne fréquentait donc que des humains durant un âge crucial pour son développement et sa socialisation. En adaptant ses capacités vocales, l'éléphant aurait souhaité, d'après le chercheur, renforcer les liens sociaux l'unissant aux Hommes l'entourant. 

Voici moins de deux semaines, une autre étude a montré que Noc, un béluga captif, avait lui aussi essayé de communiquer avec nous en imitant notre voix. Nos compagnons mammifères seraient-ils complexés face aux prouesses vocales des perroquets ?