Planète

Le singe sans nez, alias rhinopithèque de Stryker, enfin photographié !

ActualitéClassé sous :zoologie , rhinopithèque , Rhinopithecus strykeri

Enfin, le rhinopithèque de Stryker a été pris en photo ! Découverte en 2010, cette espèce n'avait jamais été photographiée vivante. Les Birmans habitant l'extrême nord du pays la connaissent pourtant, notamment grâce à son absence de nez, mais une photo manquait à sa description. Problème résolu grâce aux photographes de trois associations.

En 2010, dans la région du Mékong, 208 espèces ont été découvertes, dont le rhinopythèque de Stryker. © FFI/Banca/PRCF

Il y a quelques mois, fin 2010, une nouvelle espèce de primate était découverte dans le Myanmar (ex-Birmanie) : un singe ayant la particularité de ne pas avoir de nez. Il s'agit de Rhinopithecus strykeri et jusqu'à présent, l'animal n'avait encore jamais été photographié, les quelques illustrations que l'on possédait n'étant en fait que des images reconstituées.

Mais c'est désormais chose faite grâce aux appareils photos à capteur de mouvement d'une équipe composée de membres de la FFI (Fauna & Flora International), de la Banca (Biodiversity and nature conservation association) et de la PRCF (People resources and conservation foundation).

Le rhinopithèque de Stryker photographié pour la première fois

Ces naturalistes ont déposé quatre appareils photo dans les forêts des massifs montagneux de l'état de Kachin, qui se trouve à l'extrême nord du Myanmar, tout près de la frontière chinoise et du Mékong. Et c'est par le dernier que des clichés ont été réalisés en réponse à un mouvement, en l'occurrence celui de Rhinopithecus strykeri.

Le rhinopithèque de Stryker dans les forêts du nord-est du Myanmar. © FFI/banca/PRCF

C'est la première fois que des individus vivants sont photographiés. C'est à partir d'un cadavre mâle retrouvé à proximité de la frontière chinoise en mars 2010 que Ngwe Lwin et ses collègues avaient réalisé le protologue de l’espèce. Les images avaient ensuite été retravaillées pour retirer les bras humains qui tenaient le corps au moment de la photo, afin de lui donner une allure de vivant.

Déjà menacé par les chasseurs

Les images capturées par les caméras ne sont pas les plus artistiques que le monde de la biologie ait connues et elles ont davantage l'aspect de clichés volés, tout droit sortis d'un magasine people. Elles ne sont pas cadrées et plutôt floues. Mais les caractéristiques physiques de l'animal sont assez distinctes. On note ainsi très clairement l'absence de nez de ces primates, ce qui est particulièrement gênant quand il pleut, provoquant des éternuements intempestifs.

L'exploit des photographes est d'autant plus notable qu'à peine découvert, le rhinopithèque de Stryker est déjà menacé par la réduction de son habitat et par la chasse. Les premiers spécimens décrits avaient d'ailleurs été victimes de chasseurs peu scrupuleux. L'an dernier, on estimait qu'il existait entre 260 et 330 individus vivant sur environ 270 km² de forêt...