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Parc de Yellowstone : nouvelle bactérie chlorophylienne découverte

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Les 889 000 hectares du Parc national de Yellowstone n'abritent pas que des végétaux exceptionnels et un grand nombre d'animaux. L'espèce nouvelle qui vient d'y être découverte est minuscule, puisqu'il s'agit d'une bactérie, mais elle s'avère d'importance !

Source chaude (ici à 78°C) dans le parc de Yellowstone. Crédit image inconnu.

Une des caractéristiques exceptionnelles de ce parc, le plus ancien du genre dans le monde et inauguré en 1872, sont ses multiples geysers et sources d'eau chaude. Il renferme d'ailleurs les deux tiers de ces fontaines bouillantes naturelles... Et ce sont dans ces eaux proches du point d'ébullition qu'une équipe de scientifiques dirigée par le professeur en microbiologie David M. Ward, de l'université d'état du Montana, vient de découvrir Candidatus Chloracidobacterium (cab.) thermophilum, une bactérie jusque là inconnue qui appartient à un phylum découvert lui aussi récemment, celui des acidobacteria.

Ce n'est pas la première fois que les mêmes lieux nous livrent des merveilles... Ainsi en 1969, Thermus aquaticus, une autre bactérie thermophile était mise au jour avec une conséquence inattendue. Son ADN polymérase, la Taq polymérase, est maintenant largement utilisée pour ses propriétés très particulières de thermorésistance dans le cadre de tests biologiques, le PCR ou réaction en chaîne par polymérase. Elle s'est ainsi très largement implantée dans les laboratoires de biologie du monde entier.

Cab. Thermophilum n'est que la troisième bactérie chlorophyllienne découverte en un siècle. Sur 25 groupes, seuls 5 d'entre eux comportent des espèces capables de réaliser la photosynthèse, et produisent la moitié de l'oxygène présent dans l'atmosphère. Elle se développe à la surface des nappes microbiennes, à proximité immédiate des cyanobactéries ou des algues bleu-vert, en présence d'oxygène et de lumière et dans une température de 50 à 66°C.

Sa détection s'est avérée particulièrement complexe car, impossible à cultiver, elle n'est pas observable directement. Pour cela une nouvelle méthode a été utilisée, la métagénomique, qui consiste à prélever des échantillons aqueux contenant plusieurs microbes puis à en extraire tout l'ADN. Celui-ci est ensuite séquencé et reconstitué sous forme de génome.

Les scientifiques accordent beaucoup d'importance à cette découverte, car la physiologie des acidobacteria est encore très mal connue et leur culture, ainsi que leur maintien en vie hors de leur milieu naturel, problématique.