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Dossier : fourmis, à la découverte d'un monde étonnant

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Découvrez le dossier Fourmi : les secrets de la fourmilière. Apparues il y a environ 120 millions d'années, les fourmis occupent une place de choix parmi les insectes qui ont atteint la perfection sociale. Découvrez, au cœur de la fourmilière, leur étonnante organisation.

Entrez dans la fourmilière ! © DR

 

Apparues il y a environ 120 millions d'années, les fourmis occupent une place de choix parmi les insectes qui ont atteint la perfection sociale, c'est-à-dire l'eusociabilité. Plongez au cœur de la fourmilière.

 

Le nombre des insectes est prodigieux. Environ 900.000 espèces ont été décrites et classées. Et l'on estime que des millions d'autres sont encore à découvrir, en particulier dans la canopée des forêts tropicales. Puisque environ 1,9 million d'espèces animales ont été décrites, cela signifie que la moitié des animaux peuplant le Globe sont des insectes. La plupart sont des individus solitaires, vivant à la manière des sauterelles ou des papillons. C'est-à-dire que chaque individu vit isolément, cherchant individuellement son alimentation.

 

Quelles sont les caractéristiques morphologiques des fourmis ? Leur silhouette est plutôt stéréotypée, si bien que tout le monde identifie une fourmi au premier coup d'œil. Mais il existe des différences selon les sous-familles.

 

Ce que nous appelons couramment « les fourmis » telles que nous les voyons courir sur le sol, sont toutes des femelles, qui vivent en société matriarcale. Dans le nid, elles sont organisées en deux castes. Les fourmis présentent un polymorphisme qui permet de différencier ces castes : les reines et les ouvrières.

 

Une caractéristique fondamentale des sociétés de fourmis est l'existence d'une division du travail qui ne s'arrête pas à la fonction reproductrice. Les ouvrières elles-mêmes accomplissent des tâches particulières. La division du travail se fait soit par un polymorphisme déterminant, soit par l'âge.

 

La naissance d'une nouvelle société de fourmis est un processus complexe qui a subi de fortes pressions de l'évolution et présente de nombreuses variantes. On peut toutefois prendre pour modèle les espèces ne possédant qu'une seule reine fonctionnelle (au départ, la gyne) que l'on qualifie d'espèces monogynes.

 

Chez les fourmis, le déterminisme du sexe est particulier. On rencontre par exemple des pontes issues de parthénogenèses, quand d'autres fourmis naissent d'une reproduction sexuée. 

 

La coopération, qui est une marque des sociétés, implique la circulation d'informations afin que les individus du groupe soient informés en permanence des besoins et des activités de la société. Chez les fourmis, différentes glandes produisent des composés appelés les phéromones.

 

Les fourmis les plus anciennes sont âgées d'environ 120 millions d'années. Les descendants de ces formes ancestrales sont toujours présents. Ce sont des chasseurs redoutables qui capturent de menus insectes au cours de chasses solitaires. Selon les espèces, les stratégies de chasse sont différentes. Les rôles sont répartis et la coopération est de mise.

 

Les espèces à faible effectif comme les Temnothorax de nos régions ont besoin de peu d'espace pour se loger. Elles peuvent se contenter du contenu creux d'un gland de chêne ou occuper une cavité entre deux pierres plates superposées. Quand l'effectif est plus conséquent, elles peuvent creuser le sol pour aménager des loges.

 

Certaines fourmis ont un régime alimentaire fixe, d'autres utilisent la symbiose avec les cochenilles ou les pucerons pour obtenir le miellat dont elles se nourrissent.

 

Le passage des activités de chasse-cueillette à celle de l'agriculture est une transition culturelle majeure dans l'évolution des civilisations humaines. En fixant les populations, elle est à l'origine de l'énorme expansion de la population entraînant à son tour l'altération de l'environnement. Elle s'est produite il y a environ 10.000 ans. Sait-on que l'agriculture a aussi été inventée par les fourmis... il y a 50 millions d'années ?

 

Les relations étroites que les fourmis entretiennent avec des pucerons, des cochenilles ou des champignons, mettent en jeu un mutualisme souvent sophistiqué. Il ne l'est pas moins quand le partenaire est un arbre. Il existe en effet, dans les régions tropicales, des arbres à fourmis ou myrmécophytes qui ne peuvent vivre sans leur hôte à six pattes. Quels bénéfices chaque partenaire tire-t-il de la présence de l'autre ?

 

Que les fourmis pratiquent la chasse, la cueillette, qu'elles pratiquent ou non une symbiose mutualiste, elles sont dans l'obligation de trouver et ramener de la nourriture. Un travail évidemment harassant, coûteux en énergie et dangereux. Il existe une manière de contourner l'obstacle. C'est de faire accomplir ces tâches par autrui. Cette pratique est bien connue de l'espèce humaine : c'est l'esclavagisme.

 

Les fourmis développent deux stratégies d'orientation : la piste chimique à l'aide de phéromones et la mémoire topographique.

 

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la biologie et le comportement des fourmis tant sont nombreuses les solutions que l'évolution a apportées à des problèmes précis.

 

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