L'opération Penguin Watch vous invite à dénombrer les manchots de différentes colonies de l'hémisphère sud, par espèce, photographiées chaque jour depuis plusieurs années. © BMJ, shutterstock.com

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Pour aider la science, comptez les manchots !

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Vous aimez la nature ? Au point de savoir que « penguin » se traduit en français par « manchot » et non par « pingouin » ? D'ailleurs, connaissez-vousun peu d'anglais, ou bien d'espagnol ou de tchèque ? Alors n'hésitez pas, comptez les manchots. L'université d'Oxford a besoin de nous pour assurer un indispensable suivi de différentes colonies sur des centaines de milliers de photos.

L'opération Penguin Watch 2.0 a démarré. Lancé par l'université d'Oxford, ce projet de science citoyenne fait appel à toutes les bonnes volontés pour mener à bien un travail impossible à réaliser par les équipes de zoologistes. Les colonies de manchots de l'hémisphère sud, réparties entre l'Antarctique et de multiples îles, des Malouines aux Kerguelen, sont bien connues, répertoriées et visitées de temps à autre. Mais les conditions d'accès à ces territoires isolés et difficiles interdisent un suivi continu.

Une solution : planter des caméras. Ce qui a été fait. Sur la pointe de la Péninsule antarctique et le chapelet d'îles qui en est le prolongement jusqu'à l'extrémité de l'Amérique du sud, grâce au programme Oceanites inauguré en 1994, des scientifiques ont installé 75 appareils photo qui prennent chacun un cliché par heure et les envoient par radio.

L'implantation des appareils photo surveillant les colonies de manchots. La plupart sont situés sur la Péninsule antarctique (en bas) et les autres sur les îles géologiquement reliées à l'Amérique du sud (dont la pointe est visible en haut à gauche) : les Orcades du Sud, les Sandwich du Sud, la Géorgie du Sud et les Malouines. Les codes couleur indiquent les espèces : Gentoo (Pygoscelis papua, manchot papou), Chinstrap (Pygoscelis antarctica, manchot à jugulaire), Adélie (Pygoscelis adeliae, manchot Adélie), King (Aptenodytes patagonicus, manchot royal) et Rockhopper (gorfous ou manchots à aigrettes). © Penguin Watch

Pour connaître les manchots, il ne faut pas les quitter des yeux

Un suivi méticuleux permet de comprendre comment les colonies de manchots évoluent dans le temps, si elles sont en déclin ou en expansion, si elles sont affectées par des variations du climat ou des activités humaines, etc. Sans connaître les taux et les saisons de reproduction, par exemple, il est impossible de comparer différentes colonies d'une même espèce, ou bien une même colonie à plusieurs années d'intervalle.

Mais la zoologie travaille en général avec des budgets serrés et les centaines de milliers de photos s'accumulent. Il y a trois ans d'images à analyser... D'où cet appel aux citoyens. Tout est expliqué - mais en anglais, en espagnol et en tchèque - sur le site Penguin Watch.

Un cercle orange pour les adultes, vert pour les poussins et jaune pour les œufs à faire glisser sur l'image d'un mouvement de souris : c'est le travail de l'internaute. © Penguin Watch

Un simple comptage à effectuer

En téléchargeant des images, l'internaute s'engage à y compter les adultes, les jeunes et les œufs. Sur chaque photo, il suffit de faire glisser une des trois icônes disponibles. On peut aussi laisser un commentaire, qui restera lié à l'image.

Plusieurs espèces sont à suivre : le manchot royal, le manchot Adélie, le manchot à jugulaire, le manchot papou et les gorfous, ou manchots à aigrettes (qui regroupent deux ou trois espèces). Le geste est simple et les manchots rigolos. Les webcams antarctiques ont eu en leur temps un certain succès sur le Web. Aujourd'hui, ce voyeurisme animalier peut être utile à la science. Why not ?