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Recherche de traces sous-marines de la crue sur le delta du Rhône

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Afin de quantifier l'impact à court terme de la crue centenaire du Rhône qui s'est produite courant novembre 2003, l'Ifremer réalise une opération de cartographie de la partie sous-marine du delta du Rhône (devant l'embouchure du grand Rhône, zone dite "Roustang").

Rejets de sédiments du Rhône vu par satelitte Crédit : http://www.cnrs.fr

Les objectifs essentiels sont de cartographier en 3 dimensions les dépôts récents, sur une zone déjà cartographiée en 2002, avec l'instrumentation géophysique du navire océanographique "Le Suroît" (bathymétrie multi-faisceaux et imagerie sonar avec le sondeur EM1000, sondeur de sédiments) et de réaliser des prélèvements dans la colonne d'eau et les sédiments superficiels.

Cette campagne de reconnaissance (Rhône Flood) cherche à mettre en évidence les changements liés à la crue - dépôt mais aussi érosion - s'il peut être démontré que les chenaux identifiés pour la première fois en 2002, se sont creusés sous l'effet de la crue. Rappelons que des travaux récents (Beaudouin et al., 2003) montrent que le taux de sédimentation moyen dans ce secteur peut atteindre 60cm/an.

Cette opération, d'une durée de 48 heures, est réalisée dans le cadre du projet européen Eurostrataform et du programme "Marges" de l'Ifremer. Pour cela une équipe pluri-disciplinaire a été mise en place, dans les plus brefs délais, avec des scientifiques du Centre Européen de Recherche et d'Enseignement des Géosciences de l'Environnement (CEREGE d'Aix-en-Provence), du CEntre de Formation et de Recherche sur l'Environnement Marin de l'Université de Perpignan (CEFREM) et de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN). Ces travaux sont complémentaires de ceux en cours dans la frange cotière (0-20m), réalisés actuellement par le Cerege.

Le mouillage qui vient d'être effectué par grande profondeur (2000m) au débouché du réseau de canyons sous-marins du golfe du Lion permettra d'enregistrer les apports profonds et d'effectuer des mesures sur le fond (vitesse, turbidité, piège à sédiment). Ces opérations sont effectuées en collaboration avec le NIOZ (Institut Royal des Pays-Bas pour la recherche océanographique).

C'est donc toute une stratégie de suivi des événements sédimentaires dans le golfe du Lion qui est mise en place en coopération inter-organismes impliqués au niveau régional et avec le soutien des programmes européens.