En France, les vaches émettraient chaque année, sous forme de méthane, l’équivalent CO2 de quelque 15 millions de voitures. De quoi contribuer à la hausse des taux de méthane atmosphérique enregistrée par une équipe internationale de chercheurs. © smereka, Shutterstock

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Une hausse inexpliquée du taux de méthane dans l'atmosphère

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Alors que le taux de méthane mesuré dans notre atmosphère avait connu une certaine stabilisation au début des années 2000, une étude publiée le 12 décembre révèle que les concentrations de ce puissant gaz à effet de serre sont reparties à la hausse et plus particulièrement ces deux dernières années.

Au début des années 2000, les concentrations en méthane dans notre atmosphère étaient stables : seulement 0,5 partie par milliard (ppb) et par an. En 2014 et 2015, les taux de méthane dans l'atmosphère terrestre ont brusquement explosé, augmentant de quelque 10 ppb par an ! C'est ce qu'affirme une équipe internationale de chercheurs dans les colonnes de l'Environmental Research Letters.

Comme c'est le cas pour le CO2, et même si une part de mystère plane sur la question, il semble que les activités humaines soient les principales causes responsables de cette augmentation. Ainsi peut-être que la multiplication des sites agricoles tels que les rizières (les sols inondés constituant des environnements propices au développement de bactéries productrices de méthane) et les pâturages, les vaches notamment, en sont à l'origine.

Ce schéma montre les principales sources d’émission de méthane dans l’atmosphère. En orange, celles d'origines anthropiques et en vert, celles d'origines naturelles. L’agriculture et les déchets comptent pour 188 millions de tonnes par an, les énergies fossiles, pour 105, la combustion de biomasse pour 34, les terres humides pour 167 et les autres émissions naturelles, pour 64. Les réactions chimiques qui ont lieu dans l’atmosphère permettent de transformer 515 millions de tonnes de méthane par an et les sols, d’en absorber 33. © Global Carbon Project of Future Earth

Le méthane, un puissant gaz à effet de serre

Rappelons que le méthane - bien que moins présent dans notre atmosphère que le dioxyde de carbone - constitue un puissant gaz à effet de serre. Il affiche un pouvoir réchauffant supérieur à 28 fois celui du CO2 ! Et l'augmentation de sa concentration atmosphérique depuis 2007 pourrait bien mettre en péril les objectifs de limitation du réchauffement climatique à 2°C, préviennent les chercheurs.

Des travaux sont actuellement en cours afin de réduire les émissions de méthane agricole. Par exemple, l'Inra a démontré qu'ajouter de l'huile de lin dans l'alimentation des vaches semble avoir un effet bénéfique et réduire les rejets de méthane par les bovins de 20 %.

Pour en savoir plus

Au début des années 2000, la concentration en méthane stagnait

Article de France-science, paru le 02/12/2003

Après des décennies d'augmentation, le niveau de méthane semble se stabiliser, selon une équipe américano-néerlandaise. Le méthane vient juste derrière le dioxyde de carbone dans la liste des gaz à effet de serre.

Il participe non seulement au réchauffement atmosphérique mais aussi à la formation de l'ozone, responsable du smog dans les centres urbains. Environ 70% de ses émissions proviennent de l'activité humaine, la plupart du temps de l'extraction des carburants fossiles (pétrole) mais aussi des décharges ou encore de l'agriculture (riziculture et élevage bovin).

Les travaux des chercheurs, publiés dans les Geophysical Research Letters, ont mis en évidence, entre 1999 et 2002, un plateau dans l'évolution de la concentration de méthane dans l'atmosphère. Cette stagnation inédite depuis bien longtemps s'expliquerait par le recul des activités d'extraction, notamment en Sibérie, ce qui montrerait l'impact positif que peut avoir une politique volontariste.

Mais l'interprétation des résultats reste difficile. En effet, au contraire du CO2 qui persiste dans l'atmosphère pendant des siècles, le méthane a un cycle de vie relativement court de 8 à 10 ans et son taux de dégradation est fonction de la présence d'autres substances dans l'air, y compris d'autres polluants.

La fonte du pergélisol favorise le réchauffement climatique  Le pergélisol, ou permafrost en anglais, regroupe les sols de notre planète qui sont gelés en permanence. Menacé de fonte définitive par le réchauffement climatique, sa disparition inquiète les scientifiques. Le Cnes nous en dit plus au cours de cette vidéo.