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Une Arche de Noé végétale enfouie dans les glaciers de l'Arctique

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Un souterrain creusé dans les glaciers, sur une île isolée au beau milieu de l'Arctique. Un mètre de béton armé et des grillages afin de protéger ses occupants d'un cataclysme sans précédent ou d'une catastrophe mondiale. Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas de la dernière lubie d'un milliardaire soucieux de son avenir et de sa sécurité, mais d'une chambre forte censée préserver la diversité des espèces végétales peuplant notre planète...

Le premier coup de pioche de la future banque mondiale des ressources génétiques végétales a été donné hier, quelque part en Arctique

Chambre cryogénique pour semences

La construction du complexe a débuté hier, à mille kilomètres du Pôle Nord, dans les îles norvégiennes de Svalbard. Pourquoi avoir choisi un tel lieu ? En raison de l'isolement géographique, qui le protégera à la fois des hommes et des forces de la nature, mais également en raison de la présence d'un pergélisol - une surface gelée en permanence, qui stabilisera la température dans le souterrain en dessous de zéro, même en cas de défaillance du système de réfrigération.

En effet, bien que situé dans une zone où le froid se fait mordant, la température de l'entrepôt sera maintenue à une température de - 18 degrés Celsius, et ce afin de protéger ses occupants. Mais les hôtes qui prendront place dans cette « chambre cryogénique », qui seront-ils ? Trois millions d'échantillons de graines qui seront récoltés dans les 1.400 banques de gènes existant déjà à travers le monde. Ainsi, des semences de pommes de terre, de blé, de céréales seront précautionneusement emballés, avant de prendre place sur les étals de cette "Arche de Noé" végétale.

L'Arche de Noé végétale sera enfouie dans les glaciers des îles de Svalbard (Crédits : IPEV)

Une banque mondiale enfouie sous la glace

Et cette appellation d'Arche de Noé est bien méritée, puisque l'objectif de ce projet lancé conjointement par les autorités norvégiennes et le Fonds Fiduciaire Mondial pour la Diversité des Cultures (FFMDC) est justement de garantir « la survie sur le long terme des cultures vivrières fondamentales », et notamment de les préserver en cas de catastrophes majeures. Les guerres nucléaires, les désastres naturels et les réductions budgétaires figurent notamment sur la liste des "cataclysmes" à même de menacer les ressources génétiques végétales.

La Norvège prend en charge les trois millions d'euros nécessaires à la bonne marche du projet. Le premier coup de pioche a été donné hier, et les premiers occupants de ce bunker polaire devraient arriver en septembre 2007. Cette banque un peu spéciale aura un fonctionnement analogue à celles que nous avons l'habitude de fréquenter : le gouvernement norvégien possèdera les murs, tandis que les pays donateurs conserveront la propriété de leurs échantillons. Le FFMDC, quant à lui, assistera les pays en voie de développement dans la préparation de leurs envois de semences.

En enfouissant une Arche de Noé végétale dans la glace, la Norvège et le FFMDC comptent offrir aux générations futures la possibilité de réimplanter les cultures détruites par des catastrophes de premier ordre. Mais, pour ce faire, ne faudrait-il pas qu'une autre Arche de Noé, humaine celle-ci, soit bâtie ?