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Mort des dinosaures : l'astéroïde serait innocent

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Par Jean-Luc Goudet, Futura

Désigné coupable de la disparition des trois quarts des espèces vivantes terrestres il y a 65 millions d'années, l'énorme astéroïde, dont le cratère d'impact a été retrouvé au Mexique, est peut-être innocent. A l'heure du crime, il était tombé depuis déjà très longtemps.

Mort des dinosaures : l'astéroïde serait innocent

Annoncés lundi et publiés hier, les travaux de chercheurs américains de l'université de Princeton, sous la direction de Gerta Keller, relancent un débat qui n'a cessé de rebondir depuis des décennies : quelle est la cause de l'extinction massive d'espèces survenue il y a 65 millions d'années, à la fin de l'ère secondaire ?

Pour la majorité des scientifiques, la cause était entendue : un astéroïde de grande taille a percuté la Terre, provoquant des effets dévastateurs et éjectant dans l'atmosphère des milliards de tonnes de poussières qui ont assombri et refroidi l'atmosphère pendant des années.
Les traces d'iridium et d'osmium trouvées un peu partout sur la planète dans les couches géologiques correspondant à cette époque et, surtout, la découverte d'un énorme cratère d'impact à Chicxulub, sur la péninsule du Yucatan, au Mexique, daté lui aussi de cette période, avaient solidement ancré cette hypothèse.

Seulement voilà : le cratère, d'après l'étude des scientifiques américains, serait trop vieux. La collision - qui n'est pas remise en cause - aurait eu lieu trois cent mille ans avant l'épisode d'extinction qui fut fatale aux dinosaures.

Si cette conclusion se confirme, elle replacera la plus grande énigme de la paléontologie au cœur du débat scientifique et remettra en selle les autres hypothèses, notamment celle d'une phase d'exceptionnelle activité volcanique. Car il a bien fallu qu'il se passe quelque chose pour que disparaissent brusquement non seulement les dinosaures mais aussi 75 % des espèces vivantes sur la Terre...
Cette extinction massive, la quatrième qu'a connue notre planète, a été cependant sélective : elle a éliminé 45 % des espèces marines vivant en surface, 20 % des espèces vivant en profondeur, 15 % des espèces d'eau douce et 20 % des espèces terrestres (voir notre dossier complet).

L'équipe de Gerta Keller hasarde une hypothèse qui ne résout pas vraiment l'énigme : une succession d'évènements se serait fortuitement déroulée sur une période courte, autres astéroïdes, épisodes volcaniques ou bouleversements climatiques. La balle est maintenant dans le camp des autres scientifiques, qui ne manqueront pas de réagir et traqueront les failles de cette conclusion. La suite au prochain épisode...

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