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La grotte de Lascaux sauvée d'une attaque par les champignons

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Depuis près d'un an, certaines parties de la grotte de Lascaux étaient envahies par un champignon laissant des traces noires et endommageant les parois. Un traitement antifongique, qui n'avait jamais été utilisé sous terre, a été appliqué avec succès.

Peintures de taureaux dans la grotte de Lascaux. Crédit : Prof saxx (domaine public)

Les premières traces noires avaient été observées en 2001 sur la voûte et au niveau du sas d'entrée du célèbre site de Dordogne, mais leur progression avait pu être contrôlée. En juillet 2007, de nouvelles taches apparaissaient avec des superpositions ponctuelles sur trois peintures dans le Passage, l'Abside et la Nef. Une campagne de prélèvements a été effectuée pour caractériser leur nature. Après une campagne de prélèvements, ces taches ont pu être attribuées différents types de moisissures de composition complexe, notamment Ulocladium atrum et Gliomastix dichromospora.

Altérations par les moisissures sur une paroi de la grotte. Crédit : Ministère de la Culture

La présence humaine ne semble pas responsable du phénomène puiqsue l'accès est très limité. La grotte a été fermée au public en avril 1963 par André Malraux, alors Ministre chargé des Affaires culturelles en réponse aux dégradations provoquées notamment par le dégagement de 2.500 litres de dioxyde de carbone et de 50 kg de vapeur d'eau par le millier de visiteurs quotidiens.

Il fait trop chaud dans la grotte...

Marc Gauthier, président du comité scientifique international de la grotte de Lascaux, est convaincu que cette nouvelle prolifération de moisissures est notamment liée au réchauffement climatique. « Le réchauffement climatique est avéré et il est tel que l'équilibre interne de la grotte en est altéré, et montre une élévation de 0,9°C à l'intérieur de la grotte depuis 1981. »

Plan de la grotte de Lascaux. Crédit : Ministère de la Culture

Le site, qui n'était déjà plus accessible qu'aux scientifiques, avait alors été mis complètement au repos et un traitement au biocide localisé décidé le 20 novembre par le comité scientifique avant d'être finalisé le 14 décembre lors d'une réunion technique dans la grotte.

Ce produit, l'isothiazolinone, avait déjà été appliqué avec succès dans les temples d'Angkor au Cambodge et dans une église de Rome, inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, mais son utilisation sous terre était une première.

Fin mars 2008, soit après trois mois d'application, une réduction significative était constatée sur 9 zones témoins parmi les 11 observées. La plupart des champignons ont disparu, et les parois retrouvent enfin leur aspect d'origine. « Avec la tendance que nous observons, je pense qu'à notre prochain rendez-vous nous vous dirons que tout va bien », espère Marc Gauthier.