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Découverte d’une occupation néandertalienne en bord de Saône

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Les travaux publics offrent parfois d'intéressantes découvertes aux archéologues et aux paléontologues. Une nouvelle preuve vient d'en être donnée avec la mise au jour d'un site préhistorique remarquable portant les traces de l'activité des néandertaliens, à savoir des restes osseux d'animaux qui furent chassés ou charognés.

Une corne de bison. Elle provient d'un animal qui a probablement été mangé par des néandertaliens voici plusieurs dizaine de milliers d'années. © Henri Granjean, collectif item, Inrap

Une équipe d'archéologues de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) fouille, sur prescription de l'État (Drac Rhône-Alpes), un site du Paléolithique moyen à Quincieux, à l'occasion des travaux de l'autoroute A466. Après avis de la commission interrégionale de la recherche archéologique et dans le cadre d'une procédure de « découverte exceptionnelle », le préfet a prolongé la durée d'intervention de cette fouille.

Une séquence stratigraphique exceptionnelle

Ce site préhistorique est implanté sur une butte lœssique dominant l'ancien lit de la Saône. Unique en Rhône-Alpes, cette séquence sédimentaire qui associe des dépôts d'origines fluviatile et éolienne renseigne sur l'évolution de cette rivière durant le Pléistocène supérieur (128.000 à 11.000 ans avant le présent). Initialement haute de 8 m, elle est constituée d'une succession de paléosols et de lœss. Le plus ancien, épais de plus de 2 m, est daté entre 55.000 et 35.000 ans, c'est-à-dire durant la fin du Paléolithique moyen. La fouille révèle une faune riche répartie sur trois niveaux et associée à des silex taillés abandonnés par les néandertaliens.

Une mandibule de rhinocéros laineux, peut-être le reste d’un tableau de chasse des néandertaliens ayant vécu sur le site de Quincieux. © Henri Granjean, collectif item, Inrap

Une faune de climat froid

L'ensemble des espèces animales découvertes caractérise un climat froid et un environnement steppique. Plusieurs centaines de restes osseux appartiennent majoritairement à de grands herbivores : mammouth, rhinocéros laineux, cheval, bison et renne. Les carnivores, moins nombreux, sont représentés par un crâne d'ours des cavernes et quelques ossements de loup. Ces ossements sont souvent isolés, plus rarement en connexions anatomiques. La plupart des accumulations résultent de l'action de l'homme : les animaux présents ont été chassés ou charognés par les néandertaliens qui ont exploité ces carcasses, certains os présentant des traces de fractures d'origine humaine. Parallèlement, les archéologues ont constaté un déficit d'os longs, ce qui tend à montrer que les parties riches en viande ont été emportées, probablement sur un site d'habitat.

Un témoignage des activités de l’Homme de Néandertal

Le site de Quincieux offre donc l'occasion d'étudier les comportements de subsistance de l'Homme de Néandertal hors de son habitat ou de ses haltes de chasse, habituellement fouillés par les archéologues. L'industrie lithique est peu abondante et se compose de quelques nucleus ainsi que d'éclats de silex et de calcaire dur. Ici, les néandertaliens n'ont eu besoin que de quelques éclats pour découper des quartiers de viande. Les études paléontologiques et archéozoologiques à venir seront capitales pour préciser la nature exacte du site et les activités qui s'y sont déroulées.