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Ouragan Katrina : un an après...

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Il y a un an jour pour jour, l'ouragan Katrina s'abattait sur la côte sud des Etats-Unis, notamment dans le Mississipi, l'Alabama et la Louisiane. Suite à la rupture d'une digue, la Nouvelle-Orléans était envahie à 80% par les eaux et en grande partie dévastée. Aujourd'hui, seul le quartier français a retrouvé à peu près son visage d'antan.

Observations de l'instrument MODIS avant (image du haut) et après (image du bas) le passage de Katrina sur la Nouvelle-Orélans En rouge figurent les terres, en bleu les étendues d'eau, en blanc les nuages Cette comparaison permet de mesurer l'

Douze mois après ce drame, la plaie reste profonde : selon les dernières estimations du NHC (National Hurricane Center), l'ouragan Katrina a fait 1.833 victimes et causé des dégâts à hauteur de 80 milliards de dollards. Mais il a surtout marqué les esprits... A l'occasion de ce triste anniversaire, la NASA a rendu publiques ses dernières analyses.

Les dégâts engendrés par le passage de Katrina sont considérables Un an après, les plaies dans le paysage et les esprits restent vivaces (Crédits : FEMA)

Toutes les images de l'ouragan Katrina

Le 23 août 2005, Katrina n'était encore qu'une masse nuageuse surplombant les Bahamas, décrite par les satellites et les météorologues comme une tempête de faible amplitude. Pourtant, en l'espace de deux jours, elle s'était considérablement intensifiée et avait gagné en corpulence, de telle sorte que, en touchant Fort Lauderdale (Califonie) le 25 août, elle s'était hissée au statut d'ouragan de catégorie 1.

C'est en entrant dans le golfe du Mexique que Katrina avait trouvé les conditions atmosphériques propices à son renforcement. En effet, les données fournies par l'instrument AMSR-E du satellite Aqua montrent que la température de surface de l'océan - le « carburant » des ouragans - était particulièrement élevée. C'est probablement en puisant dans ces ressources que, le 28 août 2005, Katrina s'était montrée capable de déployer des vents soufflant à 280 kilomètres à l'heure, et de présenter dans son œil la pression record de 902 millibars - la quatrième plus faible jamais enregistrée dans l'Atlantique. A cet instant, Katrina s'était transformée en un monstre de catégorie 5.

Température de surface moyenne entre le 25 et le 27 août 2005, mesurée par l'instrument AMSR-E du satellite Aqua (Crédits : NASA/SVS)

La puissance de l'ouragan avait rendu difficiles les mesures précises de ses précipitations et des vitesses de ses vents. Les météorologues s'étaient alors appuyés sur le satellite QuikSCAT qui, en envoyant des impulsions énergétiques à travers l'atmosphère et en estimant la quantité d'énergie renvoyée, avait pu déterminer la célérité et la direction des vents.

Vitesses et directions des vents de Katrina le 29 août 2005 (alors ouragan de catégorie 4), mesurées par le satellite QuikSCAT Les rafales les plus violentes figurent en violet, et entourent le centre de l'ouragan (Crédits : NASA JPL)

Alors que, habituellement, les cyclones tropicaux de catégorie 5 perdent rapidement de la puissance, Katrina avait fait montre d'une singulière endurance, conservant sa force pendant plusieurs heures. Ainsi, en touchant le sud-est de la Louisiane, ses vents se déchaînaient encore à 220 kilomètres à l'heure. La Nouvelle-Orléans, quant à elle, avait eu à affronter des rafales à 160 kilomètres à l'heure, avec les conséquences dramatiques que l'on connaît. Le 31 août, consécutivement à la rupture d'une digue, certaines parties de la ville s'étaient retrouvées sous six mètres d'eau. L'invasion de la Nouvelle-Orléans par les flots avait duré plusieurs semaines et avait été suivie par plusieurs instruments de la NASA, dont le MODIS (Moderate-Resolution Imaging Spectroradiometer) embarqué à bord du satellite Terra.

Un an après le passage dévastateur de Katrina sur les Etats-Unis, les dégâts matériels restent bien visibles. Les plaies morales demeurent, elles aussi, bien vivaces. Aujourd'hui, c'est tout le pays qui commémore cette catastrophe naturelle sans précédent, et qui forme le vœu de ne plus jamais connaître pareil drame humain. Une meilleure prévision des phénomènes cycloniques et une meilleure réactivité en sont les ingrédients principaux...