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Réchauffement : l’Homme retarde la prochaine glaciation

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Ayant déjà 600 ans de retard, la prochaine glaciation devrait avoir lieu dans les mille prochaines années. Le conditionnel s'impose car les émissions de CO2 pourraient retarder le phénomène. C'est ce que révèle l'analyse de glaces vieilles de plus de 780.000 ans.  

La glace recouvrait une grande partie de l'Europe et de l'Amérique du Nord durant la dernière glaciation. Le niveau des mers a diminué de 120 mètres par endroits, modifiant ainsi le contour des côtes. © Université du nord de l'Arizona, DR

L'histoire de la Terre est marquée par une alternance d'ères glaciaires. De grandes surfaces de terres situées dans les hautes latitudes sont alors recouvertes par une couche de glace (ou inlandsis) et le niveau des mers diminue. Selon les hypothèses actuelles, les périodes glaciaires seraient causées par des légères modifications de l'orbite de la Terre autour du Soleil et par des variations périodiques du rayonnement solaire. Une modification des deux paramètres peut provoquer un refroidissement de la planète. La succession des événements qui en découlent mène alors à une période de glaciation.

Huit grandes glaciations ont été détectées jusqu'à présent. La dernière s'est terminée il y a 11.600 ans, donnant ainsi naissance à l'ère interglaciaire de l'Holocène dans laquelle nous vivons.

Selon une étude récente menée par des chercheurs du University College London et de l'université de Cambridge, la nouvelle glaciation devrait survenir dans les mille prochaines années. Néanmoins, le CO2, et les gaz à effet de serre en général, pourraient retarder ce phénomène. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature Geoscience.

Pour comprendre l'évolution probable de notre ère, les scientifiques ont recherché une période de la Terre où les conditions climatiques, le rayonnement solaire et la configuration astronomique étaient identiques à la situation actuelle. Une correspondance a été trouvée avec le « Stade isotopique de l'oxygène n°19 » (en référence à une méthode de datation des glaces), c'est-à-dire avec l'état de la Planète il y a environ 780.000 ans.

Le développement de glace accompagne le début d'une ère glaciaire. Actuellement, les glaces ont tendance à fondre suite au réchauffement climatique. Les phénomènes naturels causant les glaciations pourraient ne pas prendre le dessus. L'Homme risque donc de retarder la prochaine glaciation. © Ludovic Hirlimann, Flickr, cc by nc 2.0

Le CO2 en lutte contre l'orbite de la Terre

En cas de glaciation, la formation de la calotte glaciaire dans l'hémisphère nord donnerait naissance à des icebergs capables de modifier les courants océaniques. L'Atlantique nord se refroidirait tandis que l'océan Antarctique aurait plutôt tendance à se réchauffer. Ce phénomène donnerait naissance à d'importants écarts de température entre les deux hémisphères de la planète. Ces écarts peuvent être utilisés comme repères pour localiser le début d'une période glaciaire. Or, ces changements de température se traduisent par des modifications de la glace et des organismes, ou débris, qu'elle abrite.  

Des glaces âgées de 780.000 ans ont été analysées afin d'étudier la succession des événements climatiques ayant abouti à la glaciation. L'état actuel de la Terre a ensuite été comparé à la ligne du temps obtenue.

Les résultats sont sans appel, notre ère (l'Holocène) touche à sa fin. Une nouvelle ère glaciaire devrait naître dans le prochain millénaire. Néanmoins, le réchauffement climatique n'existait pas à l'époque. Les taux de CO2 actuels, en constante évolution, sont beaucoup plus élevés aujourd'hui qu'il y a 780.000 ans.

À l'heure actuelle, aucune formation de glace n'est observée dans l'hémisphère nord. Les variations de l'orbite de la Terre ne compenseraient pas le réchauffement climatique causé par des activités anthropiques. Les activités humaines retarderaient donc le début de la nouvelle ère de glaciation.