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En bref : découvrez la putnisite, un joli — et nouveau — minéral

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En Australie, des géologues ont découvert un nouveau minéral, d'une composition inhabituelle et ne ressemblant à rien de connu. La putnisite, c'est son nom, est légère, violette et friable. La nature a encore de quoi émerveiller les géologues...

La putnisite s'est fait repérer par sa couleur violette, bien visible au sein d'une roche de couleur verte, d'origine volcanique. © Peter Elliott et al., Mineralogical Magazine

SrCa4Formula(CO3)8SO4(OH)16·25H2O : c'est la formule du nouveau minéral, d'un joli violet, découvert en 2012 en Australie-Occidentale par une compagnie minière dans un affleurement, de nature volcanique, du lac Cowan. Peter Elliott et ses collègues de l'université d’Adélaïde, qui l'ont étudié, ont réalisé qu'il s'agissait d'un cristal inconnu et l'ont baptisé putnisite, du nom de deux géologues de l'université de Münster, Andrew et Christine Putnis.

La découverte n'est pas si fréquente, les géologues dénombrant actuellement environ 4.000 espèces minérales. Qui plus est, celle-ci, dont la structure cristalline vient d'être décrite dans la revue Mineralogical Magazine, semble originale, ne correspondant à aucune famille connue. « La putnisite est absolument unique et ne peut être rattachée à rien », témoigne Peter Elliott dans un communiqué de l'université d'Adélaïde. Les cristaux à peu près cubiques (pseudo-cubiques) d'environ 0,5 mm ont été analysés par voie chimique et par cristallographie aux rayons X. Cette putnisite était incluse dans une « matrice de quartz contenant du silicate de chrome presque amorphe ».

Avec une dureté de seulement 1,5 à 2 sur l'échelle de Mohs (où le talc est à 1 et le diamant à 10), la putnisite est fragile, rayable à l'ongle comme le gypse. Sa masse volumique, d'environ 2,2 g/cm3, en est d'ailleurs proche. Dans sa gangue rocheuse verte, le minéral apparaissait violet, avec des points roses. Sa composition chimique, très inhabituelle selon les géologues, mélange strontium, calcium, chrome, soufre, carbone, oxygène et hydrogène. « La nature semble bien plus intelligente pour imaginer de nouvelles créations chimiques que n'importe quel chercheur dans son laboratoire », s'émerveille Peter Elliott, qui a déjà à son actif des descriptions d'autres nouveaux minéraux.