Le choix qu’a fait EDF de développer la charge rapide par induction offre une plus grande souplesse d’utilisation en comparaison des autres systèmes de biberonnage des bus électriques basés sur un raccordement physique du véhicule lorsqu’il s’immobilise sur son arrêt. © Axel Bueckert, Shutterstock

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Demain, les bus électriques s'alimenteront par biberonnage

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Faire rouler un bus électrique toute une journée suppose des batteries puissantes et endurantes, mais lourdes et volumineuses. D'où l'idée du biberonnage, qui consiste à recharger le véhicule par petites doses à chaque arrêt pour embarquer des voyageurs. Résultat, on transporte moins de batteries et davantage de passagers ! Dans une interview de Futura-Sciences sur EDF Pulse, Bernard Maestrali, chef de groupe Optimisation Énergétique & Expertise des Procédés Industriels, nous dévoile les projets de recherche dans ce domaine et les possibilités qu'ils ouvrent.

Le passage des bus de transport en commun à l'électrique est assurément une bonne chose. Et pourtant, cette évolution va poser de nouvelles contraintes qui pourraient à terme se révéler problématiques. En effet, pour être opérationnelles la journée, les flottes de bus doivent être rechargées la nuit, ce qui créera un appel de puissance croissant sur le réseau électrique, lequel pourra devenir compliqué à gérer si l'on se projette à l'échelle nationale. Par ailleurs, pour disposer de l'autonomie nécessaire à une journée de service, un bus doit embarquer pas loin d'une tonne de batteries. Un poids qui a une incidence sur la charge utile du véhicule et donc sur le nombre de passagers.

Il existe une alternative : le biberonnage. Sur le papier, l'idée est assez simple. Elle consiste à profiter des arrêts que le bus électrique marque sur son trajet quotidien pour recharger ses batteries de quelques pourcents. Au final, inutile que la charge soit complète, on injecte juste la quantité d'énergie nécessaire pour que le véhicule puisse effectuer son parcours. Du coup, la répartition de la charge sur le réseau est beaucoup plus homogène et les batteries n'ont plus à être dimensionnées pour une autonomie d'une journée. Le gain de poids obtenu, très important, permet d'embarquer davantage de passagers.

EDF a choisi la recharge sans contact par induction

Le principe du biberonnage est testé depuis quelques années avec des solutions techniques variées : contacteurs au niveau du sol, pantographe ou bras articulé qui se déploie lorsque le bus s'immobilise sur son arrêt. Des essais sont actuellement en cours en France, notamment à Grenoble et à Nice, ainsi qu'à Genève, en Suisse.

EDF s'intéresse aussi de près à ce principe du biberonnage, mais avec une approche différente que nous avons pu découvrir lors du salon VivaTech : la charge rapide par induction. Le procédé a l'avantage de supprimer tout contact physique et de tolérer un positionnement moins précis du véhicule lors de l'arrêt.

Une solution prometteuse qui, comme nous l'a expliqué Bernard Maestrali (chef de groupe au département R&D d'EDF), pourrait poser les bases de futures autoroutes électriques. Découvrez tous les détails du projet dans notre entretien réalisé dans le cadre du prix EDF Pulse :

  1. En quoi consiste le biberonnage des bus électriques ?
  2. Y a-t-il déjà des projets de déploiement en France ?
  3. Ce système peut-il être un précurseur des autoroutes électriques ?