Le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique s’ouvre et se ferme au gré des saisons. Durant l'hiver austral, l'ozone stratosphérique est en quantité normale (l'image de gauche montre la situation en avril 2006). La quasi-totalité se trouve détruite chaque année au printemps austral (comme sur l'image de droite, en septembre 2006). L’épaisseur totale d’ozone est alors diminuée de moitié. Une diminution de l’ozone se produit également, mais avec une moindre amplitude, au printemps boréal au-dessus de l’Arctique. © NOAA, KNMI, ESA

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La couche d'ozone menacée par le dichlorométhane ?

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C'est un 16 septembre qu'a été signé le protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d'ozone. Et c'est, depuis, la date de la Journée internationale de la protection de la couche d'ozone. L'occasion cette année, pour Futura, de revenir sur l'impact du dichlorométhane. La fin du « trou » dans la couche d'ozone, prévue autour de 2050 après l'interdiction des CFC en 1987, en effet, pourrait être retardée de 5 à 30 ans à cause des émissions de dichlorométhane, un solvant de plus en plus utilisé.

  • Le dichlorométhane dégrade l'ozone stratosphérique, comme d'autres composés chlorés. Mais, à la différence des CFC et HCFC (des composés à base de chlorofluorocarbone), sa durée de vie est courte.
  • Contrairement à ces derniers, le dichlorométhane n'a pas été interdit par le protocole de Montréal.
  • Selon une équipe britannique, son effet sur la couche d'ozone serait sous-estimé, du fait de son injection continue dans l'atmosphère. Le retour à la normale après l'interdiction des CFC serait donc retardé.

Article paru le 30 juin 2017

Le dichlorométhane, ou chlorure de méthylène (CH2Cl2 pour les intimes), est employé dans de nombreuses applications industrielles et domestiques comme solvant. Or, il serait un danger pour la couche d'ozone (O3), selon des chercheurs de l'université de Lancaster (Royaume-Uni). Après l'interdiction des composés à base de chlorofluorocarbone (CFC et HCFC) par le protocole de Montréal en 1987, la teneur en ozone de la stratosphère au-dessus de l'Antarctique, qui avait fortement diminué, justifiant le terme de « trou », semble être repartie à la hausse. Cette évolution laisse espérer un retour de la teneur initiale autour de 2050.

Mais les émissions de dichlorométhane, en forte hausse ces dernières années, pourraient retarder cet évènement de cinq ans, si elles se stabilisent au niveau actuel, ou de trente ans si l'augmentation se poursuit au même rythme, expliquent les chercheurs dans un article de Nature Communications et dans un communiqué. Instable, ce gaz a une durée de vie faible dans l'atmosphère et n'a, de ce fait, pas été pris en compte dans le protocole de Montréal. Son comportement reste mal connu.

Les concentrations en dichlorométhane dans les basses couches de l'atmosphère ont fortement augmenté entre 2003 et 2015, comme le montre la figure a ; c'est bien plus le cas au niveau des latitudes moyennes de l'hémisphère nord (N, en vert) que dans l'hémisphère sud (SH, en violet). La figure b montre le taux annuel de croissance à l'échelle mondiale. Le modèle prédictif des auteurs se base sur trois scénarios d'émissions (figure c) : celles-ci continuent avec la croissance de 2004 à 2014 (1, en bleu) ou avec celle de la période 2012-2014 (2, en rouge), ou bien elles sont contrôlées et n'augmentent plus (3, en jaune). La figure d montre les conséquences sur les injections de dichlorométhane dans la stratosphère. © Ryan Hossaini et al., Nature Communications

Le chlorure de méthylène a un effet modeste mais sa production est continue

L'équipe de l'université de Lancaster a utilisé des simulations numériques de la circulation atmosphérique ainsi que des mesures effectuées par la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration, États-Unis). Résultat : la concentration atmosphérique en dichlorométhane a diminué durant les années 1990 mais a beaucoup augmenté depuis le début des années 2000. Globalement, elle a doublé entre 2004 et 2014. Les teneurs sont particulièrement élevées aux latitudes moyennes de l'hémisphère nord ; elles sont trois fois plus faibles dans l'hémisphère sud.

Selon les auteurs, une des causes de l'augmentation de ce gaz viendrait du fait qu'il est aussi utilisé pour remplacer les CFC. Son effet sur l'ozone stratosphérique reste cependant modeste, soulignent-ils, mais il leur semble important de repérer les principales sources des émissions et, d'une manière générale, d'étudier le comportement d'autres molécules, même si leur durée de vie est faible.

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