La partie émergée de la sphère d'habitation d'Ocean Spiral, avec ses zones portuaires. Cette ambitieuse étude, de la société japonaise Shimizu, entend démontrer qu'il est possible de vivre sous la mer en exploitant ses ressources d'une manière raisonnée. © Shimizu

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En 2050 : l'humanité dépendra davantage des océans

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Des navires de transport à la pollution en passant par la pêche, tout est à revoir dans notre gestion de l'océan. Quoi qu'il arrive, nous ne pouvons continuer de cette manière. Déjà, des solutions émergent, pour des navires moins polluants, pour réduire les quantités de déchets déversés dans les mers ou pour parvenir à une aquaculture durable. Ce vendredi soir, la chaîne Planète+ les présente dans le dernier épisode de Rêver le futur, à 20 h 55. Retrouvez ici ces problématiques que Futura a abordées plusieurs fois.

Nous demandons de plus en plus à l'océan, pour la nourriture, le transport ou l'abandon de nos déchets. Dans les décennies à venir, l'humanité devra compter encore davantage sur les mers. Une exploitation plus judicieuse (« durable » en langage moderne) est donc indispensable. Cette évolution est déjà engagée, du moins au stade de projets ou de prototypes.

Les transports : environ 50.000 navires de fort tonnage naviguent en permanence sur les océans, avec des consommations énormes (14 tonnes de fioul lourd par jour pour un cargo de 10.000 tonnes). Selon une estimation calculée en 2012, cette flotte a émis cette année-là autant de CO2 que le Brésil, le Canada et le Royaume-Uni. Des projets existent pour réduire les consommations et les émissions, avec des voiles ou des motorisations au GNL.

L'aquaculture : pour compléter, voire remplacer la pêche déclinante, l'aquaculture est une bonne solution, à condition de la rendre durable, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Pêche intensive pour fournir de la farine de poisson aux élevages et pollutions locales sont les principaux fléaux de cette industrie récente. Les projets actuels s'orientent vers un impact moindre sur l'environnement.

Habiter l'océan : les projets d'îles artificielles, pour communautés fortunées, commencent à apparaître, comme au Japon, avec Ocean Spiral (étude très futuriste de l'architecte Masaki Takeushi, travaillant pour Shimizu) ou aux États-Unis, avec l'institut Seasteading. Cette ONG, d'orientation ultralibérale, veut créer des zones sans droits où les entrepreneurs pourraient faire fleurir leurs affaires. Elle vient de convaincre le gouvernement de Polynésie française.

L'océan poubelle : selon une estimation de la fondation Ellen MacArthur (ancienne navigatrice), la masse de déchets en plastique contenus dans les mers serait de 150 millions de tonnes aujourd'hui et poursuit une croissance exponentielle. Elle aura triplé en 2050, atteignant 750 millions de tonnes, soit peu ou prou la masse totale des poissons. Le marin Yvan Bourgnon expliquait à Futura son projet grandiose mais pas fou d'un quadrimaran géant capable de ratisser de vastes régions océaniques pour récupérer les déchets au plus près de leurs sources, avant qu'ils ne se dispersent. Dans le monde, la prise de conscience est là. La génération suivante sera-t-elle plus précautionneuse ?

Les océans du futur, extrait du dernier épisode de la série Rêver le futur, diffusé ce vendredi 24 mars à 20 h 55 sur Planète+. © Planète+