Une vue d'artiste du navire Energy Observer arrivant à New York. © Energy Observer

Planète

Découvrez Energy Observer, le premier navire à hydrogène

ActualitéClassé sous :énergie renouvelable , Energy Observer , Victorien Erussard

Par Jean-Luc Goudet, Futura

Comme Solar Impulse l’a fait dans les airs, le catamaran sans mât Energy Observer fera le tour du monde propulsé par des moteurs électriques. L’énergie viendra des panneaux solaires et d’hydrogénérateurs qui alimenteront des batteries, mais aussi une unité de production d’hydrogène. Un voyage de six années, au départ de Saint-Malo, pour tester les technologies et en faire la démonstration.

Energy Observer, le premier bateau électrique à hydrogène  Durant cinq ans, à partir de 2017, ce catamaran à deux moteurs électriques de 30 mètres va sillonner les océans du Globe pour une mission scientifique, propulsé uniquement par des énergies renouvelables et une voile « kite ». L’électricité sera produite par des hydrogénérateurs, deux éoliennes à axe vertical, des panneaux photovoltaïques et une pile à combustible. C’est une première mondiale pour un bateau : cette pile utilisera de l’hydrogène produit à bord par électrolyse de l’eau. Energy Observer est donc d’abord un démonstrateur technologique. 

Au printemps prochain, un immense catamaran quittera Saint-Malo, en Bretagne. Il partira pour un long voyage autour du monde en 101 escales, dont la première sera Paris. L'Energy Observer passera sous les ponts car il n'a pas de mâts. Ce navire de 24,38 m de long pour 12,80 m de large fut pourtant un voilier célèbre. Construit en 1983, il est né sous le nom de Formule Tag d'une conception de Nigel Irvens et du navigateur canadien Myke Birch, qui réalisa avec lui la première « Transat Québec-Saint-Malo ». Il fut à l'époque le premier « maxi-catamaran » et a rapidement démodé les monocoques dans les grandes courses au large.

Il est aujourd'hui méconnaissable. Dans son nouveau hangar, le pont de l'Energy Observer va être quasiment entièrement couvert de panneaux photovoltaïques, à la manière du navire PlanetSolar. À l'arrière seront installées deux éoliennes à axe vertical. Le gréement a déjà disparu et sera remplacé par une voile de kite, semblable à celle d'un kitesurf, pilotée par informatique. Moins visibles, deux hydrogénérateurs viendront prendre place à l'intérieur. Leur fonctionnement est similaire à celui de Foresight Natural Energy de Conrad Colman, qui termine actuellement le Vendée Globe avec Futura comme partenaire média. Relié à l'hélice, le système travaille dans les deux sens. En mode génération, lorsque le bateau tracté par la voile, l'hélice est entraînée en rotation et le système produit de l'électricité. En fonctionnant à l'envers, il devient un moteur électrique.

La grande originalité de l'Energy Observer est une unité d'hydrolyse de l'eau, qui produit de l'hydrogène, grâce à l'électricité venue des cellules solaires, des éoliennes ou des hydrogénérateurs. Cet hydrogène servira de stockage d'énergie à long terme, en complément des batteries lithium-ion. Il pourra générer de l'électricité grâce à une pile à combustible.

Le catamaran débarrassé de son mât mais tiré par une voile de kite. Le pont porte des panneaux solaires photovoltaïques et deux éoliennes verticales. © Energy Observer

Energy Observer mettra à l’épreuve les technologies zéro émission

Ces technologies sont connues dans leurs principes. Mais il reste beaucoup à faire pour les optimiser en conditions réelles. C'est ce qui motive cette équipe de marins qui veulent y consacrer six années de leur vie. Les deux fondateurs de l'expédition sont malouins. Victorien Erussard s'est illustré dans la course au large depuis l'édition 2006 de la Route du rhum, terminant en troisième position de la catégorie Classe 2-Multicoques alors qu'il courait pour la première fois de sa vie sur un trimaran. Jérôme Delafosse, lui, est marin et plongeur, habitué (entre autres) des balades sous-marines avec les requins.

Ce tour du monde océanique confrontera ces nouvelles technologies à des situations très rudes, voire extrêmes, comme celles que rencontre Conrad Colman. L'aventure est donc une opération de recherche et développement. Elle veut aussi être une vitrine pour démontrer que ces procédés décarbonés peuvent être adaptés dans de nombreuses applications. L'équipe veut prouver qu'un navire de cette taille peut naviguer sans émettre de dioxyde de carbone ni de polluants comme les particules fines. Nous en reparlerons...

  Les commentaires ne sont pas disponibles pour le moment.