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Sommet de Copenhague : vers un fiasco

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Copenhague se termine sur l'accord le plus minimaliste possible. Malgré les prolongations, il n'y aura pas de décision contraignante, pas de date butoir (2010 à l'origine) pour des objectifs chiffrés, pas de mise en place d'un après-Kyoto. En clair, on reparlera de tout cela à la conférence de Mexico, en novembre 2010.

Dans le port de Copenhague, la petite sirène est triste devant la mer qui monte. © elv / Flickr - Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)-Futura-Sciences

Barack Obama est arrivé vendredi matin à Copenhague mais son discours n'a pas relancé la machine à négocier ni convaincu la Chine de changer d'avis. Le président des Etats-Unis a exhorté les autres dirigeants présents à la conférence mondiale de trouver un accord quel qu'il soit, même s'il n'est pas parfait.

C'est bien ce qui a été fait. Tout le monde a réservé une nuit supplémentaire à l'hôtel pour prolonger les discussions tard le soir et jusqu'à samedi. Mais, on le sait, COP15 ne se terminera pas par un accord mais par une simple déclaration d'intention. Quel que soit le résultat des ultimes négociations, la conférence ne s'achèvera pas sur un protocole susceptible de prendre la suite de celui établi à Kyoto, entré en vigueur en 2005 et qui se termine en 2012.

La montagne Copenhague accouche d'une souris

La Chine, accusée par les Européens, d'avoir bloqué les négociations, ne veut pas d'un objectif de réduction de 50% des gaz à effet de serre en 2050 et rechigne à l'idée qu'un organisme de contrôle international vienne vérifier chez ses industriels le respect des objectifs. L'Inde rappelle qu'elle abrite des centaines de millions de pauvres et que le pays ne peut guère se permettre des efforts considérables.

A l'arrivée à Copenhague, l'idée était de préparer un accord qui permettrait d'arrêter des objectif fermes et chiffrés lors de la prochaine conférence de Mexico, en novembre 2010. Mais cette date butoir a disparu du texte final. Le seul objectif chiffré se réduit à une réduction du pic de réchauffement à 2°C en 2050. Mais les actions concrètes pour y parvenir ne sont pas indiquées. L'aide aux pays pauvres est, elle, décidée. Un fonds de 100 milliards sera constitué d'ici à 2020.

Mais la promesse de cette somme n'a pas apaisé les tensions. Au terme de ces deux semaines de discussions, le clivage nord-sud est plus criant que jamais. Certains pays du sud menacent de ne plus participer aux prochaines discussions sur le climat, et la plupart sont mécontents de la manière dont les négociations ont été menées, verrouillées selon eux par les pays du nord. On entend d'ailleurs dire à Copenhague que ce genre de négociations sous l'égide de l'ONU n'est peut-être pas le meilleur dispositif pour discuter de ces problèmes. Des mots très durs ont été prononcés par les délégations des pays les plus concernés par le réchauffement à venir. Pour les représentants du petit archipel de Tuvalu (altitude maximale : 5 mètres), cette déclaration finale est « une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir ». Le délégué du Soudan, qui représentait l'Afrique, a même comparé la situation à celle de l'holocauste. « C'est une solution fondée sur des valeurs qui ont envoyé six millions de personnes dans les fours en Europe. »

En attendant, les pays restants ce samedi matin (Barack Obama et Dmitri Medvedev sont déjà partis) mettent la dernière main à un texte, dont Nicolas Sarkozy dit déjà « qu'il n'est pas parfait ». Ce samedi matin, le texte final, arrêté vendredi soir, n'a toujours pas été accepté, refusé catégoriquement par les pays du sud. Il y aura donc beaucoup de travail jusqu'à la conférence de Mexico...