Les macrodéchets (sacs, bouteilles, boîtes, etc.) ne constitueraient que 20 % de l'ensemble des objets en plastique flottant dans les océans. Les dégâts qu'ils peuvent causer sont visibles à l'inverse de la pollution par les microplastiques. De nombreux organismes confondent les sachets flottants dans l'eau avec des méduses. Ils s'en nourrissent et peuvent mourir asphyxiés. © Surfrider Foundation

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Nos vêtements, source de pollution marine par les microplastiques

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Les microplastiques s'observent dans toutes les mers du Globe. Une des plus grandes sources de pollution a été identifiée : nos machines à laver ! Chaque lavage d'un seul vêtement synthétique libérerait plusieurs centaines de fibres dans l'environnement. Nos habits en laine et en coton vont-ils faire leur grand retour dans nos armoires ?

Les mers et océans abriteraient des quantités considérables de fragments de plastique de tailles diverses (environ 250 milliards dans la seule Méditerranée). Ils sont peu dégradables et leur proportion par rapport aux autres détritus ne cesserait de croître. À l'heure actuelle, ils constitueraient environ 80 % des déchets marins.

Les morceaux de moins d'un millimètre, appelés microplastiques, sont facilement ingérables par des organismes marins et peuvent ainsi s'accumuler le long de la chaîne alimentaire. Les plastiques contiennent des stabilisants (tels que le plomb pour le PVC), des colorants ou des additifs. Lors de la digestion, ces constituants peuvent passer dans le système sanguin puis pénétrer au sein des cellules de l'organisme. Les conséquences de ces transferts sur la santé sont incertaines.

Une équipe de scientifiques menée par Mark Browne, membre du réseau National Center for Ecological Analysis and Synthesis (NCEAS), a étudié la contamination par des microplastiques pour dix-huit sites répartis sur les six continents. Tous sont pollués !

Une source importante de cette pollution a été découverte : le lavage en machine des vêtements synthétiques ! Plus de 1.900 fibres seraient libérées par habit et par lavage. Ces résultats sont publiés dans la revue Environmental Science & Technology.

Les microplastiques, des fragments de moins d'un millimètre, sont responsables d'une pollution peu visible mais dont l'importance devrait augmenter dans l'avenir. Les effets de l'ingestion et de l'accumulation de ces matériaux dans les organismes marins ne sont pas encore totalement connus. © Browne et al. 2011, Environmental Science & Technology

Pour moins de plastique, à bas les fibres synthétiques !

Les microplastiques représenteraient environ 80 % de la pollution par les plastiques. L'étude de Mark Browne révèle que la majorité d'entre eux se composent principalement de fibres de polyester, d'acrylique et de polyamide (le nylon) en proportions variables.

Des mesures complémentaires réalisées en Australie ont montré que ces fibres étaient rejetées en mer par les égouts. Ce résultat explique pourquoi les quantités de microplastiques observées le long des littoraux sont plus importantes aux abords des grandes villes. Mais d'où viennent les particules présentes dans les émissaires ?

Les chercheurs se sont rendu compte que les proportions des différentes fibres trouvées dans l'eau correspondaient à celles utilisées dans la fabrication des vêtements. Des expériences en laboratoire ont confirmé cette suspicion : des habits synthétiques peuvent perdre plus de 1.900 fibres par lavage.

La multiplication de ce résultat par le nombre de vêtements que peut accueillir une machine à laver et le nombre de foyers lavant leur linge quotidiennement dans le monde permet d'imaginer l'ampleur de cette source de pollution.

Inévitablement, la quantité de microplastiques rejetée en mer devrait augmenter dans le futur. En effet, de plus en plus de vêtement vendus sont synthétiques et la population mondiale ne cesse d'augmenter.

Heureusement, la solution à cette pollution est toute trouvée : vive les fibres naturelles ! Il serait temps de ressortir les bons vieux pulls en laine et de remiser les polaires au placard...