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Faut-il réexaminer la toxicité des anti-adhésifs ?

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Récemment, l'Afssa a conclu au risque négligeable pour la santé des consommateurs lié à la présence d'acide perfluorooctanoïque (PFOA) dans les revêtements anti-adhésifs. Le Réseau Environnement-Santé (RES), association regroupant des ONG, des scientifiques, des professionnels de la santé et des citoyens, conteste cet avis.

Poêles anti-adhésives : le RES conteste l'avis de l'Afssa. © _boris /Flickr Licence Creative Commons (by-nc-sa 2.0)

Le revêtement anti-adhésif des ustensiles de cuisine contient du PFOA, un composé de la classe des produits organiques persistants. Depuis octobre 2006, le PFOA est classé par l'Union européenne comme à risque d'effets néfastes pour l'enfant pendant la grossesse, nocif par inhalation et par ingestion, irritant pour les yeux et potentiellement créateur d'effets irréversibles. Le RES regrette que l'avis de l'Afssa sur les risques lié au PFOA ne prenne pas en compte un certain nombre de données :

  • non prise en compte du caractère de perturbateur endocrinien de la substance,
  • définition d'une Dose Journalière Admissible que l'association juge non conforme aux règles de bonne pratique (facteur de sécurité de 2 au lieu de 10),
  • non prise en compte des données d'imprégnation pour effectuer les comparaisons animal-homme, analyse plus pertinente, selon RES, que le calcul de risque basé sur des estimations d'exposition,
  • non prise en compte des données sur le rongeur alors qu'il existe un doute pour les effets cancérogènes non hépatiques, doute notifié par l'Afssa,
  • non prise en compte des autres sources d'exposition que les poêles (eau, textile, cartons alimentaires, moquette, poussières domestiques,...),
  • non prise en considération des effets de co-exposition avec les autres composés perfluorés.

Un risque sanitaire minimisé ?

Le RES demande à l'Afssa de réexaminer son avis en tenant compte des études les plus récentes. L'association cite les résultats d'études récentes qui n'ont pas été prises en compte par l'Afssa et montrant :

  • la forte imprégnation humaine en PFOA (98% aux Etats-Unis),
  • un excès de cancers lié à l'exposition au PFOA,
  • une atteinte à la reproduction : baisse de la fécondité liée au niveau d'imprégnation maternelle et baisse de la qualité du sperme (2,5 fois moins de spermatozoïdes chez les Danois les plus imprégnés en PFOA),
  • une atteinte du développement (baisses du poids et de la taille à la naissance aux Etats-Unis corrélées négativement à la concentration dans le sérum du cordon en PFOA).

Selon le RES, l'avis de l'Afssa minimise l'impact sanitaire de la contamination par le PFOA et les autres composés perfluorés. L'association précise que l'ingestion est une voie importante mais rappelle qu'il existe d'autres sources d'exposition et plaide pour que l'expertise ne soit pas conduite par la seule AFSSA.

Parallèlement, le RES a réitéré son appel en faveur d'une révision de l'expertise de l'Afssa sur le bisphénol A (BPA) au vu des résultats de plusieurs articles scientifiques récents.

Au passage, signalons qu'il existe des poêles dont l'anti-adhésif ne nécessite pas de PFOA pour sa fabrication. Le revêtement anti-adhésif est en fait un polymère minéral basé sur des matières céramiques résistant jusqu'à 450°C.