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Biogaz : de l'or noir tiré de nos poubelles pour les bus lillois

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"Utiliser une ressource locale pour la flotte locale", tels sont les termes employés par Eric Quiquet, vice-président de la Communauté urbaine de Lille (CUDL) chargé des transports urbains, lors d'une visite au Centre de Valorisation organique (CVO) à Sequedin (Nord), qui a été officiellement inauguré ce jeudi.

Le centre de biométhanisation. Crédit CUDL.

Cette déclaration pourrait devenir la devise du Centre, qui vient d'ouvrir officiellement cette véritable usine de traitement des déchets organiques triés en les transformant en biogaz destiné à alimenter les services de transports en commun de l'agglomération.

Les bus lillois commenceront à rouler au moyen de cette ressource énergétique à la fin de cette année, et le centre de biométhanisation, construit sur une superficie de 55000 m², devrait être complètement opérationnel dès la fin 2008.

Dans ce but, un dépôt de 150 bus a été construit en face des installations et permettra d'optimiser leur ravitaillement. Le prix de revient de ce biocarburant sera sensiblement équivalent à celui du mazout habituellement utilisé, mais avec un niveau de pollution nettement moindre.

Des capacités étonnantes

Dès la mise en fonctionnement complet du site, celui-ci pourra recevoir annuellement quelque 108600 tonnes de déchets susceptibles de fermenter provenant de l'ensemble de la métropole de Lille. Ceux-ci seront composés essentiellement des déchets de cuisine et de jardin collectés chez les particuliers, des déchets verts produits lors de l'entretien des parcs et espaces verts publics, mais aussi des restes des marchés municipaux ou de la restauration collective.

Ceux-ci seront transformés en 34500 tonnes de compost destiné à l'enrichissement des terrains cultivés, mais surtout en 4 millions de mètres cubes de biogaz composé de méthane à 98%, soit l'équivalent de 4,48 millions de litres de gazole ou la quantité nécessaire pour alimenter une flotte de 100 bus durant une année entière. En cas de surproduction, celle-ci peut être injectée sur le réseau GDF (Gaz de France).

Une conception d'avant-garde

L'ensemble des bâtiments composant l'usine de traitement est conditionné en dépression afin d'éviter toute fuite d'air chargé de matières malodorantes. Celui-ci est continuellement aspiré vers des tours de lavage, où il traverse des filtres composés de résidus d'épis de maïs à raison de 350 000 m³ par heure, où des bactéries le débarrassent de toute odeur nauséabonde. Entièrement purifié, cet air est ensuite rejeté dans l'atmosphère.

Le compostage des déchets non utilisés dans le processus de biométhanisation, processus nécessitant habituellement beaucoup d'eau, est alimenté par l'eau de pluie des bâtiments afin de ne pas solliciter le réseau urbain. Celle-ci est stockée dans d'énormes réservoirs enterrés autour du site.

Enfin, un circuit de visite touristique a été aménagé dans l'usine, qui peut être parcouru par des groupes d'une quinzaine de personnes.