La Petite Camargue alsacienne est une réserve naturelle très ancienne, remontant au XIXe siècle. Elle abrite des zones humides qui étaient de larges marais alimentés par des bras du Rhin avant sa canalisation. Ici un marais proche de Saint-Louis, dans le Haut-Rhin. © Lionel Rich, cc-by-sa-2.5

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Biodiversité : une nouvelle rivière pour la Petite Camargue alsacienne

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Dans le Haut-Rhin, en Alsace, des Hommes ont fabriqué une rivière. La réserve naturelle dite la Petite Camargue alsacienne voit désormais ses zones humides s'enrichir de nouvelles espèces, animales et végétales, grâce à des travaux d'irrigation et de reconstitution de milieux naturels menés par une association locale et EDF.

Près du barrage de Kembs, des aménagements du terrain ont humidifié une vaste zone, avec l'apparition d'une petite rivière irriguant la Petite Camargue alsacienne. © EDF, YouTube

Entre Bâle et Mulhouse, naguère, le Rhin venu des reliefs alpins trouvait devant lui une région bien plus plate. Il s'étalait alors confortablement, se démultipliant en multiples bras, formant un large marais peuplé d'îlots et que les dépôts d'alluvions remodelaient sans cesse. La canalisation du fleuve au XIXe siècle l'a contraint à filer plus droit.

Le marais s'est alors asséché mais n'a pas disparu complètement. Dès le XIXe siècle, une réserve naturelle a été créée pour protéger « la Petite Camargue alsacienne », puisque tel est son nom. De nombreuses espèces animales et végétales y vivent et l'endroit constitue un îlot de biodiversité.

La biodiversité du marais repart à la hausse

EDF y gère un barrage hydroélectrique, à Kembs, au sud de Mulhouse. En 2010 (qui fut l'année de la biodiversité), au moment du renouvellement de sa concession, des travaux d'aménagements ont été entrepris pour « renaturer » ces marais. Le projet a été conduit avec l'association La petite Camargue alsacienne qui s'occupe de protéger l'endroit.

L'idée première était simple dans son principe : réaliser une nouvelle rivière. Longue de sept kilomètres et baptisée le Petit Rhin, elle coule au milieu de la réserve naturelle et l'irrigue. D'autres alimentations en eau, venues d'une petite centrale hydraulique, viennent humidifier d'autres zones des marais.

Six ans et moult remblaiements plus tard, une centaine d'hectares de zone humide est désormais reconstituée et 150.000 plantations de végétaux sont venues maintenir les sols. Selon EDF, plusieurs espèces animales et végétales ont réinvesti les lieux, dont l'orchidée bouc (Himantoglossum hircinum).