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Biodiversité : le e-commerce menace un triton en danger d'extinction

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Le triton tacheté de Kaiser (Neurergus kaiseri) est une petite salamandre d'Iran peu connue, mais elle pourrait devenir tristement célèbre en devenant la première espèce à devoir être protégée à cause du e-commerce. Pourtant, elle initiera peut-être un renouveau des outils de préservation de la biodiversité adaptés à l'essor toujours croissant d'Internet.

Le triton tacheté de Kaiser (Neurergus kaiseri), espèce endémique et en grand danger d’extinction, peut être facilement acheté sur Internet. © Traffic

Moins de mille tritons tachetés de Kaiser existeraient encore à l'état sauvage dans la nature. Cette espèce endémique de l'Iran est donc considérée comme en danger critique d'extinction par l'UICN. Pourtant, cet animal est aisément vendu sur Internet et ses effectifs ont baissé de 80% ces dernières années.

Cet amphibien est ainsi devenu emblématique de la menace supplémentaire que fait peser le e-commerce sur la biodiversité. Difficilement contrôlable et très bon marché, Internet est un nouveau vecteur de la commercialisation des espèces menacées, comme des espèces invasives d'ailleurs. Il suffit de taper Neurergus kaiseri dans un moteur de recherche pour s'en convaincre. Plusieurs offres de ventes apparaissent...

En 2006, l'ONG Traffic, un réseau de suivi du commerce des espèces sauvages et des menaces induites sur leur conservation, avait notamment répertorié 10 sites qui affirmaient avoir des Neurergus kaiseri en stock...

Cliquer pour agrandir. Neurergus kaiseri, alias le triton tacheté de Kaiser, espèce endémique et menacée d’Iran. © kirklandj CC by-nc-sa

Interpol au secours des tritons ?

En conséquence, le triton tacheté de Kaiser est proposé à l'annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites). C'est le plus haut niveau de protection, imposant l'interdiction totale de commercialisation.

Face à la menace croissante de l'e-commerce et à ses spécificités, la Cites souhaite aller plus loin. Elle projette de mettre en place une base de données internationale sur ce commerce, de commissionner des études scientifiques sur les relations entre e-commerce et érosion de la biodiversité et de travailler plus conjointement avec l'organisation internationale de la police criminelle, Interpol.

L'évolution de la société et des moyens technologiques appellent en effet à l'évolution des outils de la conservation de la biodiversité. Sans une telle adaptation, les efforts de préservation risquent de devenir vains.