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Le mois de juin le plus chaud à l’échelle de la planète

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Par Jean-Luc Goudet, Futura

Après février mars et mai, le mois de juin 2015 a lui aussi été chaud à l'échelle planétaire, à l'aune de la température globale moyenne, c'est-à-dire celle de la base de l'atmosphère et de la surface des océans, d'après les chiffres de la NOAA (Agence américaine océanique et atmosphérique).

La Terre est un peu plus chaude que la moyenne du dernier siècle… Ici, une photographie prise le 6 juillet 2015 par le satellite Deep Space Climate Observatory à 1,6 million de kilomètres de distance. © Nasa

Le mois de juin 2015 a établi un record de chaleur à l'échelle planétaire depuis 1880, selon le dernier rapport mensuel de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) qui fournit les données environnementales mondiales. L'écart par rapport à la moyenne du XXe (15,5 °C) a en effet été de 0,88 °C. La hausse est d'abord due à celle des températures de l'air au niveau du sol (1,26 +/- 0,13 °C), plus qu'à celle des eaux superficielles des océans (0,74 +/- 0,03 °C). Rappelons que la « température globale » est une moyenne planétaire intégrant ces deux valeurs. Bien sûr, ces écarts sont faibles et, en soi, ils ne peuvent être interprétés brutalement. Ce sont bien sûr les tendances qui sont à regarder de près. On remarque par exemple que le précédent record pour un mois de juin ne date que de 2014 et était de +0,12 °C.

Auparavant, les mois de février, mars et mai 2015 ont eux aussi battu leur record cette année. D'ailleurs, le premier semestre 2015 aurait atteint un record absolu, selon la NOAA. L'écart à la moyenne du XXe est en effet de 0,85 °C, le record précédent datant de 2010. Là encore, c'est la température de l'air qui a été la plus forte (1,40 °C d'écart).

Les températures des basses couches de l'atmosphère et de la surface des océans durant le mois de juin 2015. Les couleurs indiquent les écarts par rapport à la moyenne de la période 1981-2010. © NOAA

Un an de records mensuels pour l'océan

Les « anomalies » (écarts à la moyenne) sont assez irrégulièrement réparties sur le Globe. En ce mois de juin, le début de l'hiver austral a été particulièrement doux en Australie tandis que la Norvège et la Finlande connaissaient une fin de de printemps plutôt froide. Au sein des océans, les plus fortes élévations de températures ont été observées dans le Pacifique, au nord-est et dans la région équatoriale, dans le sud de l'océan Indien, dans différentes zones de l'Atlantique nord et sud, ainsi que dans la mer de Barents (à l'est de l'archipel du Svalbard). L'Atlantique nord a cependant été plus froid entre le Groenland et le Royaume-Uni, une anomalie déjà remarquée plusieurs fois en 2015.

Globalement, le rapport de la NOAA souligne que 9 des 10 records mensuels de températures de la surface de l'océan mondial ont eu lieu depuis mai 2014. L'analyse conduit les climatologues à prédire un renforcement du phénomène climatique El Niño, qui est actuellement dans un état modéré.

La NOAA surveille aussi l'étendue des glaces et note, pour juin 2015 (le début de l'hiver austral), une diminution de la surface de la banquise arctique de 7,7 % par rapport à la moyenne 1981-2010. En revanche, en Antarctique, la couverture glaciaire s'est étendue comme rarement durant ce même mois de juin. Avec 7,2 % de plus que la moyenne 1981-2010, c'est la troisième plus grande extension de la surface de glace de cette période, le record d'un mois de juin appartenant à 2014.

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